Auteur : Denise Van Bignoot
Date de saisie : 31/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Odin, Nantes, France
Collection : Enigme
Prix : 23.50 € / 154.15 F
ISBN : 978-2-913167-59-9
GENCOD : 9782913167599
Sorti le : 27/06/2007
En couchant sur le papier mon premier livre, j'étais loin de me douter qu'il allait remporter du succès. J'ai toujours aimé écrire à mes amis pour donner de mes nouvelles, et très souvent, ils me répondaient avec les mots «Ta lettre m'a beaucoup plu : avec ta façon de raconter les choses, tu devrais écrire des livres !». Etant pour une grande partie autodidacte, je n'avais jamais pris ce commentaire au sérieux, jusqu'au jour où - je ne sais toujours pas comment c'est arrivé - je pris la décision d'écrire sur ce que je connaissais le mieux : Rome. Rome n'est pas seulement une grande aventure historique ou le plus grand musée du monde gratuit à ciel ouvert, elle est aussi ma passion individuelle. Mais je voulais avant tout écrire ce roman à la mémoire de Papa qui venait de nous quitter et que j'aimais énormément, et sûrement pas avec l'objectif de voir mon livre publié. J'ai cependant reçu une réponse positive et rapide de la part des éditions Odin. J'avoue que c'est agréable de se retrouver dans une structure à la taille humaine où l'interactivité est simplifiée. Et puis, j'apprécie cette relation passionnée à l'écrit sans calcul de rentabilité d'emblée. Le hasard a également voulu que je rencontre un réalisateur qui, bien que je fusse seulement à un tiers du récit, était déjà preneur pour en faire une version télévisuelle ou cinématographique. Rien que ça ! Le récit, écrit à la première personne du singulier, n'est pas biographique même s'il y a parfois du «cousu-main» en arrière-plan. Beaucoup de mes personnages existent, d'autres sont des purs produits de mon imagination, bien que conçus sur l'archétype du Romain même : élégant, charmeur et cultivé. L'héroïne, quant à elle, me ressemble. Jusqu'à quel point ? Difficile à dire...
L'histoire ? Une antique fibule romaine semble être la pierre d'angle d'un terrible complot dirigé contre le Vatican et l'Eglise catholique en général. Un couple d'archéologues est entraîné dans cette sombre histoire où des ecclésiastiques sont assassinés, et qui échappe complètement aux autorités. Faisant eux-mêmes l'objet de menaces et afin de prouver leur innocence, ils seront amenés à parcourir la Ville Eternelle et enquêter de leur propre chef. Ce qu'ils vont découvrir est toutefois encore plus terrifiant : le complot visant l'Eglise n'est que la partie visible de l'iceberg ! Si vous aimez les thrillers, ce livre est fait sur mesure pour vous. Il n'est pas seulement un roman à suspense contemporain qui prend ses origines dans l'Antiquité, mais constitue également une enquête fidèle aux faits historiques et scientifiques. Sa lecture enchantera également tous les passionnés d'histoire et de patrimoine à qui ces pages apporteront, en outre, de surprenantes révélations. Fiction ? Rien n'est moins sûr ! La science d'aujourd'hui permet de réaliser des prouesses tenues pour utopiques seulement hier. En outre, les gens aiment, par le biais de la fiction, se sentir enrichi en connaissances. Divertissement et enrichissement culturel à la fois, je crois sincèrement qu'il y a un vrai public pour ça.
Bonne lecture donc à tous !
Très cordialement.
Denise Van Bignoot
Une antique fibule romaine semble être la pierre d'angle d'un terrible complot dirigé contre l'Église catholique. Un couple d'archéologues sera entraîné, bien malgré lui, dans cette sombre histoire où des ecclésiastiques sont assassinés et qui échappe complètement au contrôle des autorités. Faisant eux-mêmes l'objet de menaces, et afin de prouver leur innocence, les amis seront amenés à parcourir la ville éternelle pour enquêter de leur propre chef. Ce qu'ils vont découvrir est toutefois encore plus terrifiant : le complot visant l'Église n'est que la partie visible de l'iceberg !
