Auteur : Slawomir Mrozek
Traducteur : Maryla Laurent
Date de saisie : 29/11/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Noir sur blanc, Lausanne, Suisse
Collection : Littérature
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-88250-196-7
GENCOD : 9782882501967
Sorti le : 13/09/2007
Mrozek rentre du Mexique à Cracovie en 1996 et devient aphasique à la suite d'une hémorragie cérébrale en mai 2002.
Il invente alors Balthazar, son alter ego, un personnalité à part entière. Grâce à lui, nous remontons dans le temps jusqu'à l'enfance et la jeunesse de l'auteur, avant son exil en 1963. Mrozek connaît l'occupation nazie, la Libération, les années de privation, la construction de la République populaire. Élève timide, étudiant en architecture et aux Beaux-Arts, journaliste débutant, caricaturiste pour un hebdo satirique, collaborateur d'un cabaret, il ne compose sa première pièce de théâtre, la Police, qu'en 1958.
Dès lors il a trouvé sa voie. Il ne rompt avec la Pologne officielle qu'en 1968, déjà à l'étranger, après l'intervention des troupes du pacte de Varsovie à Prague. Dans un exercice rare et touchant pour un être aussi pudique, il nous dévoile sa lutte pour regagner l'usage de la parole et de la langue polonaise après son attaque. Il livre des réflexions intimes à valeur universelle sur son identité et sur celle des personnes atteintes d'amnésie ou de la maladie d'Alzheimer, mais il demeure néanmoins fidèle à son image.
II reste le miroir de la Pologne dans lequel chacun se reconnaît, sans jamais tomber dans le pathos ou l'ennui. Aujourd'hui l'auteur maîtrise de nouveau plusieurs langues à l'oral, mais il est heureux d'avoir retrouvé pour son écriture la patrie de sa langue d'origine, le polonais. La thérapie par l'écriture a fonctionné.
Né en 1930 près de Cracovie, Mrozek, dramaturge et nouvelliste mondialement connu, a vécu à l'étranger (Allemagne, Italie, France et Mexique), de 1963 à 1996. Ce livre autobiographique a connu un grand succès en Pologne.
Un ultime titre nous est offert. Mrozek survécut à un accident cérébral qui, le 15 mai 2002, le rendit longtemps aphasique et brouilla sa mémoire. En guise de thérapie, il entreprit, par fragments, de raconter son enfance et sa jeunesse. Il en résulte Balthazar, une autobiographie trouée de résurgences lapidaires au formidable pouvoir d'évocation, notamment pour les années de guerre. Bien sûr, il est loisible de chipoter sur sa vision d'un Paris découvert la première fois pendant la guerre d'Algérie et décrit à coups de sordides illuminations caricaturales. Mais la justesse pudique et désespérée de l'ensemble donne à ce livre singulier le ton d'une protestation murmurée par un être emmuré de son vivant. Et pourtant, cet acte d'écriture est aussi une renaissance, avec cette nouvelle identité qui lui apparut en rêve : «Balthazar... jamais auparavant, je n'avais été satisfait de mon nom. Il m'accompagnait comme une nécessité fâcheuse.»
Toute sa vie, Slawomir Mrozek a défié l'autorité. Par le silence, par la fuite, par le rire, il s'est dressé contre...
Dans ses dessins comme dans ses écrits, le trait reste le même : simple, drôle, piquant. Dans son autobiographie, on n'apprend rien, ou presque, de sa vie privée. On se contente de deviner des amitiés et des affections, parfois des ruptures. Pas d'épanchement lyrique, pas de confessions. Avec humour et tendresse pour le jeune homme qu'il fut, Mrozek se met en scène comme un personnage de théâtre : sa vie comme son oeuvre sont politiques. A sa suite, nous découvrons le monde du théâtre en République populaire de Pologne où nous nous grisons de la liberté occidentale, tout en assistant à l'incroyable destin d'un jeune homme timide devenu l'un des plus subtils satiristes du XXe siècle.
Quoiqu'en dise Slawomir Mrozek, écrivain dramaturge polonais et homme têtu, Balthazar est bien une autobiographie où l'auteur se raconte avec toutefois un trou de trente-trois ans (de 1963 à 1996) Ñ ses années passées à l'étranger, essentiellement en France et au Mexique. «C'est parce qu'il s'agissait d'une thérapie, répond-il, comme si tout était dit...
Balthazar, le nom qu'il s'est lui-même attribué lors d'un rêve nocturne, est dans le plus pur style Mrozek : clair, sans périphrases ni manières littéraires, coupant et volontiers sarcastique. Derrière le mur de pudeur que l'auteur a érigé une fois pour toutes entre ses lecteurs et lui, on entrevoit au loin une certaine douceur, un ton moqueur et chaleureux, et même s'il s'en défend vigoureusement, un brin de sentimentalisme...
La vie de Mrozek va dès lors épouser toutes les secousses de l'histoire polonaise.
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