Auteur : Pedro Mairal
Traducteur : Denise Laroutis
Date de saisie : 29/11/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rivages, Paris, France
Collection : Rivages-Littérature étrangère
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-7436-1699-1
GENCOD : 9782743616991
Sorti le : 05/09/2007
Que se passerait-il si les aiguilles du temps s'emballaient et qu'un pays remontait le cours de son histoire ? Comment le peuple argentin va-t-il survivre à cette mystérieuse intempérie qui avance inexorablement et menace de tout réduire à néant ? C'est à Buenos Aires, où María Valdes Neylan et son père vivent, que des milliers d'Argentins déferlent pour fuir la catastrophe. La ville désorganisée, déstructurée, devient un immense capharnaüm d'immeubles condamnés et de tunnels. Les habitants s'entassent et se barricadent, des hordes révolutionnaires sèment la terreur. Maria, elle aussi, se claquemure, perdant tout contact avec le temps et le monde réel.
Après la mort de son père grabataire, la jeune fille décide pourtant de se risquer au dehors. Le monde est devenu méconnaissable. Les riches quittent le pays par bateaux entiers, la plupart des hommes travaillent sur les docks ou à l'usine, les femmes ont perdu jusqu'au droit de vote. María s'enfonce dans cette nouvelle jungle. De ville en ville et de fuite en fuite, elle survit comme femme de ménage, prostituée, ouvrière puis esclave, dans un monde dévasté et redevenu primitif.
Fourmillant de personnages baroques, de scènes magiques et de péripéties hallucinantes, cette intempérie éclatante pousse à l'extrême la métaphore des crises politico-économiques qui ont récemment traversé l'Argentine.
Né à Buenos Aires en 1970, Pedro Mairal a publié Tôt ce matin et Une nuit avec Sabrina Love adapté au cinéma par Alejandro Agresti.
L'écrivain argentin, qu'on a découvert avec un premier roman drôle et décalé, Une nuit avec Sabrina Love, et un recueil de nouvelles du même acabit, Tôt ce matin, se livre ici à un exercice de style entre le conte philosophique et un scénario catastrophe qui ferait merveille dans un film de Spielberg. Si on laisse de côté la métaphore politique, il reste l'épopée, des images surréalistes à la Buñuel et le frisson, qui se propage au fil des pages comme une traînée de poudre...
Pedro Mairal rend cet enfer puant étrange et monstrueux comme du Jérôme Bosch. Dans des descriptions virtuoses, il anime les flaques d'eau, les taches de moisi, qui grossissent à vue d'oeil et se transmuent en foyers infectieux. Par ces petites métamorphoses, que Mairal observe au microscope, María devient tantôt infirmière, tantôt esclave, prostituée ou amazone. Et Buenos Aires, un désert.
Pedro Mairal est un écrivain diabolique, dans la lignée des grands, les Julio Cortázar, Jorge Luis Borges, Ernesto Sabato... Son Intempérie, troisième livre traduit en France, est un cataclysme littéraire, une métaphore foldingue de l'histoire de son pays, l'Argentine, servie par une narration époustouflante.
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