Rome, coulisses parfaites au service de cette intrigue captivante où les archéologues vont naviguer entre la ville antique et la ville moderne, entre la grande et la petite histoire, pour découvrir, en allant de surprise en surprise, les origines et la motivation de la machination machiavélique qui tient la ville en haleine. Une plongé dans les sombres abysses de l'occulte et de L'Eglise catholique.
Denise Van Bignoot est née en 1955 à Gand. Elle étudie le commerce à l'Institut Technique de Commerce de Gand mais, plurilingue, elle n'attend pas son diplôme pour devenir secrétaire d'une importante société d'importation de matériel électrotechnique. Résidant à Cannes depuis 1976, elle est une grande amoureuse de Rome, coulisses parfaites pour cette intrigue captivante et très bien ficelée. D'une main de maître, cette femme étonnante nous plonge à corps perdu dans un thriller haletant, particulièrement fouillé et documenté, où deux archéologues naviguent entre la Rome antique et la Rome moderne, entre la grande et la petite Histoire, avec une série d'incidents mystérieux et déroutants où les meurtres se multiplient, et où Rome devient un théâtre sanglant. Ils vont découvrir, en allant de surprise en coup de théâtre, une machination machiavélique qui pèse non seulement sur la Ville Eternelle, mais sur le monde entier. De trahisons en revirement de situation, le plan machiavélique mis sur pied par des pseudo-descendants d'une Confrérie archaïque ne laissera pas indemnes nos amis. Ballotés entre le bon sens de la légalité et l'instinct de conservation qui les confine dans la marginalité, ils devront payer le prix fort pour rester à la table de jeu. Le je de piste continue, implacable, jusqu'à la confrontation finale entre l'héroïne et le Grand Maître des Arvales, pour qui l'Antiquité n'est pas morte, tout juste assoupie !
Extrait du prologue :
Ante Diem Quartum Kalendas Junias, soit le 29 mai, l'an II de notre ère, ou la 763""1 année de la fondation de Rome, sous le consulat de Marcus Aemilius Lepidus et de Titus Statilius Taurus.
Le soleil ne s'était pas encore levé et des éclairs aveuglants zébraient le ciel de plomb au-dessus de Rome, alors que des coups de tonnerre fracassants déchiraient le firmament. Drapé dans sa gloire discrète et dans sa fatigue, le vieil homme éprouvait une terreur maladive à l'égard de ces manifestations violentes de la nature, issues de la colère des dieux. Aussi, pour s'en préserver, emportait-il toujours, et clans tous ses déplacements, une peau de veau marin. La moindre menace d'orage le faisait se terrer, seul, dans une pièce obscure. Pourtant, il avait toujours fait preuve d'une rare sensibilité religieuse qui s'était traduite par un cumul assez singulier de sacerdoces. Caïus Octavianus n'avait que seize ans lorsque son oncle et futur père adoptif Iulius le nomma Pontife. Cinq années plus tard, il était Augure, fonction pour laquelle il avait une prédilection. Il apparaissait sur monnaies, intailles et camées, notamment la Gemma Augustea de Vienne, tête voilée et tenant de la main droite un lituus, bâton augurai recourbé sans noeud. Après, il devint Quindecimvir chargé des cérémonies sacrées, puis Fécial et, comme tel, déclara la guerre à Cléopâtre. Auguste avait reçu par décret le droit de nommer tous les prêtres. En l'an 22, devenu premier empereur de Rome depuis cinq années, il était frère Arvale et sodale Titien dont il avait réorganisé les deux collèges à cette même époque. Puis, encore vers 17, il était devenu Septemvir épulon et enfin en l'an 12, il devint Grand Pontife. En quoi avait-il offensé les dieux... ?
