Auteur : Zoyâ Pirzâd
Traducteur : Christophe Balaÿ
Date de saisie : 17/01/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Zulma, Honfleur, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-84304-422-9
GENCOD : 9782843044229
Sorti le : 23/08/2007
Quand on découvre que Zardjou, l'homme qui remet en question la vie d'Arezou, est marchand de serrures, on peut y voir l'ironie d'un signe plus subtil qu'il n'y paraît. Les apparences sont trompeuses ; on entre avec plus de vigilance et de curiosité dans une belle histoire d'amour.
À travers le destin d'une femme active, divorcée, partagée entre sa mère et sa fille, trois générations s'affrontent dans un monde où règnent depuis longtemps les interdits et le non-dit. On suit Arezou, au bord du rire ou des larmes, sous la neige, espérant avec elle profiter enfin d'une certaine beauté de la vie.
Dans un roman d'une richesse et d'une vigueur exceptionnelles, Zoyâ Pirzâd brosse à la fois le portrait d'une société pleine de contradictions et celui d'une femme passionnante, aussi drôle et attachante qu'une héroïne de Jane Austen.
On s'y fera est une histoire d'amour construite avec brio. Arezou avance dans une tornade où elle brise tous les tabous. Le récit poétique, elliptique, est construit dans la plus grande tradition de l'art iranien. Il dresse le portrait d'une femme à la fois dure, nostalgique, pétrie par le doute, la peur de vieillir, de voir sa fille partir, de passer à côté d'un homme qui, ayant passé sa vie à l'attendre, lui apprend à mieux s'aimer soi-même. Une leçon d'harmonie.
On s'y fera n'est rien d'autre que l'apparition impromptue de la douceur et de l'amour quand on n'y croyait plus. Même les féministes les plus acerbes finissent par se laisser embarquer pour Cythère. On s'y fera est un haussement d'épaules face aux ironies du destin. Zoyâ Pirzâd ne brandit aucun slogan, elle s'attache simplement à révéler les mystères que cache un quotidien des plus banals. Dans ce roman, Pirzâd photographie le Téhéran d'aujourd'hui. Elle fait râler les femmes contre la nonchalance de leurs maris, en montre d'autres, castratrices. Comme Jane Austen, qu'elle admire, Zoyâ Pirzâd pense que la littérature doit refléter la vraie vie. Chez elle, rien n'est grave au point d'oublier le parfum des fleurs de glace ou qu'on a une casserole sur le feu.
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