Auteur : Eric Franceschi | Ariel Kenig
Illustrateur : Photographies d'Eric Franceschi
Date de saisie : 01/09/2007
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : T. Magnier, Paris, France
Collection : Photoroman
Prix : 13.00 € / 85.27 F
ISBN : 978-2-84420-578-0
GENCOD : 9782844205780
Sorti le : 24/08/2007
On ne pleure jamais pour une seule raison. C'est pour cela qu'il est très difficile de consoler les gens. Par exemple, quand des amoureux se séparent, ils pleurent parce qu'ils ne se reverront plus de la même façon, parce qu'ils repensent aux moments de bonheur qu'ils partageaient ou parce qu'ils se sentent désormais seuls, mais ils pleurent aussi, et surtout, à cause de leurs amours enterrées. (...) En fait, ils pleurent parce qu'ils ont déjà pleuré.
Une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s'aventure alors dans l'écriture d'un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer.
Les malades posent trop de questions. Les malades posent volontairement trop de questions auxquelles on ne sait pas répondre, car ce que les malades sollicitent avant tout, c'est de l'écoute. Alors il faut les écouter se plaindre... Généralement, ils se fatiguent à la tâche et se lassent avant vous, mais la conversation n'est pas finie pour autant. Agacés par votre calme, ils vous réclament, liminaires, un compte rendu du monde :
- Sinon, quoi de neuf ?
Et comme rien n'est jamais tout à fait neuf, ni tout à fait extraordinaire, vous hésitez à parler... Qu'ai-je à raconter ? Mon récit plaira-t-il à mon malade ? En admettant qu'une anecdote me vienne en tête, suffira-t-elle à le réconforter ? Faut-il vraiment que je me force ? Est-ce qu'il ne serait pas plus judicieux que nous partagions un peu de silence ? i
Vous regrettez déjà quand votre camarade pleurnichait sur son état. La vie était tranquille.
Vous ne supportiez pas encore le poids d'un ami aux questions si lourdes que le monde vous tombe des bras.
- Alors, Tristan, rien à me dire ?
Malheureusement, Valentin ne se plaignait jamais et ne cherchait pas spécialement à ce qu'on l'écoute, mais il exigeait qu'on l'informe du moindre événement qui avait lieu dehors, dans cette vie à laquelle il n'avait plus accès.
Comment s'intéresser à des choses infimes, ridicules, ordinaires ? Et comment s'en souvenir suffisamment, dans le détail, pour ensuite les lui rapporter ? De plus, tout ce que je voyais méritait-il mon attention ? Etait-il possible, d'une façon ou d'une autre, de lui prêter mes yeux ? Comment s'en servirait-il ? Cet emprunt m'abîmerait-il les pupilles ? Ou, au contraire, m'apprendrait-il à mieux voir, à développer ce qu'on appelle l'acuité ?
En vérité, ma relation à Valentin répondait à des questions que je ne m'étais jamais posées.
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