Passion du livre - tout sur le livre : Dans les mains du soleil : carnet de voyage amoureux au Rajasthan

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Dans les mains du soleil : carnet de voyage amoureux au Rajasthan

Couverture du livre Dans les mains du soleil : carnet de voyage amoureux au Rajasthan

Auteur : Simon

Date de saisie : 31/08/2007

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Alternatives, Paris, France

Prix : 39.00 € / 255.82 F

ISBN : 978-2-86227-533-8

GENCOD : 9782862275338

Sorti le : 23/08/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

L'Inde est ta marâtre, mais elle est aussi ta nounou de l'âme, ton infirmière, ta danseuse, ta bayadère, ta cartomancienne, ton ensorceleuse, ta drogue douce, ton tord-boyaux, ta cracheuse de feu, ta charmeuse de serpents, ton virus, ton petit tas de cendres, ton accouchement sans péridurale, ta mort lente, ton lieu de perdition, ta résurrection quotidienne, ton entremetteuse auprès des divinités, ton exorcisme, ton poison et ton contrepoison, ta lampe à huile, ton poumon de rechange, tes haillons, ton épisode délirant aigu, ta mangue juteuse, ta déchirure, ta bouse de vache, ton lait.

Simon, écrivain et peintre, est né en 1961 ; un premier voyage dans le Sahara, à l'âge de 13 ans, lui donne pour toujours le goût des destinations lointaines. Depuis, il écume le monde avec son pinceau et son stylo. Il est l'auteur d'un roman : Les Passions impatientes (La Découverte, 1984), et de quatre carnets de voyage parus aux éditions de la Boussole : Au Corps de l'Inde, L'Appel du bleu, Sahara et Chine. Avec l'association Les Carnettistes Tribulants, qu'il a fondée ; il a publié Banlieue nomade et Ce que j'aime en toi aux éditions Alternatives. Actuellement, il prépare un récit de voyage en Chine et une exposition.





  • Les premières lignes

Transit

Atterri à l'aéroport de Mumbaï pour un transit (tiens, ce mot un peu intestinal...de quoi augure-t-il ?) de quatre heures - vous cherchez un siège où vos carcasses ankylosées par sept heures de vol pourront se délasser, et vous le trouvez ; là, sur une feuille violet très sombre (appropriée à l'état d'insomnie dans lequel tu te débats) où tu n'y vois goutte - ton trait de crayon disparaît dans l'obscurité du papier - tu fais un croquis du type qui dort à côté de toi, de quel droit dort-il et pas toi, parce qu'il est indien et pas toi, pardi, quel injustice, parce que les indiens ont gardé le génie enfantin du sommeil ! puis, sur le coup de quatre heures du matin, après une petite somme, comme elle dit si joliment, vous décidez de vous diriger vers la cafétéria (il faudrait plutôt dire le boui-boui tant cette gargote répond peu (tant mieux) à ce qu'on attend d'une buvette d'aéroport) endroit minuscule et moite où se produit le premier gag du voyage (l'Inde est continent comique - incontinent comique ?) : vous commandez deux samosas punjabis sur lesquels le serveur envisage en toute innocence de verser du ketchup - ô hérésie - sur quoi tu l'arrêtes dans son geste et lui demandes : Vous avez du sel ? question qui le désarçonne sans pour autant le décourager : Sait ? yes sir ! ; il finit par dénicher un petit verre de sel dans son fourbi, dont il entreprend de te servir une pincée avec - tenez-vous bien - une fourchette !... laquelle laisse évidemment filer tout le sel entre ses dents, ce qui n'altère en rien sa bonne humeur et son optimisme : Ok sir ? me lance-t-il, comme si le sel était arrivé à destination alors qu'il a atterri par terre, Ok dis-je, j'ai faim, je ne vais pas faire la fine bouche, puis vous dégustez ces currys trop mous - ça promet pour le transit - avec deux thés au gingembre (délicieux), avant de vous présenter un peu plus tard à la fouille des bagages et des corps, où vous arrivez un peu flottants à cause de l'heure et de la somnolence ; là aussi, le comique imprévu, rêveur et décalé de l'Inde se vérifie : le policier palpeur qui dirige les gens adresse à ta femme des gestes si évasifs qu'elle ne comprend pas ce qu'il lui demande, rester sur la ligne ou avancer ? tourner à gauche ou s'approcher de lui ? et ne sait sur quel pied danser, alors, après quelques pas indécis en avant et en arrière, valse hésitation qui ne semble pas le perturber, elle finit par se décider pour la cabine réservée aux femmes, où les deux employées (te raconte-t-elle après) se mettent à s'extasier sur son chapeau de paille "Hand made in Ecuador", un très joli chapeau du reste, qu'elles lui font ôter et dont elle palpent la fibre en lui demandant : C'est vous qui l'avez tressé ? Non, je l'ai acheté. It is so nice, madam ! etc, etc, mais qu'est ce qu'elles font la dedans ? te demandes-tu, Eh bien, elle se sont mises à essayer mon chapeau, à faire les coquettes, à rire, et elles ont complètement oublié... de me fouiller, dit-elle, de sorte que tu la vois ressortir de ce lieu stressant et rébarbatif avec le sourire aux lèvres, comme si l'Inde venait de lui faire sa première avance.

Nawalgarh

Ne croyez pas que l'Inde vous laissera indemnes, vous allez en chier, pardon, doux lecteur, mais ces grossièretés sont choisies, elles siéent à ce pays qui n'a pas renié la merde, appelez-là comme vous voulez, excrément avec son petit côté littéraire, phonétiquement très parlant, selles - il n'y a plus que les docteurs pour employer un mot aussi aérien, inapproprié en la matière -étron, qui a du corps, du bagout, une sorte d'aristocratie existentielle ("étron ou ne pas être on", là je crois que je pousse le bouchon un peu loin, mais je me suis promis de laisser couler), merde est générique et toujours populaire, (je passe sous silence caguer, chier, déféquer, à mon avis autres mots seyants à notre séant quand il s'exprime) mais c'est au vulgaire en chier que je veux avoir recours - n'oublie pas doux lecteur que j'ai lu Rabelais et jamais renié cet héritage scatologique de la langue française, les pages sur le torchecul restant parmi les plus truculentes, trouduculentes de notre littérature - vous en chiez dès ce troisième matin de voyage, maux de tête au réveil, mal au ventre, et voici la diarrhée qui se déclare dès que vous êtes en position verticale -alors vous vous lancez dans une enquête sur les causes possible de la tourista : Tu crois que c'est l'eau du robinet de Delhi ? Non, on avait mis les pastilles de Micropur... A moins que ce ne soit l'eau de la douche ? Peut-être, on avale toujours quelques gouttes sans le vouloir... Écoute, ça m'étonne, j'ai passé six mois en Inde sans une tourista ! Alors c'est peut-être la crêpe qu'on a mangée hier à Jhunjhunu, tu sais, le massala dosa ? Oui, c'était au milieu des gaz d'échappement, en plein arrêt de bus, ça m'a paru douteux, et le chauffeur a dit qu'on devrait éviter de manger dans la rue, au moins les premiers jours... Mais si on se protège de tout, on ne s'immunisera jamais ! Ah, ça me reprend, excuse-moi...


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli