Auteur : Alain Lozac'h
Date de saisie : 25/08/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Découvrance, La Rochelle, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-84265-532-7
GENCOD : 9782842655327
Sorti le : 30/07/2007
Jim Hawkins a retrouvé le trésor du capitaine Flint sur l'île de la Tortue, dans la mer des Caraïbes. Il fait alors construire une magnifique goélette, un navire maniable et rapide, qui peut rivaliser avec les meilleurs bâtiments de commerce. C'est l'époque où les colonies américaines se révoltent contre l'Angleterre. Le Mathilda de Jim Hawkins reçoit sa lettre de marque du roi d'Angleterre et doit mettre à la voile pour la guerre de course, au large des côtes de Bretagne.
Il s'agit de bloquer la navigation des vaisseaux français et de leurs alliés, de les capturer et de revendre les prises sur le sol anglais. Le corsaire mène une course effrénée, ramène de nombreux trophées, tout en respectant son adversaire. Au fil des années, des rencontres et des conquêtes féminines, le jeune homme découvre, avec horreur, le commerce du «bois d'ébène», les ravages de l'esclavagisme, la richesse écrasante d'armateurs et de propriétaires terriens anglais aux Amériques. Jim Hawkins s'engage dans la lutte...
«- Hawkins ? Où est Hawkins ? cria le plus âgé, en sortant un pistolet, prêt à tirer sur le premier qui bougerait.
- Holà l'ami ! tout doux ! répondit Smollett, en se levant.
- Est-ce vous ce fameux Hawkins qui a volé le trésor du capitaine Flint ?
- Non ! Jim Hawkins, c'est moi, intervins-je, en me levant à mon tour et en me tournant vers eux.
- C'est toi ! gronda-t-il, en s'avançant. Une fois devant moi, il m'empoigna...»
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Prologue d'Alan Stewart :
Un matin de l'an de grâce 1841, je reçus une lettre m'informant de la mort de l'un des membres éloignés de ma famille. J'étais invité à me rendre à Bristol, ville portuaire anglaise bien connue, pour recueillir un héritage qui m'avait été laissé par testament. J'y allai la semaine suivante, par le chemin de fer qui venait d'être mis en service par la Great Western Railway Company, ce qui me fit gagner un temps considérable. Quatre heures seulement pour effectuer le trajet dans un wagon confortable ! J'avais déjà eu l'occasion de me déplacer jusqu'à Bath, il y a quelques années, afin d'y passer quelques jours de repos, il fallait alors presque la journée pour atteindre la région en diligence.
C'est ainsi que j'appris que j'héritais d'un grand-oncle qui, après avoir fait fortune, était mort dans la misère. Décédé à un âge très avancé dans un hospice de la ville, il avait vécu avec une petite rente ; il lui était resté juste un peu d'argent pour être enterré dignement, sinon il aurait fini dans une fosse commune.
Je fus reçu par un homme de loi dont le père avait bien connu mon oncle au temps de sa splendeur ; il y avait alors matière à faire une belle succession, m'indiqua-t-il avec regret. Il avait mis plusieurs mois à rechercher un héritier et finalement à me retrouver. De fait, je revenais d'un long séjour aux Indes quand sa lettre me parvint. En définitive, la lecture du testament m'apprit que le seul patrimoine qui m'était légué consistait en une vieille masure sur le port de Bristol et en un coffre. C'est dans ce coffre que je trouvai une grande quantité de livres, de papiers, de carnets de voyages. En effet, ce vieil oncle n'était autre que Jim Hawkins, il avait vécu longtemps après son fameux périple dans les mers du Sud, qui l'avait rendu riche et respecté.
Ayant décidé de ne garder que quelques objets qui me rappelleraient les aventures maritimes, je demandai à l'homme de loi de mettre la maison en vente sur-le-champ et de me faire parvenir l'argent quand il aurait trouvé un acquéreur. Après m'être rendu au cimetière et avoir déposé un bouquet de fleurs sur la tombe de Jim Hawkins, je regagnai Londres avec cette malle bien encombrante. Elle contenait probablement tous les souvenirs conservés par mon grand-oncle durant les quatre-vingts années qui avaient séparé son retour à Bristol et sa mort.
Ce n'est que quelques semaines plus tard que je pris véritablement le temps d'explorer ce qu'elle renfermait. Cartes marines, lettres de marque, livres de bord, livres de comptes, factures et reçus retraçaient, en résumé, toute sa vie. J'y trouvai également plusieurs livres, des romans, des pamphlets de son époque ainsi que plusieurs carnets - remplis d'une écriture belle puis, au fil du temps, de plus en plus difficile à déchiffrer - dans lesquels Jim avait retranscrit une grande partie de ses aventures. C'est grâce à tout cela que je suis parvenu à reconstituer, autant que faire se pouvait, sa vie. Du moins telle qu'il a bien voulu nous la raconter...
Je me suis efforcé, çà et là, de replacer tous ces événements et leur évocation dans leur contexte. Je me suis aussi permis de corriger certaines erreurs dans les textes rédigés par mon oncle, mais sans en altérer le sens. J'ai également intégré quelques éléments se rapportant à cette période où il devint corsaire et qui figurent dans des carnets écrits bien plus tard. J'ai cependant laissé les passages où il raconte certains aspects de sa vie libertine, du moins quand il était encore jeune... Il apparaît aussi certains mystères dans les récits, des lacunes, des omissions, des noms qui semblent avoir été tronqués, volontairement, comme si le narrateur voulait protéger quelqu'un...
Il se peut que quelques maladresses subsistent dans ce qui va suivre, et vous voudrez bien m'en excuser. Dommage que mon illustre parent n'ait pas essayé de faire publier ses Mémoires de son vivant, cela lui aurait sûrement permis de finir ses jours dans de meilleures conditions !
Voici donc les souvenirs que Jim Hawkins nous a légués dans ses premiers carnets...
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