Auteur : Matthijs van Boxsel
Traducteur : Danielle Losman
Date de saisie : 12/09/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Payot, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-228-90217-5
GENCOD : 9782228902175
Sorti le : 05/09/2007
La stupidité, moteur de notre société ? L'idée est moins absurde qu'il n'y paraît. Un homme s'y consacre d'ailleurs depuis plus de vingt-cinq ans. Il s'appelle Matthijs van Boxsel, est né en 1957, habite Amsterdam et passe toutes ses vacances en France.
Du célèbre Club des Gaffeurs créé dans les années 1970 à la mystérieuse amstellodamoisitude, en passant par le ahah français et le haha anglais, le hodja Nasreddin, ou encore le Discours de la servitude volontaire de La Boétie, il traque la stupidité sous toutes ses formes à travers les contes de fées, les dessins animés, les jardins paysagers, les oeuvres de science-fiction, la littérature, la peinture, la politique, la religion, les théories les plus sérieusement délirantes et... l'intelligence.
Résultat : ce livre-ci, qui montre que la stupidité se manifeste partout, en chaque individu, depuis toujours, et qu'elle pourrait bien être la marque de la grandeur de l'homme.
Traduit du néerlandais par Danielle Losman.
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La maison de thé
Pour Ibn-Battuta
À l'invitation d'un groupe de savants, hodja Nasreddin se rendit à la maison de thé. Autour de la table étaient assis un géographe, un chroniqueur et un astronome qui faisaient avec enthousiasme des plans pour une encyclopédie universelle.
«Tout doit s'y trouver.
- Tout ? demanda Nasreddin.
- Tout», approuva la compagnie.
Nasreddin réfléchit. «Alors, la rubrique "Encyclopédie" doit aussi s'y trouver, et là-dessous on doit pouvoir lire toute l'encyclopédie, y compris la rubrique "Encyclopédie", etc.» Les savants se regardèrent.
«Si tu cherches ton propre nom dans un livre, alors tu dois pouvoir y lire tout sur toi, avec comme dernière phrase : "Cherche son propre nom dans l'encyclopédie".» Autour de la table, l'inquiétude augmenta.
«Imagine que le géographe cherche son propre nom dans l'encyclopédie qu'il a lui-même écrite ; alors, il sait déjà qu'il s'y trouve ; donc, il n'aurait pas eu besoin de le chercher ni de le signaler.» Le géographe se trémoussait sur sa chaise.
«Et si je cherche ma propre biographie et commence à lire depuis la première seconde bénie où je vins sur terre, alors je suis mort au moment où j'arrive à la moitié de l'article.» Le chroniqueur vit finalement l'occasion de remettre Nasreddin à sa place :
«Dans ce cas, tu n'en es pas à la moitié.
- Est-ce ma faute ou celle de l'encyclopédie ?» demanda Nasreddin, sur quoi l'historien, honteux, but une gorgée de son thé et se brûla.
Déprimés, les rédacteurs restaient assis autour de la table. Ils décidèrent tous ensemble qu'à l'avenir, à côté du Coran, ils ne consulteraient plus que le livre de la nature.
La trouvaille
Un conscrit ramasse pendant l'examen tous les morceaux de papier et dit : «Ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça.» Le psychiatre croit qu'il est fou et lui donne une note sur laquelle est indiqué qu'il est réformé. Le conscrit la regarde et dit : «C'est ça !»
À la recherche d'un sujet sur lequel je pourrais concentrer toutes mes forces, une affaire qui en outre exigerait de moi le maximum, je pris connaissance de tout ce que je rencontrais en chemin, comme quelqu'un qui est amoureux sans savoir de qui.
Je construisis de joyeuses collections sur la caille (Coturnix dactylisonans), les arcs de triomphe et l'Ardelio (un acteur dont l'unique rôle est de traverser la scène de long en large). Parmi mes tentatives infructueuses de donner un sens à ma vie, je collectionnai même pendant des années des coupures de journaux où l'on utilisait la métaphore du fil rouge, réunissant ainsi des milliers de citations. En voici un choix : Avec la fève de cacao comme fil rouge, il se mit à écrire un récit sur les relations Nord-Sud au Ghana.
La pluie, ça fait partie de Wimbledon comme les fraises à la crème, les sandwiches au saumon, le gin-tonic, le marché noir, le gazon, et les alertes à la bombe des dernières décennies. Comme un fil rouge, le mauvais temps traverse l'histoire du tournoi de tennis le plus important au monde.
La représentation a été menacée par la semaine et demie que nous avons perdue en disputes et que nous sommes maintenant en train de rattraper. Ça réussit chaque fois, malgré tout, car le fil rouge dans notre travail est comme la peinture : suffit de s'y mettre, il en sort toujours quelque chose. Nous travaillons bel et bien vers un climax ; une monumentale image visuelle finalement.
Dans la mosaïque des événements quotidiens, l'auteur a adopté comme fil rouge les nouvelles les plus importantes de l'année écoulée : la chute du mur de Berlin, la révolution en Roumanie, la libération de Nelson Mandela.
Le succès est le fil rouge de la réunion prise dans sa globalité. Le succès, simplement en ne faisant rien d'autre que le vouloir et recevoir l'«appui inconditionnel» des autres taoïstes du groupe support. Le secret : ne rien faire. «Si tu sens monter en toi l'envie de faire quelque chose, va t'asseoir, respire calmement, et attends que ça passe.»
L'histoire du textile d'église traverse la chrétienté comme un fil rouge.
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