Auteur : Umberto Eco
Traducteur : Myriem Bouzaher
Date de saisie : 18/12/2007
Genre : Essais littéraires
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 22.50 € / 147.59 F
ISBN : 2-246-65971-X
GENCOD : 9782246659716
Sorti le : 12/09/2007
" Supposons que dans un roman anglais, un personnage dise it's raining cars and dogs.
Le traducteur qui, pensant dire la même chose, traduirait littéralement par il pleut des chats et des chiens serait stupide. On le traduira par il pleut à torrents ou il pleut des cordes. " Dire presque la même chose n'est pas un essai théorique sur la traduction, mais une illustration des problèmes que pose la traduction à travers des exemples qu'Umberto Eco a vécus : en tant qu'éditeur, en tant qu'auteur, en tant que traducteur.
Ce sont ces trois éclairages que nous retrouvons dans un ouvrage qui fourmille d'exemples. Nul besoin de maîtriser les langues citées pour comprendre, puisqu'on est toujours dans la comparaison. Umberto Eco nous enseigne que la fidélité n'est pas la reprise du mot à mot mais du monde à monde. Les mots ouvrent des mondes et le traducteur doit ouvrir le même monde que celui que l'auteur a ouvert, fût-ce avec des mots différents.
Les traducteurs ne sont pas des peseurs de mots, mais des peseurs d'âme. Dans ce passage d'un monde à l'autre, tout est affaire de négociation. Le mot est lâché : un bon traducteur sait négocier avec les exigences du monde de départ pour déboucher sur un monde d'arrivée le plus fidèle possible, non pas à la lettre mais à l'esprit. Tout est donc dans le presque du titre.
Né dans le Piémont en 1932, titulaire de la chaire de sémiotique de l'Université de Bologne, Umberto Eco a enseigné à Paris au Collège de France ainsi qu'à l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm. Il est l auteur de cinq romans : Le nom de la rose, Le pendule de Foucault, L'île du jour d'avant, Baudolino et La mystérieuse flamme de la reine Loana, et de nombreux essais dont Comment voyager avec un saumon et A reculons comme une écrevisse.
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La main du traducteur est-elle transparente ? Sans doute, si tant est que la traduction se contente de "dire la même chose dans une autre langue". Or, dans ses innombrables expériences de traductions relatées dans Dire presque la même chose, Umberto Eco installe l'enjeu philosophique de l'exercice dans cet adverbe, "presque", subrepticement glissé dans le titre et pourtant si crucial...
Dans cet acte de négociation, un critère fondamental : la retranscription d'un monde, fût-elle accomplie au prix de métamorphoses formelles...
Le point d'orgue de la traduction sera le respect "non littéral" de l'intention et de l'invention d'un texte. Le souffle d'un monde vers un autre monde, reflet presque identique, et toujours aussi beau. Mais jamais tout à fait le même. Ni jamais tout à fait un autre.
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