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Procès verbaux de la société populaire de Crépy en Valois : (septembre 1793-avril 1795)

Couverture du livre Procès verbaux de la société populaire de Crépy en Valois : (septembre 1793-avril 1795)

Date de saisie : 28/09/2007

Genre : Histoire

Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France

Collection : Documents inédits sur l'histoire de France, n° 39

Prix : 50.00 € / 327.98 F

ISBN : 978-2-7355-0634-7

GENCOD : 9782735506347

Sorti le : 27/09/2007


  • Les premières lignes

L'épanouissement de la sociabilité politique, dont l'apogée quantitatif se situa au printemps 1794, fut un des traits socio-politiques majeurs de la décennie révolutionnaire française, dont la portée et l'interprétation continuent certes de diviser les historiens, d'Augustin Cochin à Michel Vovelle ou Patrice Higonnet, mais dont la réalité évolutive est de mieux en mieux cernée, grâce à des décennies de recherches dans les fonds d'archives révolutionnaires à Paris comme en province. Des enquêtes et estimations de Louis de Cardenal dans l'entre-deux-guerres, au fascicule de l'Atlas de la Révolution coordonné par Jean Boutier et Philippe Boutry, présentant la synthèse nationale la plus récente et la plus aboutie à ce jour sur le sujet, en passant par les travaux anglo-saxons classiques de Clarence C. Brinton ou de Michael L. Kennedy, on n'a cessé de préciser et d'affiner la chronologie, la géographie, la sociologie et le contenu de l'action politique souvent essentielle des clubs, apparus et épanouis à la faveur de la commotion révolutionnaire, dont le réseau, en grande partie mais non exclusivement ni toujours formellement «jacobin», aurait concerné au plus fort moment des Sociétés populaires de l'an II près de 6000 communes de l'hexagone, où elles «constituèrent à la veille de la chute de Robespierre, le cadre quasi unique et étroitement contrôlé de la vie politique publique».
Toutefois la connaissance précise de la composition et de l'activité des sociétés politiques révolutionnaires reste encore bien fragmentaire, du fait de la perte fréquente de leurs propres fonds : conservée en principe dans une subdivision spécifique de la série I. des archives départementales concernant les «institutions révolutionnaires» de 1793-1795, cette source directe provient avant tout des versements publics opérés par les clubs eux-mêmes, au moment de leur dissolution, aux termes du décret du 6 fructidor an III (23 août 1795). Mais l'on comprend bien que les militants jacobins aient souvent répugné à fournir aux administrations de l'époque des papiers jugés par trop compromettants, d'où les nombreuses distractions, totales ou partielles, auxquelles se sont ajoutées les pertes inévitables dues à la négligence administrative et aux aléas de l'histoire. Si des départements ont pu conserver de belles séries de registres et papiers de clubs, comme en Haute-Normandie, dans l'Ouest ou en région parisienne, récemment étudiés par Danielle Pingué, Christine Peyrard et Serge Bianchi, bien d'autres espaces en restent particulièrement dépourvus, tels le nord ou l'est de la France, qui furent pourtant loin de demeurer des déserts «jacobins». Ayant conduit l'enquête du bicentenaire dans les sept départements constituant les actuelles régions de Champagne-Ardenne et de Picardie ainsi que dans la Meuse, où la sociabilité politique révolutionnaire a touché au moins 452 de leurs quelque 3550 communes, je n'ai guère rencontré plus de vingt-cinq cas où l'on dispose d'un authentique fonds, même incomplet, constitué au moins d'un ou plusieurs registres de procès-verbaux des séances du club et/ou de ses comités (parfois une simple copie manuscrite ou imprimée), de liasses de papiers et correspondances plus ou moins copieuses. En fait on ne retrouve généralement dans les archives publiques (départementales, mais aussi communales et nationales) ou dans les bibliothèques municipales de ces huit départements, que des éléments fort disparates, sinon de simples épaves des fonds des sociétés révolutionnaires, pour l'essentiel urbaines, avec toutefois quelques heureuses et remarquables exceptions, en particulier pour Reims, Compiègne, Senlis et surtout Crépy-en-Valois.
Source rare et fondamentale pour les historiens, qui les ont souvent cités et exploités mais trop rarement publiés, les procès-verbaux des séances publiques et des comités des clubs révolutionnaires méritent d'être mieux connus par l'édition scientifique des plus significatifs d'entre eux, en renouant avec la grande tradition d'érudition épanouie à l'occasion et dans la foulée du premier centenaire de 1789, alors si bien illustrée par Alphonse Aulard, qui mena à bien la magistrale publication des actes et documents de la Société mère parisienne, un ouvrage constituant un ensemble documentaire de premier ordre et une mine d'informations pour les spécialistes de la période.


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