Auteur : Christian Laborde
Illustrateur : Alain Bouldouyre
Date de saisie : 16/07/2007
Genre : Dictionnaires, encyclopédies
Editeur : Plon, Paris, France
Collection : Dictionnaire amoureux
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-259-20433-0
GENCOD : 9782259204330
Sorti le : 07/06/2007
La défaillance de Floyd Landis dans la montée vers La Toussuire; l'élégance de Miguel Indurain; la chevauchée de Gaul dans la Chartreuse : la glace à la vanille dégustée par Federico Bahamontes clans le col de Romeyère; la fourche brisée d'Eugène Christophe; la chute de Luis Ocana dans le col du Menté; les larmes de René Vietto; Fausta Coppi et Gino Bartali escaladant ensemble le col d'Aubisque : l'épaule de Raymond Poulidor touchant l'épaule de Jacques Anquetil dans le puy de Dôme; Eddy Merckx s'emparant à Mourenx de tous les maillots; les bidons, les klaxons, les musettes, les échappées; Lance Armstrong faisant du rodéo dans les Alpes : le Tour de France vit dans ce Dictionnaire amoureux.
La précision et le lyrisme, le récit et la poésie, l'information et l'humour se disputent à chaque entrée le maillot jaune. Cet ouvrage fait briller d'un éclat neuf l'épopée du Tour de France.
Poète, romancier, pamphlétaire, auteur du best-seller L'Os de Dionysos, Christian Laborde est le chantre des Géants de la route. Il a publié récemment Pension Karlipah chez Plon.
Au sein de ce catalogue à la Prévert, la verve bienfaitrice du fin observateur se marie à tout ce qu'il a emmagasiné sur les exploits, les drames et des centaines d'anecdotes ressuscités par magie. Ceux qui farfouillent les poubelles des maillots jaunes recueillent des amabilités estampillées Laborde ; l'auteur ne supporte pas le journalisme qui traque les cyclistes et ferme les yeux sur le dopage dans les autres disciplines. Munissez-vous d'urgence de cet abécédaire qui fait voyager sur place.
Abdoujaparov (Djamolidine)
Djamolidine Abdoujaparov, d'Alfa Lum, de la Carrera-Tassoni Soda, est le nom le plus long jamais inscrit sur un dossard, un alphabet à lui tout seul.
Djamolidine est ouzbek et ses cuisses semblent deux sacs de frappe. On en trouve rarement d'identiques, hormis sur le tapis olympique où la barre chromée, chargée de disques, attend l'haltérophile, également au flanc brûlant des locomotives lancées à fond la caisse dans les forêts froides. Comme Learco Guerra est «la Locomotive de Mantoue» et Ercole Baldini celle «de Forti», Djamolidine est «l'Express de Tachkent». Seuls les coureurs ultra puissants, les insatiables dévoreurs d'asphalte se voient attribuer un surnom venu du pays des rails. Tout est injection, compression, pistons chez ces champions qui, à 500 mètres de la ligne, parviennent à jaillir d'un peloton qui roule à fond les ballons. Djamolidine gicle plein pot au milieu de la chaussée ou au ras des barrières et, après avoir lancé son vélo, bat d'un boyau, le mardi 9 juillet 1991, Olaf Ludwig, cheval de fer lui aussi venu de l'Est.
Adoration (acte d')
C'est le titre qu'Henri Desgrange, fondateur du Tour de France, donne à son papier paru dans L'Auto, le lendemain de l'escalade du Galibier par Emile Georget en 1911 :
«Aujourd'hui mes frères, nous nous réunirons, si vous le voulez bien, dans cette commune et pieuse pensée à l'adresse de la divine bicyclette. Nous lui dirons toute notre piété et reconnaissance pour les ineffables et précieuses joies qu'elle veut bien nous dispenser ; pour les souvenirs dont elle a peuplé déjà nos mémoires sportives, et pour ce qu'elle a rendu possible aujourd'hui. Pour moi je l'aime de m'avoir fait l'âme capable de la comprendre ; je l'aime de m'avoir pris le coeur avec ses rayons, d'avoir encerclé une partie de ma vie dans son cadre harmonieux, et de m'illuminer encore sans cesse de l'éclat victorieux de ses nickels.»
La Petite Reine louée, Desgrange célèbre, dans le même papier, la victoire au sommet du Géant des Alpes, Emile Georget, sur sa bicyclette La Française : «Notre route s'ouvre à peine entre deux murailles de neige, route écorchée, cahoteuse depuis le bas. Il fait, là-haut, un froid de canard, et, lorsque Georget passe, après avoir mis son pied vainqueur sur la tête du monstre, lorsqu'il passe près de nous, sale, la moustache pleine de morve et des nourritures du dernier contrôle, et le maillot sali des pourritures du dernier ruisseau, où, en nage, il s'est vautré, il nous jette affreux, mais auguste : "Ça vous en bouche un coin !"»
Plus drôle, moins exalté, Emile Georget confie aux reporters : «Ceux qui ont creusé le tunnel au sommet du col auraient pu l'ouvrir en bas ! Il serait un peu plus long sans doute, mais cela nous aurait épargné un martyr. Entre le tunnel du métro et le sommet du Galibier, eh bien, je préfère encore le métro.»
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