Passion du livre - tout sur le livre : Kak

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Kak

Couverture du livre Kak

Auteur : Xavier Vanel

Date de saisie : 29/08/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Persée, Cogolin, France

Prix : 11.50 € / 75.44 F

ISBN : 978-2-35216-060-1

GENCOD : 9782352160601

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Kak voui pajivaïti ? Comment allez-vous ? Bien, eh oui, finalement bien !
Cette réponse, faite à un ami russe, engage l'auteur dans une réflexion : pourquoi a-t-il fallu qu'il ne soit plus en activité professionnelle pour se sentir en harmonie avec son entourage ? Pourquoi entend-on généralement cette réponse : «Bof, on fait aller !». quel que soit le métier exercé ?
Dans son pays, qui ne connaît pas les aléas de la survie, alors que manger à sa faim et boire de l'eau potable sont des privilèges pour la majeure partie de l'humanité, le travail serait-il resté ce supplice d'écartèlement, désormais moral, qu'était le tripalium romain ?
Kak est un carnet de voyage dans lequel Xavier Vanel compare la société française et la société postsoviétique avec un ami russe. Il raconte ses pérégrinations à Saint-Pétersbourg, et livre le fruit de ses réflexions : après avoir observé la réalité sur le terrain et lu des journaux français et étrangers, il s'interroge sur la société française. Lui vient alors un cri de révolte devant les multiples dérives consécutives à des décisions qu'il estime inconséquentes, et qui entraînent son pays, pourtant riche, vers un destin qui, selon lui, n'est heureusement pas inéluctable.





  • Les premières lignes

KAK VOUI PAJIVAÏTI ?

Comment allez-vous ? Comment vivez-vous ?
Cette formule banale d'un ami russe à Saint-Pétersbourg m'engage dans une réflexion...
«Bien; eh oui, finalement bien !»
Mais pourquoi a-t-il fallu attendre la fin de mon activité profes­sionnelle pour me sentir en harmonie avec mon entourage ?
Pourquoi cette réponse de plus en plus fréquente de mes compa­triotes dans tous milieux sociaux et professionnels ?
«Boff ! ! On fait aller ! !»
Dans mon pays qui ne connaît pas les aléas de la survie basale alors que manger à sa faim, boire de l'eau potable, dormir sous un toit, sont souvent des privilèges pour la majeure partie de l'humanité, le travail serait-il resté ce supplice d'écartèlement désormais moral qu'était le tripalium romain ?
Qui oserait se plaindre aujourd'hui de posséder un emploi et le critiquer quand cette valeur sociale est refusée à un nombre croissant de personnes potentiellement actives ! !

Saint-Pétersbourg, ville de tous les superlatifs, a une histoire récente et pourtant chargée; transition brutale d'un moyen âge asiatique arriéré à une civilisation européenne sophistiquée, d'un absolutisme tsariste à un absolutisme révolutionnaire puis conformiste sans aucune transition démocratique réelle.

Ici, l'homme du peuple lutte au jour le jour pour sa survie quand une nouvelle nomenklatura l'éclaboussé de son luxe.
Ici, je trouve ma condition de français plutôt enviable et je ne peux répondre à cet ami que : «atlichna, très bien.»
Et pourtant !
Il fait froid, la nuit d'hiver accouche d'une débauche de lumières embrasant le scintillement de la glace et de la neige qu'une foule silen­cieuse piétine dans le vent. C'est la semaine féerique de fin d'année pendant laquelle se recrée la magie nordique décrite par Casanova, Balzac, tant chantée par Pouchkine «le Français».
Il suffit de fermer les yeux pour entendre les chuintements vertigineux des «télégues», les galops assourdis des chevaux de la troïka que le sifflement du knout stimulait quand l'hiver figeait les canaux et la Neva.
Quel contraste avec Leningrad que j'avais connue trente ans plus tôt cachant avec peine son délabrement spectral derrière quelques façades théâtrales.
Petrograd avait survécu quand les Bolcheviques lui avaient préféré Moscou et Leningrad avait été laissée moribonde à la fin de l'interminable siège infligé par les nazis.

Saint-Pétersbourg avait peu à peu retrouvé une âme, subtile compo­sition de la fameuse doucha fantastique chez Gogol, mélancolique chez Dostoïevski, et d'ouverture à l'occident qu'avait imposée Pierre, le grand Tsar.
Gare aux boyards barbus qui se présentaient à la cour en kaftan !

J'accompagne Iouri au Krokodil, clin d'oeil à Dostoïevski; il tient absolument à me faire goûter l'un des vingt-cinq whiskies que propose ce bar où règne une ambiance studieuse de joueurs d'échecs.


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli