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Echafaudages

Couverture du livre Echafaudages

Auteur : Luc Girerd

Date de saisie : 09/07/2007

Genre : Théâtre

Editeur : Ed. de l'Oeil du prince, Paris, France

Prix : 11.50 € / 75.44 F

ISBN : 2-35105-031-2

GENCOD : 9782351050316

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  • La présentation de l'éditeur

Six personnages se croisent sur le chantier d'un couvent réhabilité en foyer de jeunes. Du député au chef des travaux, du syndicaliste à l'artiste peintre, de l'étudiante à la cadre supérieure, tous ont des rêves qui vont se heurter à la réalité des ambitions personnelles.





  • Les premières lignes

Un chantier intérieur. Un échafaudage de trois mètres de hauteur est dressé. Des matelas neufs sont entreposés, recouverts de bâches en plastique. Deux matelas sont posés sur le sol, avec des oreillers et une couverture. Sur ce lit improvisé, Jeanne et Matthieu. On devine qu'ils viennent de faire l'amour.

MATTHIEU - Je t'aime.
JEANNE - Il est quelle heure ? Matthieu - Sept heures.
JEANNE - Il faut que je parte. (Elle se lève et s'habille.)
MATTHIEU - Tu me fuis ?
JEANNE - Je me dépêche, c'est différent.
MATTHIEU - Peut-être pas. Tu m'aimes ?
JEANNE - Je suis interne en gynécologie-obstétrique. Ma spécialité, ce sont les tuyaux, pas les sentiments.
MATTHIEU - Essaye la psychologie, pour une fois... (Jeanne l'embrasse.) Tu vas au bloc aujourd'hui ?
JEANNE - Une ablation de l'utérus. J'assiste Balmadi.
MATTHIEU - Je ne comprends pas comment tu arrives à supporter toute cette viande.
JEANNE - Tu supportes bien la mienne...
MATTHIEU - Toi, c'est différent : ce sont des morceaux de luxe. (Il la tire vers le lit.)
JEANNE (se dérobant) - Tes collègues vont arriver.
MATTHIEU - Evite ce mot, s'il te plaît. C'est déjà assez pénible de jouer à l'ouvrier sans se faire polluer par du vocabulaire.
JEANNE - «Collègues» te pollue donc ?
MATTHIEU - Oui. Comme cet endroit. Comme ce boulot.
JEANNE - Moi, j'aime bien. Passer des nuits dans ce ebantier, c'est excitant. Froid, mais excitant.
MATTHIEU - Profites-en. Dans un mois, j'ai terminé mon contrat. Je ne sais pas où j'irai vivre.
JEANNE - Pas chez mes parents, je te le rappelle.
MATTHIEU - Je sais. Je ne suis pas à la hauteur de leurs ambitions.
JEANNE - Reprends tes études si tu tiens à moi.
MATTHIEU - Tu es cruelle.
JEANNE - Exact. C'est même pour ça que je te fais bander.
MATTHIEU - Jeanne !
JEANNE - Tu es mignon quand tu rougis... (Elle met son munteau.) Adieu.
MATTHIEU - Ne dis pas ce mot-là non plus.
JEANNE - C'était pour rire.
MATTHIEU - L'amour n'est pas une chose amusante. Depuis le temps, ça se saurait.


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