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Le Chemin des Dames

Couverture du livre Le Chemin des Dames

Auteur : Nicolas Offenstadt

Date de saisie : 21/08/2006

Genre : Politique

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 30.00 € / 196.79 F

ISBN : 978-2-234-05647-3

GENCOD : 9782234056473


  • La présentation de l'éditeur

«Rien ne poussera plus sur cette terre» écrit le simple soldat Clerfeuille en évoquant le Chemin des Dames et les ravages de l'artillerie, pourtant deux semaines avant le déclenchement de la fameuse offensive du 16 avril 1917. Après deux ans et demi de guerre, et malgré la défiance de plusieurs généraux, le gouvernement soutient le plan du commandant en chef Nivelle : prendre le plateau du Chemin des Dames, percer le front et l'emporter. Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui eut des conséquences fondamentales sur le déroulement de la guerre et même au-delà en façonnant le mythe Pétain (celui qui redresse les erreurs de Nivelle). Car, dès les premières heures, la bataille se transforme en un épouvantable calvaire pour les soldats, confrontés à des positions allemandes en contre-haut, bien organisées dans un dédale de galeries et cavernes, insuffisamment détruites par l'artillerie : 135 000 hommes sont hors de combat en dix jours... Les assauts dans la boue et la neige, face à des pentes imprenables, transforment l'espoir en boucherie. L'échec de l'offensive ouvre rapidement la voie à de nombreux débats et discussions et rend la mémoire de l'événement particulièrement trouble. D'emblée très gênante, la bataille ne parvient pas à être nommée. Selon les objectifs elle est bataille de l'Aisne, du Chemin des Dames, offensive Nivelle... On nie d'abord l'échec évident du projet ; on écarte ou minimise l'événement dans l'écriture de la guerre, de nos jours encore, d'autant plus qu'il fut à l'origine des mutineries - ici revisitées - qui secouèrent l'armée française peu après. Pour saisir toute la portée de l'événement, jusqu'à aujourd'hui, il fallait un travail d'équipe : 17 historiens, entre l'archive et le terrain, ont mené une enquête qui est un essai d'histoire totale : tous les aspects de l'expérience combattante sont passés au crible de l'analyse la plus à jour : bombardements, corps à corps, combats aérien ; les bouleversements sur le site même sont étudiés à travers la reconstruction et la constitution du site en lieu de mémoire Sans doute fallait-il aussi la fiction et l'image pour dire ce que fut le «Chemin des Dames» : Didier Daeninckx et Arlette Farge ont prêté leur plume pour y contribuer.





  • La revue de presse Philippe-Jean Catinchi - Le Monde

La bataille n'est pas la guerre. Elle a une mémoire propre, vulnérable quand il s'agit d'intégrer l'événement à une perspective plus large, au message simplifié. La leçon du médiéviste Georges Duby semble guider le projet dirigé par Nicolas Offenstadt, autour de la bataille du Chemin des Dames, ouverte par la dramatique offensive du 16 avril 1917, arrêtée par le général Nivelle. Appliqué à l'étude des pratiques de la guerre et de la paix, tant médiévales que contemporaines, le jeune historien est le maître d'oeuvre indiqué pour revisiter l'histoire d'un épisode qui peine encore - moins toutefois depuis le discours de Lionel Jospin à Craonne en novembre 1998, qui installa la mémoire du drame, aggravé encore par la vague de mutineries qui suivirent, au coeur du débat public - à trouver sa place dans la mémoire de la Grande Guerre... Rarement aura-t-on aussi justement entendu la bataille, spectateur d'une opération dont la réalité, têtue, sidère encore. Rarement surtout aura-t-on aussi bien perçu les enjeux de la commémoration, dont la vogue actuelle, attachée à des faits moins traumatisants, permet mal de mesurer le vertige des abîmes qu'elle couvre.

Des cérémonies mémorielles dispersées et limitées au souvenir des morts de l'immédiat après-guerre à l'érection, dix ans plus tard, des premiers monuments à vocation nationale consensuelle, c'est l'image de la guerre qui se règle, s'ajuste, matrice déterminante des clivages historiographiques à venir. Pour cette leçon aussi, tacite, Le Chemin des Dames pourrait faire date.


  • La revue de presse Dominique Kalifa - Libération

L'interprétation de la guerre proposée par l'équipe de Péronne n'a jamais suscité une totale unanimité. Contestant la représentativité des exemples choisis, certains historiens ont critiqué l'idée de «brutalisation» (comme intériorisation de la violence de guerre), d'autres l'ampleur du «consentement» et la notion de «culture de guerre» qui l'expliquerait. Rassemblant une vingtaine d'auteurs, pour la plupart spécialistes de 14-18 ou de sa mémoire, cet ouvrage s'efforce de faire entendre une autre voix, centrée à l'inverse sur l'importance de la contrainte dans l'expérience du conflit. L'objet retenu (l'offensive Nivelle du Chemin des Dames en avril-mai 1917) s'y révèle particulièrement propice, puisqu'on sait que ce terrible échec déboucha sur la grande vague d'indiscipline du printemps 1917. Si quelques passages se révèlent inutilement polémiques, l'ouvrage vaut cependant par son souci d'une lecture globale de l'événement... Mais c'est dans ses approches sensible et mémorielle de l'événement que le livre se fait le plus intéressant. Complétées par de larges extraits des carnets inédits du soldat Paul Clerfeuille, plusieurs contributions s'attachent à restituer l'expérience combattante du Chemin des Dames : la confusion du paysage visuel et sonore, l'omniprésence de la mort reçue et de la mort donnée, le chaos des sentiments où la violence et la cruauté pouvaient coexister avec la compassion...



  • Le message de l'auteur

La bataille n'est pas la guerre. Elle a une mémoire propre, vulnérable quand il s'agit d'intégrer l'événement à une perspective plus large, au message simplifié. La leçon du médiéviste Georges Duby semble guider le projet dirigé par Nicolas Offenstadt, autour de la bataille du Chemin des Dames, ouverte par la dramatique offensive du 16 avril 1917, arrêtée par le général Nivelle. Appliqué à l'étude des pratiques de la guerre et de la paix, tant médiévales que contemporaines, le jeune historien est le maître d'oeuvre indiqué pour revisiter l'histoire d'un épisode qui peine encore - moins toutefois depuis le discours de Lionel Jospin à Craonne en novembre 1998, qui installa la mémoire du drame, aggravé encore par la vague de mutineries qui suivirent, au coeur du débat public - à trouver sa place dans la mémoire de la Grande Guerre... Rarement aura-t-on aussi justement entendu la bataille, spectateur d'une opération dont la réalité, têtue, sidère encore. Rarement surtout aura-t-on aussi bien perçu les enjeux de la commémoration, dont la vogue actuelle, attachée à des faits moins traumatisants, permet mal de mesurer le vertige des abîmes qu'elle couvre.

Des cérémonies mémorielles dispersées et limitées au souvenir des morts de l'immédiat après-guerre à l'érection, dix ans plus tard, des premiers monuments à vocation nationale consensuelle, c'est l'image de la guerre qui se règle, s'ajuste, matrice déterminante des clivages historiographiques à venir. Pour cette leçon aussi, tacite, Le Chemin des Dames pourrait faire date. (Philippe-Jean Catinchi, Le Monde, 12/11/2004)


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