Auteur : Jake Hobson
Traducteur : Dominique Brochet
Date de saisie : 06/09/2007
Genre : Guides et conseils pratiques
Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France
Collection : Nature
Prix : 33.00 € / 216.47 F
ISBN : 978-2-84156-882-6
GENCOD : 9782841568826
Sorti le : 17/09/2007
Au Japon, le pays où l'arbre est roi, Niwaki est un terme qui désigne un arbre ou un arbuste de jardin transformé par la main de l'homme en une forme «juste», autrement dit façonné, construit, taillé et conduit afin d'exprimer la pureté brute de la nature ramenée, par l'épure, à son essence. C'est un art ancestral, guidé par la recherche de l'asymétrie, de la simplicité, du détachement et de la sérénité. Nourri par ses observations, ses souvenirs, ses émotions et une tradition culturelle plurimillénaire, le jardinier japonais met en oeuvre saison après saison, année après année, des soins incessants qui donneront à l'arbre les caractéristiques - troncs tordus, branches étendues, frondaisons arrondies - qui expriment le mieux, selon lui, la quintessence de l'arbre. C'est à la découverte de cet art que vous convie ce livre. Pas à pas, Jake Hobson vous enseigne comment tailler et conduire «à la japonaise» pins, azalées, conifères, persistants à grandes feuilles, arbres et arbustes caducs, bambous et autres plantes. Grâce à une mine de conseils et à de nombreuses illustrations, vous pourrez à votre tour vous adonner à l'art du niwaki et imprimer à votre jardin, même minuscule, une tonalité unique.
Jake Hobson vit en Angleterre, où il étudie les jardins et le paysagisme. Fasciné par les niwaki, il a passé une année entière dans une jardinerie d'Osaka avant de lancer sa propre entreprise.
Les éléments du jardin
Les jardins japonais évoquent la variété des paysages de multiples façons. Inspirés par les montagnes, les lits des fleuves, les cours d'eau et cascades qui animent la campagne, ils se réfèrent aux paysages physiques. Mais ils peuvent aussi être pensés comme des paysages abstraits - ceux du subconscient, influencés par les spiritualités bouddhiste et shintoïste et façonnés par des traditions ancestrales.
Divers éléments se combinent pour créer le jardin comme un tout. Visuellement, les plus forts et les plus familiers de ces éléments sont les pierres, l'eau et les ornements, comme les lanternes et les pagodes. Chargés de symbolisme, de sens culturel et de tradition dans leur pays, ils sont en général considérés par les jardiniers occidentaux comme des traits clés des jardins japonais. Exotiques et attractifs, leurs images fortes s'inscrivent dans la mémoire. Utilisés avec subtilité et compréhension, ils peuvent être des composants essentiels de la vie du jardin ; lorsque, par exemple, une pagode surgit des plantes comme un temple au sommet d'une colline ou qu'un pont suggère le passage au-dessus d'un cours d'eau de montagne, ces éléments accroissent la dimension paysagère du jardin, lui conférant une dimension humaine.
Cependant, lorsque des jardins de style japonais sont créés en dehors du Japon, ces caractères déterminants risquent de n'aboutir, au mieux, qu'à un simple pastiche, confus et mal interprété. Au pire, ils apparaissent parfaitement médiocres ; extrêmement difficiles à maîtriser, ils peuvent, lorsqu'ils sont utilisés sans réflexion, basculer dans le royaume des nains de jardin. Un vrai jardin japonais s'enracine dans son environnement, à la fois physique et culturel, et les éléments qui le composent sont pour beaucoup le produit de cet environnement. Loin de l'arrière-plan physique et culturel auquel ils appartiennent, ces ornements perdent leur sens ; ils ne sont que décoration. Pour une approche plus authentique du jardinage de style japonais, les Occidentaux gagneraient à voir au-delà de ce caractère décoratif, pour rechercher des éléments liés intrinsèquement au jardin, mais également au paysage lui-même.
Les éléments du jardin japonais les plus insaisissables, les plus indéfinissables et par conséquent les plus souvent négligés, ce sont ses arbres et arbustes : les niwaki. Indépendamment des valeurs culturelles qui leur sont attachées, ils sont les seuls à être vraiment universels ; ce sont des choses vivantes, qui respirent. (L'eau, les rochers et les graviers, bien qu'ils existent dans le monde entier, font référence de façon significative à la symbolique bouddhiste et shintoïste.)
Une visite dans n'importe quel jardin de temple au Japon, une promenade dans les banlieues de n'importe quelle ville, la vue à travers les vitres d'un train, tout atteste de l'importance des arbres dans ce pays. Ils sont partout. Même les jardins de temple les plus minimalistes, tel Ryoan-ji à Kyoto, sont fondés sur les arbres ; là, bien qu'aucun ne soit présent à l'intérieur des murs, à l'arrière-plan, au-delà de la mer de graviers ratisses et des rochers, l'espace est généreusement planté de cèdres et de cerisiers, mettant en valeur la scène en contrebas.
Ce qu'on attend des arbres, des arbustes et des plantes n'est pas différent de ce qui existe dans la plupart des autres cultures à travers le monde, si le climat le permet. Mais ce qui, véritablement, est différent, c'est l'aspect des arbres et arbustes. Dans les jardins japonais, les niwaki sont conduits, formés, cisaillés et taillés pour s'adapter au paysage du jardin de façon bien particulière.
Au Japon, trois sources d'inspiration sont fondamentales pour l'art du jardin : le pays lui-même (ses paysages, sa géographie et son climat), les croyances religieuses (shintoïsme et bouddhisme) et l'esthétique culturelle japonaise. Ces sources, indissolublement liées, doivent être pensées ensemble pour parvenir à une image globale satisfaisante des jardins.
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