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Les merveilles du monde

Couverture du livre Les merveilles du monde

Auteur : Célia Houdart

Date de saisie : 31/10/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : POL, Paris, France

Collection : Fiction

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 978-2-84682-193-3

GENCOD : 9782846821933

Sorti le : 23/08/2007


  • La présentation de l'éditeur

Igor est photographe.
Il vit à Vevey. Il voyage. Au Mexique il rencontre Monica. Après un orage, le réel prend à ses yeux une densité inconnue. Soudain le monde est irisé.





  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 31 octobre 2007

Ses phrases sont construites selon un rythme ternaire, progressif, hypnotisant...
Ce court roman évolue juste à côté de la réalité, il traque l'anecdote pour décrire une situation, un sentiment, un mouvement. Ce beau premier livre, à la fois dense et dégraissé, jamais insensible, mêle rêve et réalité, les tissant étroitement l'un à l'autre, à l'instar du Livre des merveilles du monde, de Marco Polo, qui a inspiré son titre.


  • La revue de presse Astrid de Larminat - Le Figaro du 6 septembre 2007

Qualité rare chez un auteur de premier roman, Célia Houdart manie avec infiniment de doigté l'art de la litote, cette façon de faire entendre le plus en disant le moins...
À cet égard, la centaine de petites pages qui compose ce récit très abouti n'a pas volé son titre qui fait écho à celui du journal de voyage de Marco Polo qu'un ami avait offert à Igor pour le Nouvel An, Le Livre des merveilles du monde. Sans jamais parler de sentiments, Célia Houdart raconte aussi une histoire d'amour où l'on comprend que, lorsque deux êtres s'aiment, leurs mondes intérieurs s'attirent, se reflètent et s'entrecroisent, même quand l'un ou l'autre s'absente.



  • Les premières lignes

Igor allait quitter la Bretagne. Il avait appris par Claire sa voisine qu'une pluie de grêlons avait brisé toutes les fenêtres de l'immeuble où il habitait à Vevey. La gérance mettrait du temps avant de remplacer les carreaux. De retour chez lui Igor ferait sécher au soleil les livres et les revues qui avaient été mouillés. Il n'était pas plus inquiet que cela. Son appartement avait toujours eu l'air en cours d'emménagement ou sur le point d'être quitté.
L'été était déjà avancé. Igor regardait défiler la campagne derrière les vitres épaisses du TGV en pensant à l'orage. Ce qui le contrariait le plus c'était l'idée de devoir vivre un moment les volets fermés. En face de lui étaient assises deux Japonaises. Elles buvaient de l'eau d'Évian comme elles auraient bu à une fontaine, en tenant la bouteille un peu en hauteur et à distance de leurs lèvres, sans aucun contact avec le plastique du goulot.
L'unique chose à laquelle il tenait vraiment était un grand tirage photographique contrecollé sur aluminium. Il l'avait emballé dans du papier bulle et glissé entre le flanc du canapé et le mur. Plus loin dans le même compartiment un enfant, mains de part et d'autre de la bouche, paumes contre joues, les deux petits doigts joints à la base du nez, se fabriquait une barbe asymétrique.
C'était la troisième fois qu'Igor passait une semaine en Bretagne chez Marc, l'ami écrivain avec qui il travaillait à un album sur le Mexique. Le matin de son départ il s'était assis sur un banc le long d'un sentier surplombant la baie de Douarnenez. Un homme l'avait abordé, hors d'haleine, pour lui demander s'il n'avait pas vu un fox-terrier. L'homme était revenu l'interroger a deux reprises, le visage rouge et la voix fatiguée.
Les deux Japonaises devaient avoir vingt ans. L'une d'elles lisait un guide de la Provence, collait des post-it fuchsia toutes les deux pages et montrait des vues du pont d'Avignon et des arènes d'Arles à sa voisine en chuchotant. Igor perdit le fil d'une phrase sur l'amitié et sombra, la main dans son livre.
À son arrivée à Paris, il devait rejoindre depuis la gare Montparnasse la gare de Lyon en moins de trois quarts d'heure. Il prit le métro. À Châtelet, au pied d'un escalator, une des roulettes de sa valise sortit de son axe et se brisa. À l'endroit de la roue manquante, il ne restait qu'une petite tige chromée dont le raclement contre le sol dégageait une odeur de briquet. Il fut contraint de porter sa valise et arriva à la gare de Lyon le bras droit tout moulu.
Dans le TGV pour Genève, il retrouva une danseuse qu'il avait connue sept ans plus tôt. Ils s'assirent côte à côte.


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