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L'homéopathie

Couverture du livre L'homéopathie

Auteur : Jacques Boulet

Date de saisie : 31/08/2007

Genre : Médecine, Santé

Editeur : le Cavalier bleu, Paris, France

Collection : Idées reçues. Santé & médecine, n° 141

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-84670-170-9

GENCOD : 9782846701709

Sorti le : 23/08/2007


  • La présentation de l'éditeur

L'Homéopathie
Santé & Médecine

«L'homéopathie est une médecine douce et naturelle» ■ «La consultation chez l'homéopathe est plus longue que chez un généraliste» ■ «Les médecins homéopathes s'opposent à la vaccination» ■ «On ne sait pas comment fonctionnent les médicaments homéopathiques» ■ «Il ne faut pas prendre de menthe avec un traitement homéopathique»...

Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir.

Jacques Boulet est médecin généraliste homéopathe depuis 1978. Il dirige le CEDH (Centre d'Enseignement et de Développement de l'Homéopathie) qui, en partenariat avec des facultés de médecine et de pharmacie, propose dans plus de vingt pays un enseignement clinique de l'homéopathie. Auteur du Dictionnaire de l'homéopathie (Éditions du Rocher, 2005), il nous éclaire sur cette médecine qui suscite tant d'idées reçues.





  • Les premières lignes

Introduction :

Il n'y a que trois rapports possibles entre les symptômes des maladies et les effets spécifiques des remèdes : l'opposition, la ressemblance, l'hétérogénicité.
Il s'en suit qu'il n'y a que trois méthodes imaginables de traiter les maladies : 1) La méthode antipathique, ou celle qui emploie des médicaments produisant des effets spécifiques opposés aux symptômes de la maladie naturelle ;
2) La méthode homéopathique, ou celle qui se sert de remèdes excitant des effets spécifiques semblables à ceux de la maladie en question ;
3) La méthode allopathique, ou celle qui use de médicaments produisant des effets spécifiques étrangers aux symptômes de la maladie naturelle, c'est-à-dire ni semblables, ni opposés.

Dr Christian Samuel Hahnemann, Organon rationnel de l'art de guérir (1824, première traduction française)

Près de 20 ans se sont écoulés entre les premières expériences d'Hahnemann explorant les possibilités thérapeutiques de la similitude, présentées en 1796 dans Essai sur un nouveau principe pour découvrir les vertus curatives des substances médicinales, suivi de quelques aperçus sur les principes admis jusqu'à nos jours, et la première édition en 1810 de l'Organon de l'art rationnel de guérir, proposant les mots «homéopathie» et «allopathie». Près de 20 ans s'écouleront encore, avant la publication en 1828, du Traité des maladies chroniques, leur nature spéciale et leur traitement homéopathique, donnant toute sa dimension à l'application de cette nouvelle thérapeutique.
«Hahnemann est un savant de grand mérite. Si l'homéopathie est une chimère ou un système sans valeur propre, elle tombera d'elle-même. Si elle est au contraire un progrès, elle se répandra malgré toutes nos mesures de préservation» répondait Guizot, le ministre de Louis Philippe, en 1835, à l'Académie de médecine qui, déjà, pourfendait l'homéopathie et les travaux d'Hahnemann, venu finir sa carrière et sa vie à Paris.
Dès le départ, le décor est planté et les grandes lignes d'une pièce qui se joue depuis maintenant 200 ans sont posées. Hahnemann est-il un savant de grand mérite, un savant de l'ère moderne ? L'homéopathie est-elle une chimère ou un système, une pratique empirique venue du fond des âges, dans la tradition des guérisseurs, ou une des expressions de l'essor d'une médecine scientifique née dans le courant des lumières, qui traverse l'Europe à la fin du XVIIIe siècle ? Et déjà l'Académie et son conservatisme constitutionnel... Comment l'homéopathie a-t-elle survécu aux attaques qu'elle a, dès le début, suscitées ? Il est impossible d'imaginer que cette histoire se soit écrite sans la personnalité extraordinaire d'un Christian Samuel Hahnemann, qui alliait à une érudition incomparable, un esprit scientifique hors du commun et une ténacité, une persévérance à toute épreuve.
L'homéopathie, son histoire, ses principes, son uti­lisation, laissent rarement indifférent. Les débats en famille, entre amis, sont toujours vifs et nourris, quand ce ne sont pas les revues scientifiques, l'Académie de médecine, les médias ou même les politiques qui s'en mêlent.
Bizarrement dans ces débats, et c'est peut-être pour cela qu'ils durent depuis plus de deux cents ans, les extrêmes, pour des raisons diamétralement opposées, se rejoignent pour construire les mêmes idées reçues. L'homéopathie n'est pas «scientifique» ; il n'y a rien dans les granules ; ses résultats sont inévaluables ; elle ne soigne que des adeptes souffrant de troubles fonctionnels psychosomatiques ; elle ne peut, en aucun cas, être mélangée à d'autres thérapeutiques ; les vaccins sont dangereux. Ces antiennes suffisent aux détracteurs pour rejeter sans appel l'homéopathie, et aux «homéopathisants» purs et durs d'affirmer et d'entretenir leur différence.
Pour évaluer le nombre et la teneur des idées reçues concernant l'homéopathie, il suffit dans un premier temps d'imaginer celles que généreraient n'importe quel grand médicament ou classes thérapeutiques. Les antibiotiques ou les antidépresseurs ont en effet aussi une histoire, une origine, des indications cliniques dont les limites peuvent être discutées âprement. Ils sont de même l'objet d'un débat non moins tendu sur les fondements scientifiques de leurs indications et de leur efficacité. Il en irait exactement de même avec l'homéopathie, si les inconnus de sa pharmacologie ne coloraient pas chaque idée reçue la concernant d'un surcroît de doute ou de certitude, et ne renvoyaient pas le débat sur le terrain de la croyance, et parfois même sur celui de la guerre de religion.
Et pourtant, les faits sont têtus, disent les chercheurs. Ils résistent aux idées reçues qui les précèdent, ils dérangent d'anciennes certitudes. L'histoire de l'homéopathie, étroitement liée à celle de la médecine moderne, sa pratique, aujourd'hui bien intégrée dans l'exercice de nombreux médecins, enfin la pharmacologie homéopathique et ses résultats expérimentaux, sont autant de faits indéniables. Nous les examinerons les uns et les autres, en les replaçant chacun dans leur contexte historique, scientifique ou clinique, et en essayant de comprendre à chaque fois l'origine et la portée des idées reçues qui les accompagnent.


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