Auteur : Lensey Namioka
Traducteur : Nikou Tridon
Date de saisie : 20/09/2007
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Rocher jeunesse, Monaco, France
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-268-06292-1
GENCOD : 9782268062921
Sorti le : 20/09/2007
Japon, XVIe siècle. Zenta et Matsuzo, deux samouraïs sans maître, acceptent de s'engager comme gardes du corps auprès de Pedro et du père Luis, des missionnaires portugais qui ont de puissants ennemis. Non seulement ces étrangers font peur aux Japonais à cause de la couleur de leur peau, de la longueur de leur nez et de leurs terribles armes à feu, mais ils sont aussi au centre d'un grave conflit politique entre le shogun et Nobunaga, le seigneur de la guerre le plus puissant de l'époque.
Lorsque Pedro est soupçonné du meurtre de sire Fujikawa, un partisan du shogun, Zenta et Matsuzo doivent apprendre à travailler avec cet étranger bizarre pour prouver son innocence, tout en essayant de calmer les hommes de Nobunaga et de Fujikawa. Qui a réellement assassiné sire Fujikawa ? Nobunaga va-t-il lancer une attaque pour renverser le shogun ? L'enquête menée par Zenta et Matsuzo va les conduire vers de surprenantes conclusions...
Cette aventure est également l'occasion de livrer une réflexion sur l'acceptation de la différence, à un moment clé de l'histoire du Japon qui s'ouvrait pour la première fois aux étrangers et aux apports occidentaux.
- Je n'y suis pour rien ! protesta Zenta. Cette jeune fille peut en témoigner.
L'officier lui fit un grand sourire. Légèrement plus petit que Zenta, il était solidement bâti et, sur son visage expressif, des pattes d'oie montraient qu'il aimait bien rire.
- Je ne t'accuse pas ! dit-il. Je fais simplement remarquer que, dès que tu arrives quelque part, il se passe de drôles de choses ! Des portes sortent de leurs chambranles, des selles glissent du dos des chevaux et des casques s'envolent de la tête des soldats. Je rêve ou je viens de voir un moine tout nu ? Ne me dis pas que tu n'y es pour rien !
- Alors, vous êtes de vieux amis ? demanda Matsuzo d'un air étonné.
- Hambei et moi sommes de vieilles connaissances, rectifia Zenta, et il ne faut pas croire tout ce qu'il raconte à mon sujet ! Il est connu pour ses mensonges et ses blagues, et c'est à lui que sont dus la plupart des incidents dont il vient de parler ! Mon rôle se bornait à le sauver de leurs conséquences !
Hambei n'essaya même pas de nier et se contenta de rire de bon coeur.
- Et, comme d'habitude, tu es à moitié mort de faim ! Viens, je connais un bon restaurant pas loin d'ici.
- Excusez-moi, il faut que je rentre chez ma maîtresse, dit Chiyo.
Elle s'inclina profondément vers les deux rônins en leur murmurant des remerciements pour leur aide, mais cette manifestation solennelle de sa gratitude se termina par un sourire espiègle. Ses yeux étaient trop grands pour les critères de beauté classiques, mais son regard pétillait d'humour et d'intelligence.
Matsuzo la trouva ravissante et se prit à regretter qu'elle semble si bien s'entendre avec Hambei.
Après avoir congédié ses hommes, Hambei conduisit les deux rônins dans l'un des nombreux restaurants qui surplombaient la rivière Kamo. Le rez-de-chaussée était rempli de clients cherchant un peu de fraîcheur auprès du cours d'eau. Conscient de son apparence sale et négligée, Matsuzo perçut les regards amusés dont il était l'objet. Au cours de ses voyages, il s'était habitué au respect que lui conféraient ses deux sabres et son statut de samouraï, mais les citoyens raffinés de la capitale ne semblaient pas du tout impressionnés par un guerrier provincial. Tous les bancs de la salle étaient occupés et personne n'avait l'air disposé à faire de la place aux trois samouraïs.
Heureusement, Hambei était un bon client et le propriétaire, très affairé, les conduisit au premier étage dans une salle privée d'où l'on avait une vue magnifique. Emerveillé, Matsuzo regarda longuement les lieux célébrés par les poètes et les chanteurs : les rives de la rivière Kamo, le pont de Gojoe et, au loin, les collines de l'Est éclairées par le soleil couchant.
Les trois hommes s'assirent sur des tatamis moelleux au doux parfum. En province, Matsuzo n'avait vu ces épais tapis de paille recouvrant le plancher que dans les demeures des personnes fortunées. Il prit la serviette chaude que lui tendait une servante et s'essuya le cou, s'abandonnant à ce luxe féerique.
Après avoir discuté du menu avec le propriétaire, Hambei se tourna vers ses invités.
- Il nous recommandait l'anguille grillée, car c'est le plat qui convient pour cette chaleur, mais je lui ai expliqué que vous en étiez rassasiés pour aujourd'hui. Bon, racontez-moi tout ! Comment avez-vous fait pour déshabiller ce moine ?
Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli