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Les ennuis de Sally West

Couverture du livre Les ennuis de Sally West

Auteur : Patricia Wentworth

Traducteur : Pascal Haas

Date de saisie : 12/09/2007

Genre : Policiers

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Grands détectives, n° 4077

Prix : 7.30 € / 47.88 F

ISBN : 978-2-264-04583-6

GENCOD : 9782264045836

Sorti le : 06/09/2007

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  • La présentation de l'éditeur

«Fuyons !» Murmurée à son oreille par une mystérieuse inconnue, cette angoissante injonction va définitivement bouleverser le cours de la vie de James Elliot. Pourtant, ce célibataire écossais pensait tout connaître des femmes. Entouré de quatorze encombrantes cousines, il avait surtout appris à ne jamais leur faire confiance. Mais l'irruption inattendue de l'ensorcelante jeune femme va faire voler en un clin d'oeil toutes ses certitudes. Sans le moindre préavis, cette adorable peste l'entraîne dans une aventure bien périlleuse ! Entre un insupportable écrivain à succès et sa vénéneuse épouse, un aventurier de retour des Indes, une vieille tante cachottière et un collier de diamants, James devra faire appel à tout son flegme britannique pour sauver sa peau et celle de sa belle.

Patricia Wentworth, pseudonyme de Dora Amy Elles, est née en 1878 à Mussoorie (Inde). C'est à la suite d'un concours organisé par le Daily Mail, en 1923, que le public découvre les romans policiers de Patricia Wentworth, déjà connue pour ses ouvrages historiques. Cinq ans plus tard, elle crée un détective hors du commun : Miss Maud Silver. Prototype du Armchair Détective, Miss Silver, tout comme sa cadette Miss Marple (qui ne verra le jour qu'en 1930, sous la plume d'Agatha Christie), est une délicieuse vieille dame douée d'un don d'observation exceptionnel. Héroïne d'une trentaine d'intrigues, Miss Silver assurera dès lors la renommée de Patricia Wentworth, décédée en 1961. L'inspecteur Lamb, qui apparaît épisodiquement dans nombre de titres de la série «Miss Silver», est aussi le héros principal de trois romans, dont Meurtre à Craddock House.





  • Les premières lignes

Le brouillard s'intensifiait de seconde en seconde. Le jour avait commencé à décliner et, d'ici une demi-heure, la nuit tomberait. James Elliot conduisait la Rolls en prenant soin de ne pas dépasser les dix miles à l'heure. Son visage était aussi impassible que ses yeux d'un gris indécis bordés de cils blonds fournis. Des cheveux blonds et drus se dressaient comme du chaume sur sa tête, trop épais pour boucler, être plaqués ou disciplinés d'aucune manière. Il les portait courts et les brossait plus par habitude que dans l'espoir d'obtenir un quelconque résultat. Ses grandes mains carrées agrippaient le volant.
Quiconque eût observé James aurait supposé qu'il avait l'esprit dans le vague, ce qui était loin d'être le cas. Tout d'abord, il se sentait à la fois satisfait et joyeux d'avoir presque à coup sûr vendu la Rolls au colonel Pomeroy. Cette vente lui apporterait un plus au sein de la compagnie, sans compter que cela embêterait Jackson, pour qui vendre une voiture se résumait à embobiner le client. Jackson pensait que personne à part lui n'était capable de vendre une voiture. Eh bien, il allait voir ! Son boniment marchait peut-être auprès des femmes, mais il faisait fuir tout homme qui s'y connaissait un tant soit peu en automobiles.
Mais James était également anxieux. Il n'avait aucune envie de livrer la voiture avec une aile cabossée ou la carrosserie éraflée. Or rien n'était plus facile que cabosser ou érafler une aile dans un pareil brouillard.
Conduire devenait sans cesse plus délicat. S'il avait fait ce temps au moment où il avait traversé Warnley, il se serait arrêté et n'aurait pas pris le risque d'abîmer la voiture. Mais Staling devait se trouver maintenant à moins de trois kilomètres... Il n'avait plus d'autre choix que de continuer, si toutefois il était toujours sur la bonne route ! La conviction fâcheuse qu'il n'y était plus avait cependant commencé à s'imposer. Étant donné qu'il était passé par le même chemin à l'aller, il aurait dû franchir une côte assez raide, ainsi qu'un pont en dos d'âne. Rater des choses dans le brouillard est certes possible, mais on sait si on monte ou si on descend une côte, et on ne peut pas louper ce genre de pont.
Il devint clair pour James qu'il l'avait loupé. Il arrêta la voiture, descendit et scruta les alentours... Il n'y voyait pas à un mètre, mais l'endroit lui donnait l'impression d'être encaissé, surplombé d'arbres. L'humidité suintait d'un peu partout. Il avait la sensation d'être enfermé. Une odeur de forêt humide lui parvenait. Pourtant, la route qui reliait Warnley à Staling traversait une immense lande désolée...
Il eut beau chercher à quel moment il s'était trompé, il n'en avait pas la moindre idée. Sans doute après être entré dans le brouillard. Il se souvenait d'un carrefour d'où partaient quatre routes. Il avait jeté un coup d'oeil au panneau à l'aller, mais comme il avait aperçu le nom qu'il cherchait, il n'avait pas pris la peine de déchiffrer les autres. Après cela, il y avait eu d'autres croisements. Il ne se rappelait plus très bien. Pour tout avouer, il était perdu.
James remonta en voiture et continua à rouler à dix miles à l'heure, en songeant que toute route finit par mener quelque part pour peu qu'on la suive assez long­temps. Il faisait maintenant à peine jour. L'impression d'être cerné d'arbres s'accentua Et soudain, l'aile avant gauche heurta quelque chose. James freina, puis des­cendit de voiture pour constater qu'il avait les pieds dans l'herbe et que l'aile frottait contre un tronc d'arbre à l'écorce lisse. Il était carrément sorti de la route et se trouvait dans un champ ! Telle fut sa première pensée. Toutefois, il n'en était pas certain. Les roues du côté gauche étaient bien sur l'herbe, mais celle-ci ne ressemblait en rien à l'herbe drue qui pousse en bordure de route. Elle était trop douce, trop régulière sous le pied. Il se baissa pour y passer la main. Une herbe docile, tondue, parfaitement taillée - voilà sur quoi il était. Et la route n'avait rien d'une route. C'était une allée de gravier chez un particulier.


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