Une psychanalyste dans l'histoire / Passion du livre

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.. Une psychanalyste dans l'histoire

Couverture du livre Une psychanalyste dans l'histoire

Auteur : Anne Levallois

Date de saisie : 24/10/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Campagne première, Paris, France

Prix : 20.00 €

ISBN : 978-2-915789-32-4

GENCOD : 9782915789324

Sorti le : 24/10/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Psychanalyste et anthropologue, Anne Levallois interroge les conditions de la pratique analytique : le fantasme dans le transfert, les effets de la parole et du discours, et plus spécifiquement les signifiants liés au féminin, mais aussi les fonctions de la liberté et de l'étonnement. Sa lecture sans concession du mouvement psychanalytique français et de ses scissions, dominées par la question de la passe et de la transmission, cerne les enjeux du pouvoir dans une institution.
Son originalité tient aussi à son intérêt pour l'histoire, qu'elle confronte à la psychanalyse en mettant en perspective la psychohistoire avec l'école des Annales. Elle montre que c'est par une appréhension nouvelle de la singularité que psychanalyse et histoire se rejoignent. Ainsi, Anne Levallois inscrit la psychanalyse dans le champ de la connaissance, entre histoire sociale et psychologie collective.

Anne Levallois (1935-2006), psychanalyste et anthropologue, a fondé le Collège de psychanalystes en 1980, dont elle a été vice-présidente (1980-1984), puis présidente (1985-1987). Elle fut directrice de la revue Psychanalystes de 1984 à 1985, et participa à de nombreuses publications (L'Arc, Ornicar !, Revue française de psychanalyse... ; Témoignage et écriture de l'histoire, L'Harmattan, 2003...).





  • Les premières lignes

Présentation de Dominique Iogna-Prat :

De formation juridique, Anne Levallois s'est orientée vers la psychologie, l'anthropologie et la psychanalyse, à Dakar (Sénégal), au début des années 1960. Jeune femme, mariée (sous le nom de Colot) et mère de deux enfants (bientôt trois), elle découvre le Sénégal dans les premières années de l'indépendance, participant à des campagnes d'alphabétisation, avant de reprendre des études de psychologie à la Faculté des lettres, où elle est l'élève du philosophe Edmond Ortigues, qui fut pour elle un père spirituel. C'est là qu'elle noue avec «le bois tordu» de l'humanité - la souffrance et le mal-être ; c'est là qu'elle apprend l'importance des données culturelles, des composantes sociologiques dans les processus d'humanisation ; et c'est de ces années d'apprentissage qu'elle tire sa formidable force d'analyse critique face à tous les systèmes philosophiques appliqués à la psychanalyse, à commencer par le lacanisme. Intégrée à la consultation de Marie-Cécile Ortigues à l'hôpital psychiatrique de Fan (Sénégal), alors lieu d'une rencontre féconde entre thérapeutique mentale à l'occidentale et pratiques de guérison africaines traditionnelles, elle est l'auteur d'un certain nombre d'observations à la base d'Oedipe africain (Paris, 1966, [1973, 1984]), dans lequel Edmond et Marie-Cécile Ortigues discutent la portée universelle des thèses de Freud sur la névrose en les confrontant à l'expérience clinique en milieu africain.
De retour à Paris, elle achève son diplôme de psychologie clinique, entame une analyse et commence, dans le Groupe de recherches d'hygiène mentale de l'enfance et de l'adolescence inadaptées (Montrouge), des travaux sur les rapports entre la mère célibataire primipare et son enfant, en collaboration avec Jean Duchet, Geneviève Appel et Myriam David, avant d'occuper les fonctions de psychologue à l'institution pour mères célibataires ouverte par l'Armée du salut à la porte des Lilas. Elle est aussi, un temps, chargée de la formation et du suivi des infirmiers psychiatriques à l'hôpital de Soisy-sur-Seine.
En 1972, Anne Levallois s'installe comme psychanalyste libérale - un tournant professionnel qui précède de peu une rupture dans sa vie personnelle avec son divorce. De formation et d'obé­dience lacanienne, elle est membre de l'École freudienne (AME). Elle y fait entendre la voix critique des femmes, prenant position sur «la passe», le mécanisme d'habilitation et de reproduction des analystes labellisés «lacaniens» ; elle fait partie du groupe des membres de l'École qui s'opposent à Jacques Lacan et déposent un référé pour s'élever contre l'arbitraire du «maître», lors de la dissolution manquée en 1980. C'est dans le creuset de cette lutte institutionnelle qu'elle entame sa révision critique de la psychanalyse lacanienne et de son évolution en système philosophique clos ; c'est, aussi et surtout, de cette époque que date son intérêt pour la construction institutionnelle de la psychanalyse avec ses cercles, ses écoles et autres chapelles détentrices d'autant de magistères. Dans la dynamique de ces questions de groupe et de communauté analytiques, elle fait partie de la trentaine de praticiens qui, en 1980, décident de fonder le Collège de psychanalystes, dans le but d'échapper aux normes définissant arbitrairement le statut du psychanalyste et d'étudier, en dehors du cadre des écoles, «la répercussion des exigences d'ordre social sur la théorie et la pratique de leur art». Vice-présidente (1980-1984), puis présidente du Collège (1985-1987), directrice de la revue Psychanalystes (1983-1985), elle est très impliquée dans cette aventure qui transcende les frontières des institutions analytiques traditionnelles.
La fin du Collège, en 1994, marque pour Anne Levallois le début d'une longue et féconde période de réflexions et de travaux d'écriture personnels, qui l'amènent, hors de toute dogmatique psychanalytique, à se pencher sur l'articulation entre les positions subjectives de l'individu et l'espace social. D'où un intérêt marqué pour la philosophie analytique, où elle trouve les outils nécessaires à une révision des systèmes philosophiques classiques dont s'est nourrie la tradition psychanalytique, un retour serein à ses premières amours anthropologiques, et une ouverture résolue à l'histoire, qui n'est pas un simple avatar de son long compagnonnage avec un historien du Moyen Âge. La découverte, en 1987, de la personne de son arrière-grand-oncle, Ismaël Urbain, homme de couleur né en Guyane, saint-simonien et converti à l'islam (1812-1884), lui fournit - dans une lointaine proximité des entretiens cliniques qu'elle a toujours rechigné à cannibaliser dans ses écrits - l'étude de cas rêvée pour étudier à la loupe les déterminants sociaux d'une subjectivation formalisée dans deux autobiographies et une correspondance inédites. Colonisation, esclavage, métissage : ces fractures de l'histoire postrévolutionnaire, lourdes d'utopies de reconstruction sociale, permettent à Anne Levallois un traitement décalé de toutes les formes de traumatisme rencontrées au quotidien dans la clinique psychanalytique. Dès lors, ses travaux entremêlent les études historiques, toujours marquées par le souci de doter l'historien des outils les moins grossiers possibles pour aborder les questions de subjectivité, et l'écriture de la pratique analytique -une écriture propre à célébrer «la reconnaissance de la singularité et de la liberté» que l'analysant vient chercher dans l'espace hors espace de la cure. Telle a été sa façon, «créole» en quelque sorte, d'atteindre à l'universalité : en permettant, depuis «l'en­clos particulier», à «la voix profonde de crier».

Ces textes écrits par Anne Levallois entre 1974 et 2005 ont été réunis par elle en décembre 2005 pour constituer ce livre, avant sa disparition en juillet 2006.


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