Auteur : T. Coraghessan Boyle
Traducteur : Bernard Turle
Date de saisie : 19/12/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 21.90 € / 143.65 F
ISBN : 978-2-246-70271-9
GENCOD : 9782246702719
Sorti le : 05/12/2007
Chacun d'entre nous est sommé, tous les jours et à tout propos, de décliner son identité. Qui êtes-vous ? Et comment le prouver, quand personne ne vous croit, quand personne ne comprend ce que vous dites et quand tout le monde vous prend pour un redoutable escroc recherché aux quatre coins de l'Amérique ?
Tel est le cauchemar dans lequel est plongée Dana, victime d'un crime aussi violent que sournois : le vol d'identité. Cartes bancaires, numéros informatiques, mots de passe, signatures électroniques - dans ce merveilleux monde technologique, nous risquons de n'être plus rien qu'une combinaison de chiffres et de signes, que les pirates de l'état civil n'ont aucune peine à détourner. C'est l'un de ces vampires de l'ego, un certain William Peck Wilson, que Dana devra poursuivre sans relâche pour regagner le droit d'être elle-même. De malentendus en faux-semblants, ce roman en forme de " road-movie ", mené pied au plancher par un T.C. Boyle au mieux de sa forme est aussi une parabole sur la fragilité de nos identités, sur le langage et sur les dangers que nous encourons tous à vouloir vivre la vie des autres...
Tom Coraghessan Boyle est né en 1948. Depuis 1978, il anime des ateliers d écriture à l'Université de Californie du Sud. Chez Grasset, il est l'auteur de plusieurs recueils de nouvelles, parmi lesquels 25 Histoires d'amour (2000), 25 Histoires de mort (2002) et 25 Histoires bizarres (2006), ainsi que de nombreux romans dont America (1997, prix Médicis étranger). Un ami de la terre (2001), D'amour et d'eau fraîche (2001) et Le Cercle des initiés (2005).
T. C. Boyle a imaginé ce que pourrait être l'un de ces drames quotidiens où un citoyen se retrouve dépossédé de ses cartes bancaires, et de son état civil...
L'exercice accompli par T. C. Boyle consiste à trouver une matière romanesque dans un phénomène de société. Elle est induite par la question sous-tendue par son récit : qui sommes-nous ? A cela, l'écrivain avance qu'un individu ne se réduit jamais à son état civil. Dans Au bout du monde, Boyle imaginait les racines de sa famille, préférant l'invention à la reconstitution. Sa généalogie résidait dans la fiction. Au cours de son périple Dana Halter recouvre plus qu'une identité menacée, elle comprend que sa personnalité est le résultat d'un bouillonnement qui doit peu aux codes sociaux.
Avec Talk Talk, Boyle ne change pas de cible : la perversion est au menu de ce plantureux roman aux allures de polar...
A ce suspense de plus en plus tendu, Boyle ajoute des pages féroces contre la police américaine - une institution kafkaïenne à ses yeux - et, surtout, des réflexions passionnantes sur la surdité. C'est bien sûr un handicap terrible, une prison de l'âme, mais aussi, peut-être, une manière d'échapper à une société qui parle trop, qui dit n'importe quoi, et dont les excès de bavardage sont une nouvelle forme de folie. Une fois de plus, Boyle fustige les travers de son époque dans un roman superbe, brillant, digne de la meilleure Série noire.
L'auteur de «Water Music» pose un regard toujours aussi neuf et aigu sur notre époque avec son nouveau roman, «Talk Talk», une parabole sur la fragilité de notre identité...
L'habileté de T. C. Boyle est d'interroger l'identité d'une façon nouvelle, distincte de la quête des origines ou de la psychologie. T. C. Boyle continue son travail de sape sur l'absurdité d'une certaine société américaine, dont il pointe les travers avec espièglerie et une très belle maîtrise romanesque.
Nos âmes sont vulnérables depuis qu'elles ne tiennent qu'à des codes qu'on a tôt fait de subtiliser, d'effacer, de remplacer. Dans son nouveau roman, Talk Talk, T.C. Boyle s'attaque à ce crime né avec le numérique : le vol d'identité...
Boyle, qui ne s'intéresse guère aux romans de genre, vient bel et bien de signer un thriller. Un thriller sans tueur ni hémoglobine. Ici, pas d'atmosphère de crépuscule, mais un grand soleil accablant qui ne se couche jamais. Pas de forcené, mais un bon à rien, capable d'émouvoir. On a souvent reproché à Boyle sa graphomanie, qui lui fait publier ses romans et nouvelles avec la régularité des anniversaires. Dans Talk Talk - une réflexion sur le langage et l'identité, doublée d'un roman à suspense -, il écrit au plus juste, comme si chaque mot était compté.
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