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Manuel de survie spirituelle dans la globalisation

Couverture du livre Manuel de survie spirituelle dans la globalisation

Auteur : Didier Long

Date de saisie : 04/10/2007

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Salvator, Paris, France

Collection : Forum

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-7067-0492-5

GENCOD : 9782706704925

Sorti le : 15/09/2007


  • La présentation de l'éditeur

Savoir que nous sommes tous embarqués sur une planète où nous dépendons les uns des autres jusque dans noire propre survie modifie irréversiblement le chemin que chacun emprunte dans sa quête du bonheur.
La globalisation sera-t-elle une nouvelle Babel ou une Pentecôte des nations ? I ne guerre des civilisations el des dieux ou une rencontre dans laquelle chacun écoutera l'autre parler sa propre langue ? Comment travailler, éduquer ses enfants, aimer, être fidèle en amitié, être ému devant la beauté ? Si une morale, c'est-à-dire un art du bonheur, est encore possible, ses règles sont sans aucun doute complètement nouvelles.
L'auteur veut tracer, dans ce «manuel de survie spirituelle» le chemin pour être heureux dans la civilisation globale qui jaillit sous nos yeux.

Didier Long a été moine bénédictin pendant dix ans à l'abbaye de la Pierre-qui-Vire. Artiste plasticien, il est aujourd'hui chef d'entreprise, après avoir été consultant chezMcKinsey. Il est l'auteur de Défense à Dieu d'entrer (Denoël, prix «Maisons de la presse 2005) et Pourquoi nous sommes chrétiens (Le Cherehe-Midi/Oh Editions, 2006). Les Editions Salvator publient aussi son premier roman : Un ange dans le rétroviseur 2007.





  • Les premières lignes

Cauchemar global

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me suis toujours demandé comment trouver le bonheur. Quel chemin prendre pour être heureux ? J'ai été assez loin pour cela. Aux extrêmes.
Incroyant, ouvrier chez Michelin à quinze ans, je suis devenu moine bénédictin à vingt. J'ai passé dix ans de silence dans un cloître aux murs de granit perdu au fond d'une forêt. Le cloître est un monde fermé et silencieux avec une seule ouverture : Dieu. Un, parmi 70 autres frères. Je m'appelais frère Marc. Nous chantions les psaumes, sept fois, jour et nuit, à l'église, ce livre de la Bible la résume en poèmes. Et il commence ainsi : «Heureux l'homme...» Ma question.
Puis je me suis retrouvé au coeur des technologies Inter­net et des réseaux qui couvrent notre monde «globalisé» pendant douze ans.
Je suis passé de l'intériorité la plus radicale - l'enfermement du cloître-village millénaire - à l'extériorité totale des échanges instantanés en réseau du village global. Entre les deux : la globalisation.
«Le fait central des Temps modernes n'est pas que la Terre tourne autour du soleil, mais que l'argent court autour de la Terre 1» résume joliment le penseur allemand Peter Sloterdijk.
En effet, depuis la découverte de la rotondité de la terre par Christophe Colomb en 1492 les réseaux d'échanges ont «englobé» notre planète : routes terrestres, réseaux mari­times, long-courriers aériens, câbles de fibre optique sous-marins d'Internet conduisant des téraoctets de paquets d'IP de données, autoroutes informatisées de flux financiers qui relient les grandes places boursières ; tous ces réseaux englo­bent notre planète comme une seconde atmosphère.
Ces flux vitaux de bateaux, d'avions, d'ondes, de signaux optiques nous entourent comme un écrin vital de puissantes artères, de veines, de vaisseaux sanguins capillaires. Ils sont devenus de plus en plus dématérialisés, rapides, charriant des biens et des informations à la vitesse de la lumière avec des débits gigantesques
Ainsi, la valeur du PIB mondial est échangée en quatre jours et demi entre les différentes places financières du globe. Des ordres d'achat et de vente, d'actions de sociétés, des matières premières, du pétrole, du gaz, sont échangés sans intervention humaine par des ordinateurs qui analysent des contextes d'informations et achètent ou vendent automati­quement en les comparant de manière statistique avec les his­toriques de contextes antérieurs. Par exemple, une guerre dans un pays du golfe qui influence les cours du baril de pétrole. Ainsi, un simple PC dans une salle de marché à Londres ou La Défense, sous la surveillance d'un trader et d'un programmeur qui transforme immédiatement ses idées en algorithmes informatiques peut gagner 40 000 dollars par jour, licencier des personnes à l'autre bout de la planète ! Un simple PC sur le réseau !
Situation étrange pour un moine... non ? Un monde complètement connecté donc, où l'argent, unité de mesure ultime, unifiant le système financier mon-dial après les accords de Bretton Woods est transférable immédiatement là où le retour sur investissement sera optimal, la liquidité la plus importante. Par exemple, là où la main-d'oeuvre et les coûts de production sont les moins chers. Ainsi, des «sourceurs» de grande distribution tra­quent pour Carrefour ou Walmart le lieu où une denrée sera au meilleur marché. La région de Shanghai devenue trop chère du fait de son industrialisation et de la montée de son niveau de vie, le sourcing visera des régions plus reculées de Chine à coûts de production plus faibles. Un monde de flux, fluide, liquide, où l'information est le nerf de la guerre. Voilà l'océan du marché global.
Certains disent que la fin de cette histoire approche, que nous sommes arrivés «au bout» de la globalisation. La globalisation a fini par tourner trop vite pour notre terre. L'activité humaine non contrôlée, les échanges aériens qui produisent tant de C02 par exemple, détruisent notre milieu vital : l'atmosphère. «Que nous sert-il d'être globalement si riches... si nous ne respirons plus ?» persiflent des esprits chagrins.
Mais revenons à notre question.


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