Passion du livre - tout sur le livre : Fermeture définitive

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Fermeture définitive

Couverture du livre Fermeture définitive

Auteur : Benjamin Bellecour | Pierre-Antoine Durand

Date de saisie : 18/09/2007

Genre : Théâtre

Editeur : Ed. de l'Oeil du prince, Paris, France

Prix : 11.00 € / 72.16 F

ISBN : 2-35105-032-0

GENCOD : 9782351050323

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Un soir de réveillon, un entrepreneur de pompes funèbres se retrouve en tête-à-tête avec un de ses défunts sorti de son cercueil comme un diable de sa boîte. Le ressuscité, inventeur médiocre de farces et attrapes, s'avère exigeant et capricieux, bien décidé à ne pas rater cette «nouvelle chance» que la vie lui a offerte. Les deux hommes partagent pourtant le même espoir : changer de vie, oublier les occasions manquées et se construire un avenir meilleur.





  • Les premières lignes

Intérieur d'une boutique plongée dans lu pénombre d'une fin de journée. On distingue un bureau, deux chaises, des étagères, un petit poste de télévision. A jardin, la porte d'entrée de la boutique donne sur la rue. Une vitrine avec un store à moitié baissé donne également sur la rue. La lumière bleue d'une enseigne lumineuse éclaire très légèrement la pièce. Un homme est assis sur une chaise. Un jeune homme se tient dans l'embrasure d'une porte. Il est sur le point de partir mais visiblement il hésite.

PAUL - Je crois que nous pouvons y aller... Tout est prêt. (Il attend une réponse qui ne vient pas.) Monsieur ? Je disais que nous pouvons y aller

ANDRÉ - Oui, très bien, Paul, allez-y...

PAUL - Et vous ? Vous comptez rester ici ?

ANDRÉ - Juste un petit moment.

PAUL - Vous voulez que je reste un peu ?

ANDRÉ - Ça ira, je vous assure. Je fermerai derrière moi.

PAUL - Bon... Eh bien, à demain alors ? (André ne répond pas. Paul attrape un livre sur la table.) Je peux le prendre ?

ANDRÉ - Mais je vous en prie.

PAUL - Merci. Bon, j'y vais. A demain. Je passerai vous prendre.

ANDRÉ (perdu dans ses pensées) - C'est ça.
Paul adresse un dernier regard à André puis sort. André, immobile, laisse son regard errer sur la pièce. Il déambule sans but dans la pièce, s'arrête devant une veste noire suspendue à un portemanteau à côté de la porte. Il la prend et l'enfile. Elle est trop grande pour lui. Il retourne s'asseoir.
La lumière change et nous fait découvrir une petite entreprise de pompes funèbres : des étagères pleines d'urnes et de plaques funéraires. Au fond, derrière une paroi de verre dépoli, on devine l'arrière-boutique où sont rangés des cercueils.
Le téléphone sonne. André sursaute, semble hésiter, puis finalement décroche.
André - «Wepler Funéraire Père et Fils», bonsoir. (...) Oui... (...) Ah ! bonsoir monsieur Pique ! (...) Onze heures quinze, c'est noté... (...) Oui, bien sûr... (...) Oui, j'ai vu, il neige. (...) Oui, je sais. Et vous, ça va ? (...) Oui, on n'est jamais préparé à ce genre d'événement, vous savez. C'est toujours une épreuve difficile... En même temps, à cent deux ans, ça n'est jamais complètement une surprise... (...) Je sais qu'elle ne les faisait pas... (...) C'est ça. A demain, monsieur Pique... (...) Bonsoir. (Le téléphone sonne à nouveau. Il décroche.) «Wepler Funéraire Père et Fils», bonsoir. (...) Oui, bonsoir monsieur Prével. (...) Oui, parfaitement, j'ai bien reçu le bon de commande pour les obsèques de votre cousin. Nous disons donc : cercueil modèle dôme chêne massif... (...) C'est celui sur lequel nous étions tombés d'accord, en effet...
(...) Un choix solide, monsieur... (...) Oui... (...) Et très élégant... (...) Deux plaques support granit dépoli... (...) La cérémonie «ce n'est qu'un au revoir»... (...) Pardon ? (...) Vous n'êtes pas certain de pouvoir assister à la cérémonie ? Je comprends. Je suis désolé d'aborder des questions bassement matérielles en de pareilles circonstances, mais pour le règlement, vous comptiez... (...) Eh bien, si vous passez vous-même, c'est parfait. (...) Oui, c'est ça. (...) Au revoir monsieur Prével. (Il raccroche. Il prend un classeur sur le bureau et, tout en notant, il allume la petite télé.) Alors... On a dit cérémonie «ce n'est qu'un au revoir»...

Bruits d'applaudissement dans la télévision.

La TÉLÉVISION (présentateur) - Alors, Jean-Paul, citez deux philosophes dont le nom comporte la lettre Z... (Un temps.) Un indice pour vous aider, Jean-Paul... Si je vous dis «Ethique», vous me répondez...

ANDRÉ - Spinoza, Jean-Paul... Il te dit «Ethique», tu réponds Spinoza !

La télévision (Jean-Paul) - Emile Zola.

ANDRÉ - Mais tu es complètement nul, Jean-Paul !


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