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Aimer... et mourir

Couverture du livre Aimer... et mourir

Auteur : Robert Lamblin

Date de saisie : 21/08/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Amalthée, Nantes, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-35027-681-6

GENCOD : 9782350276816

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  • La présentation de l'éditeur

Au bord de la Tamise, la paisible ville de Southland est en ébullition : à deux mois des élections municipales, le maire sortant a été abattu dans la propriété même de son rival !
L'inspecteur Peterson a fort à faire pour débrouiller l'écheveau de pistes où s'enchevêtrent écologistes acharnés, politiciens aux dents longues, rancunes personnelles, affairistes aux abois, blanchiment d'argent et magouilles immobilières. Une enquête qui en gêne plus d'un en haut lieu et qui fait la joie des journalistes à scandale.
D'autant qu'on y croise de près quatre superbes jeunes femmes dont les affaires de coeur ne facilitent guère les choses : une rousse incendiaire à l'ambition dévorante, une brunette à la sensualité débordante, une blonde diaphane aux yeux si innocents, et une danseuse de cabaret, l'ex-petite amie, comme par hasard, d'un dealer trouvé égorgé non loin de là, porteur du portefeuille du maire assassiné !
Une intrigue policière qui s'aventure dans le dédale du coeur humain.





  • Les premières lignes

Enjeux d'une élection

Ce matin-là, la ville de Southland était sens dessus dessous : elle venait d'apprendre l'assassinat de son maire. Or on était en pleine campagne électorale pour le renouvellement de son mandat.

George Smith était connu pour ses positions écologistes. Sa campagne précédente axée sur la sauvegarde de ce coin du Kent échappé à l'industrialisation qui encercle Londres lui avait attiré les suffrages non seulement des tenants d'un environnement naturel mais de certains conservateurs dont les superbes villas auraient été menacées.

La ville en effet s'ouvre à la fois sur l'estuaire de la Tamise, et à l'inté­rieur des terres sur toute une zone de marais qui s'étend jusqu'à Cliffe, véritable protection naturelle contre l'envahissement de la tentaculaire conurbation que composent Chatham, Rochester et Gillingham. Dans ce port tranquille de cinquante mille habitants, les échanges commerciaux et le tourisme vert faisaient affluer une manne jugée suffisante et, les terrains alentour étant rares, les propriétaires privilégiés dont les cottages jouissent d'une vue admirable sur la Tamise et d'une paix absolue due aux étendues sauvages avaient tout avantage à se défendre contre tout empiétement industriel.

Aussi la nouvelle campagne qui faisait rage depuis deux mois tournait-elle autour d'un point brûlant : les dizaines d'hectares marécageux en bordure du fleuve resteraient-ils inconstructibles ou seraient-ils reclassés en partie, comme le laissait entendre le maire sortant, en Zone d'habitation, alors que le candidat de l'opposition, William Burg, soutenait avec l'appui des hommes d'affaires que le temps était venu de rompre avec la sensibilité bucolique, et de revitaliser la région frappée par la crise postindustrielle, en y attirant des entreprises performantes et des capitaux étrangers.

Les «environnementalistes», menés par le maire adjoint Peter Bradley, criaient bien évidemment au scandale : toucher à la zone des Areas était s'attaquer à une Zone de Protection Spéciale classée d'intérêt national. Ils se battaient déjà pour contrer le projet d'un nouvel aéroport qu'on voulait établir sur les marais de Cliffe, arguant les accords de Ramsar pour la protection des oiseaux aquatiques et la directive 79/409 de la Communauté Européenne visant à sauvegarder les habitats naturels, la faune et la flore sauvages, ainsi que le paysage rural. Ce n'était pas pour laisser les environs de Southland être la proie des investisseurs en tout genre. Pour eux, il ne fallait toucher à rien.

Mais le maire sortant avait senti que se cramponner à ces positions, qui lui avaient valu d'être élu, n'était plus dans l'air du temps. Il voyait bien, dans l'exemple de l'aéroport, que les marécages intéressaient le Ministère de l'Aménagement du Territoire, à qui celui de l'Environnement ne trouvait rien à redire. S'engouffrant dans cette brèche, la communauté urbaine voisine de Dartford venait de lancer un projet similaire à celui de son opposant W. Burg, un projet dit par son maire «innovant, combinant une nouvelle approche de l'urbanisme, du quartier résidentiel et du développement durable». En outre, sur l'autre rive, à Newham, on parlait de créer une usine de dessalement des eaux saumâtres de la Tamise, grâce à une technique de pointe utilisée dans les Emirats et à Malte, dite de l'osmose inversée. Il en avait conclu qu'il fallait marcher avec son temps et, pour sa nouvelle campagne, avait incorporé à son programme, contre l'avis général de son conseil municipal, l'aménagement d'une zone résidentielle limitée. Il suffisait, disait-il, de veiller à respecter certaines normes de construction : mais la zone était inondable et réclamait des travaux qui, lui rétorquait-on, défigureraient le littoral.

Quant à Burg, il allait nettement plus loin. Il tenait prête l'installation d'une usine de pointe capable de fournir de l'énergie au bassin industriel avoisinant, énergie propre, soulignait-il, tirée d'un nouveau procédé mettant en jeu uranium et fission de l'hydrogène. Mais l'emplacement qui s'imposait, car il avait l'avantage de satisfaire aux besoins d'eau de l'usine et d'offrir des communications aisées avec Londres, se trouvait être, naturellement, le même que celui visé par le maire.
Avec lui ce n'étaient plus un ou deux hectares, mais dix kilomètres de berges, qui seraient remodelés, car ce projet audacieux se conjuguerait avec une première tranche d'assèchement des marais sur lesquels on gagnerait une zone d'extension que se partageraient les sociétés commerciales et d'heureuses résidences privées selon le souhait même du maire actuel. Il faisait aussi valoir, non sans raison, que d'autres consortiums seraient immanquablement attirés, comme le montraient les négociations très avancées que menait son ami, le banquier Michael Brown, auprès d'un groupe nippon et de plusieurs émirats.
Au total, concluait-il avec emphase : sans compter les retombées positives de son projet sur la Bourse, c'étaient tout le bassin portuaire de la Tamise et le trafic fluvial vers la capitale qui en seraient dynamisés; c'étaient tout le comté du Kent et l'entrée même de Londres qui y gagneraient une image digne du troisième millénaire.


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