Auteur : Boris Cyrulnik
Date de saisie : 23/08/2006
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : O. Jacob, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7381-1556-0
GENCOD : 9782738115560
Ceux qui surmontent un traumatisme éprouvent souvent une impression de sursis qui démultiplie le goût du bonheur et le plaisir de vivre ce qui reste encore possible.
Olga a subi une blessure physique et psychique grave à l'âge de 18 ans. Elle a tout juste commencé de vivre que déjà il lui faut apprendre une autre manière d'être au monde. En puisant dans ses ressources intellectuelles et physiques, elle a utilisé ce que son entourage lui proposait afin de devenir une autre.
L'homme qu'elle a épousé a conjugué sa manière d'aimer avec cette femme particulière. Et l'enfant qui naîtra de cette union devra s'attacher à ces parents singuliers dont il recevra un héritage psychique hors du commun.
Dans cet essai vibrant sur le bonheur, Boris Cyrulnik démontre que même ceux qui ont de graves blessures affectives peuvent les transformer en grand bonheur. Il veut montrer comment on s'engage dans le couple avec son histoire et son style affectif, ses blessures et ses victoires. Et comment on transmet aux enfants une énigme qui invite à l'étrangeté et à la créativité.
Boris Cyrulnik est directeur d'enseignement de "la clinique de l'attachement" à l'université de Toulon. Il est président de l'Observatoire international de la résilience. Il a publié, aux éditions Odile Jacob, Les Nourritures affectives, L'Ensorcellement du monde, Un merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards et Le Murmure des fantômes, qui ont tous été de grands succès.
... Après avoir dénoncé les «nourrissons géants» qui ne connaissent plus de limites et deviennent, peu ou prou, de jeunes tyrans domestiques dans leur famille désemparée où se rencontrent parfois des parents battus, le Dr Cyrulnik ne cache pas sa compassion pour un certain type de souffrance inévitable mais, heureusement, formatrice. Temps d'apprendre à aimer, à savoir différer la satisfaction, à ne pas ériger ses blessures intimes en un destin de plomb. «Alors, cesse la mort psychique et commence le travail de revivre»... Aux antipodes du livre de Marcela Iacub qui tente de saper, brillamment, les fondements d'une culture bimillénaire, celui de Boris Cyrulnik campe sur les positions d'un humanisme plus classique.
Parmi les histoires que raconte Boris Cyrulnik, en voici deux. D'abord une fable attribuée à Charles Péguy. Un homme, rencontré sur la route de Chartres, casse des cailloux. Interrogé sur ce qu'il fait, il pourrait répondre : «Je n'ai trouvé que ce métier stupide et douloureux», mais tout aussi bien: «Je bâtis une cathédrale». «Pourquoi certains ont-ils une cathédrale dans la tête, là où d'autres ne voient que des cailloux ?», demande Cyrulnik. L'autre histoire tient en une phrase : «J'eus soudain devant les yeux le plus charmant spectacle que j'aie vu de ma vie : elle tenait un pain noir et coupait pour son petit monde des tranches qu'elle distribuait à la ronde.» Il s'agit du coup de foudre du jeune Werther pour Charlotte, une citation qui permet à Cyrulnik de s'interroger sur le lien, qui est tout sauf évident, entre sexualité et formation du couple... Parler d'amour au bord du gouffre se situe entre ces deux histoires, entre la résilience et le premier amour, d'où le titre du livre : «Nous parlerons de gouffre, car ces gens qui s'aiment sont au bord d'un précipice et se débattent pour s'en éloigner.»... Fidèle à une démarche mise au point depuis vingt ans, l'auteur, qui est psychiatre, psychanalyste et éthologiste, construit son argument ou plutôt sa recherche par allers et retours entre observations de la vie de tous les jours et cas cliniques, faisant appel aux travaux (sourcés, ce qui permet d'aller y voir directement) de sociologues, ethnologues ou psychologues français et étrangers... il constate la difficulté qu'il y a à grandir dans une société où «la mort du pater familias provoque une inversion de la dette de vie. Ce n'est plus l'enfant qui doit la vie à ses parents, c'est lui, au contraire, qui donne sens au couple parental. (...) Cette "passion de l'enfance" qui organise les milieux affectifs des petits Américains et vient de débarquer en Europe engendre des nourrissons géants au narcissisme hypertrophié». Une des conséquences les plus dérangeantes étant l'augmentation impressionnante du nombre de parents maltraités, qui ont généralement en commun d'être âgés et d'un niveau social élevé (30% de juristes et 20% de médecins et psychologues !)...
Parmi les histoires que raconte Boris Cyrulnik, en voici deux. D'abord une fable attribuée à Charles Péguy. Un homme, rencontré sur la route de Chartres, casse des cailloux. Interrogé sur ce qu'il fait, il pourrait répondre : «Je n'ai trouvé que ce métier stupide et douloureux», mais tout aussi bien: «Je bâtis une cathédrale». «Pourquoi certains ont-ils une cathédrale dans la tête, là où d'autres ne voient que des cailloux ?», demande Cyrulnik. L'autre histoire tient en une phrase : «J'eus soudain devant les yeux le plus charmant spectacle que j'aie vu de ma vie : elle tenait un pain noir et coupait pour son petit monde des tranches qu'elle distribuait à la ronde.» Il s'agit du coup de foudre du jeune Werther pour Charlotte, une citation qui permet à Cyrulnik de s'interroger sur le lien, qui est tout sauf évident, entre sexualité et formation du couple... Parler d'amour au bord du gouffre se situe entre ces deux histoires, entre la résilience et le premier amour, d'où le titre du livre : «Nous parlerons de gouffre, car ces gens qui s'aiment sont au bord d'un précipice et se débattent pour s'en éloigner.»... Fidèle à une démarche mise au point depuis vingt ans, l'auteur, qui est psychiatre, psychanalyste et éthologiste, construit son argument ou plutôt sa recherche par allers et retours entre observations de la vie de tous les jours et cas cliniques, faisant appel aux travaux (sourcés, ce qui permet d'aller y voir directement) de sociologues, ethnologues ou psychologues français et étrangers... il constate la difficulté qu'il y a à grandir dans une société où «la mort du pater familias provoque une inversion de la dette de vie. Ce n'est plus l'enfant qui doit la vie à ses parents, c'est lui, au contraire, qui donne sens au couple parental. (...) Cette "passion de l'enfance" qui organise les milieux affectifs des petits Américains et vient de débarquer en Europe engendre des nourrissons géants au narcissisme hypertrophié». Une des conséquences les plus dérangeantes étant l'augmentation impressionnante du nombre de parents maltraités, qui ont généralement en commun d'être âgés et d'un niveau social élevé (30% de juristes et 20% de médecins et psychologues !)... (Natalie Levisalles, Libération 29/10/2004)
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli