Auteur : Alice McDermott
Traducteur : Anouk Neuhoff
Date de saisie : 11/10/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Quai Voltaire, Paris, France
Prix : 21.50 € / 141.03 F
ISBN : 978-2-7103-2918-3
GENCOD : 9782710329183
Sorti le : 23/08/2007
De l'après-guerre à la guerre du Vietnam en passant par la libération des moeurs, Alice McDermott retrace quarante ans de la vie d'une famille irlando-américaine partagée entre son respect des traditions et l'influence irrésistible de la modernité, le parcours singulier d'une famille catholique, dont les valeurs se trouvent peu à peu ébranlées par le passage du temps et la marche des événements.
Des scènes comme des zooms - rencontre de John et Mary au comptoir d'un restaurant, naissance mouvementée de Clare, tyrannie insidieuse de Michael sur son aîné Jacob, visite de l'Exposition Universelle du Bronx, avortement en catimini de la fille des voisins, collecte de fonds pour la reconstruction de l'église, présence de plus en plus envahissante de Pauline, une vieille amie devenue un autre membre de la famille, aménagement du sous-sol par les garçons, enterrement de deux anciens lycéens, tombés au Vietnam, mariage précipité de la petite dernière -, où l'auteur nous communique ce sentiment de nostalgie et de tristesse qui imprègne tout le roman et qui est pour elle synonyme de résistance. «Ce n'était pas contre l'avenir qu'ils en avaient, mais contre la perte du passé», explique-t-elle, sans insister, à la fin du roman.
Après les guerres, après les morts, la maladie, le reniement, «après tout ça», cette famille, à la façon de centaines de milliers d'autres, survit et s'adapte aux changements inévitables qui lui sont imposés.
Alice McDermott, lauréate du National Book Award en 1998 avec «Charming Billy», est née à Brooklyn en 1953. Elle vit aujourd'hui à Washington. Ce qui demeure est son sixième roman et le quatrième publié à Quai Voltaire après Charming Billy (1999), L'Arbre à Sucettes (2003) et La Visite à Brooklyn (2006).
Ce roman cerne à la perfection «la déception, l'incapacité d'établir un lien, la tristesse d'une occasion manquée», distille une douce tristesse et une nostalgie sans effusion. Les lieux d'autrefois ont disparu. Rien ne dure, pas même les églises que l'on détruit pour en construire de plus modernes en forme de vaisseau spatial. Le monde devient de moins en moins familier et l'on ne se remet pas de la sensation de voir transformer «l'essence même de son propre passé, de ses propres souvenirs en quelque chose, au mieux, de désuet, au pire, de caduc». Au coeur de ce sentiment de dépossession et de perte peut surgir toutefois «une musique qui était déjà là, qui avait toujours été là, dans l'air, une musique, un motif sacré, profond, presque impénétrable, en fait, une chose située juste au-dessus de l'enveloppe de la terre et du ciel mais qui avait toujours été là». Toute la beauté de Ce qui demeure réside dans cette mélancolie mêlée d'émerveillement, dans l'image fugace d'une femme qui pleure dans la foule, dans les lumières et les étoiles du ciel, dans ce point rouge à l'horizon sur la nuit qui descend.
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