Une fin d'été, deux années avant qu 'il ne devienne empereur, la foudre s 'était déchaînée et était tombée sur sa maison du Palatin. S'il avait été présent à l'époque, il aurait dès ce moment conçu la terreur qu'elle lui inspira plus tard. Absent de Rome, il avait interprété cet épisode comme un signe des dieux, augurant son avenir. Il avait aussitôt fait consacrer un temple, dans le marbre le plus précieux, à Apollon, sur l'emplacement que la foudre avait sacralisé, que ce dieu, d'après la réponse des haruspices, aurait réclamé. Le temple était au centre d'une place, entouré d'un portique aux cinquante statues des Danaïdes. Il affectait alors une attirance particulière pour cette divinité qui reçut ainsi un hommage digne de Jupiter lui-même.
Quelques années plus tard, il avait consacré un temple à Jupiter Tonnant, parce que la foudre l'avait épargné, durant une marche de nuit, lors de sa campagne contre les Cantabres en Espagne. Au cours d'une tempête identique à celle qui faisait rage aujourd'hui, la foudre avait effleuré sa litière et tué sur le coup l'esclave qui la précédait avec un flambeau. Il ne devait plus jamais se délivrer de cette peur. L'initiation aux mystères du pythagorisme que ses maîtres lui avaient dispensée dans sa jeunesse, ne l'avait pas aidé à vaincre son effroi. Il restait ainsi, recroquevillé derrière sa table de travail, dans la petite pièce qui lui servait de bureau et dont les murs peints en rouge affichaient des masques grimaçants de théâtre, à revivre cette nuit fatidique.
Ses pensées furent interrompues brusquement et il sursauta en voyant apparaître dans l'embrasure de la porte, à côté d'un candélabre de bronze ouvragé, un centurion en grand apparat. De toute évidence, à l'occasion des Arvalia, l'officier avait dû passer une bonne partie de la nuit à s'occuper de brosser le cimier, coiffe en plumes d'autruche de son casque, et de briquer son pectoral. Il avait aussi huilé les lanières en cuir de sa ceinture, cloutées de soleils dorés, qui brillaient de mille feux sur le rouge flamboyant de sa tunique. Il était tout simplement étincelant, et faisait honneur à son rang. Il plia le bras droit et tapa, poing fermé, sur sa cuirasse rutilante, à l'endroit du coeur, en guise de salut à l'empereur.
- César, ta litière t'attend !
- Je viens dans peu de temps, Sextius. Les autres couches sont-elles prêtes pour l'impératrice et la Cour ?
- Oui, César !
- Bien. Tu peux te retirer.
Le centurion salua et prit congé aussi silencieux qu'il était apparu. Dehors, l'orage avait redoublé d'intensité et on entendait le crépitement de la pluie sur les terrasses de la somptueuse demeure.
Auguste se leva avec un grand soupir et s'appuya des deux mains sur sa table, où des missives, sous forme de rouleaux, provenant de tous les coins de l'empire, étaient entassées dans l attente d'être traitées, avant d'être rangées dans des cylindres de cuir, et remisées dans le meuble en bois précieux de cèdre qui occupait un mur entier, et dont les alvéoles débordaient déjà de rouleaux identiques. Dehors, l'orage ne faiblissait pas. Pourquoi, justement aujourd'hui, devait-il remplir sa tâche de Grand Pontife et assister aux sacrifices avec les arvales ? Il avait soixante-treize ans, il était fatigué par quarante-trois années de gouvernement et las de ses charges d'empereur, comme de celles de Pontifex. Son oeuvre très grande de reconstruction et de réorganisation, travaux intéressant toutes les branches du vaste empire, avaient abouti à la nouvelle Pax Romana. Et s'il pouvait se féliciter à bon droit d'avoir laissé de marbre une ville qu'il avait trouvée de pierre, il lui revinrent à l'esprit certains vers que Virgile avait écrits pour lui dans l'Enéide : (...)
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