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Un jour, des choses terribles...

Couverture du livre Un jour, des choses terribles...

Auteur : Laurent Botti

Date de saisie : 10/01/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : XO, Paris, France

Prix : 19.90 € / 130.54 F

ISBN : 978-2-84563-237-0

GENCOD : 9782845632370

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

D'abord, la brume. Tenace, envahissante, faisant disparaître tous les repères familiers.
Ensuite la première mort. Naturelle... quoi que.
Et puis ces enfants dont les jeux sont loin d'être innocents.
À Laville-Saint-Jour, tout est bientôt prêt pour que ça commence.

N'oubliez pas :
Un jour, des choses terribles arriveront ; et ce jour-là, plus rien, jamais, ne sera comme avant.

Après Pleine Brume, vendu à plus de 100 000 exemplaires, Laurent Botti revient à Laville-Saint-Jour avec un thriller à l'ambiance sombre et inquiétante, qui tient en haleine jusqu'aux derniers mots.





  • La revue de presse - Paris-Match du 10 janvier 2008

On peut dire que Laurent Botti ne donne pas dans la légèreté avec ce thriller fantastique où le Mal semble incarné. C'est justement cet excès d'horreur suggérée qui en fait le charme vénéneux. L'intrigue ne faiblit jamais, et les personnages ont tous une personnalité fouillée et un lourd passé. Mais la plus grande réussite de ce roman, c'est la peinture du village lui-même. Un lieu à l'atmosphère surnaturelle, au confluent entre deux mondes. C'est contre Laville-Saint-Jour, le personnage principal de ce cauchemar et peut-être même «l'assassin» de l'histoire, que le commissaire doit se battre. Bertegui finit par perdre tout repère, et on suit, effrayé, fasciné, les méandres de cette aventure au bout de la nuit.



  • Les premières lignes

On l'appela pour lui signaler le corps un matin que l'on ne peut pas oublier : celui des premières brumes.
Elles étaient tombées pendant cette nuit de début octobre, volutes transparentes, souffles suaves dans l'air pâle, car telle est la règle à Laville-Saint-Jour : le brouillard des premiers jours est vaporeux comme une rosée, vole avec la légèreté d'une plume.
Il était en train de le découvrir, posté devant la fenêtre du salon, son corps trapu sanglé dans un peignoir trop court, ses pieds glissés dans des tongs, cette drôle de phrase à l'esprit : Cette fois pas de doute, nous sommes Villois...
C'était une évidence qui aurait dû s'imposer bien avant à Claudio Bertegui, depuis cinq mois qu'ils avaient pris possession, avec sa femme Meryl et sa fille Jenny, de cette mignonne petite maison; depuis, aussi, que lui-même était entré en fonction à Laville-Saint-Jour : commissaire Bertegui. Mais ces cinq mois n'avaient apparemment pas suffi. Arrivés à la mi-mai, ils avaient traversé la fin du printemps, puis l'été, sous un ciel radieux ; et lui avec l'impression, parfaitement irrationnelle, qu'ils étaient des touristes, des visiteurs... Que tout ça - dénomination assez floue dans laquelle il jetait, pêle-mêle : la proposition de venir s'installer ici, qu'il avait d'abord énergiquement refusée, l'alerte cardiaque qui avait suivi dix jours plus tard, les suppliques de sa femme Meryl de ralentir le rythme, de changer de vie... - l'impression, donc, que tout ça n'était qu'une affaire transitoire. Un sale contretemps qui allait tôt ou tard se terminer.
Évidemment, il s'était trompé. Et à présent, il comprenait mieux les raisons de ce sentiment inexplicable : durant tous ces derniers mois, il avait manqué la brume. Car Laville-Saint-Jour n'est vraiment elle-même qu'enveloppée dans le brouillard qui compose sa légende.
La brochure du syndicat d'initiative bourguignon lui revint soudain en mémoire : Laville-Saint-Jour, le joyau gothique dans un nid de verdure. Elle évoquait l'architecture gothique unique, la qualité de vie mais aussi le climat particulier induit par sa disposition géographique (la ville est ceinturée par des plateaux assez élevés pour la région) : d'octobre à fin mars, parfois même dès avant, à la fin de l'été, une brume persistante stagne au-dessus de la ville...
Le commissaire Bertegui était là, donc, pensif, à suivre des yeux les ondulations blêmes et transparentes qui veloutaient le jardinet, autour de la balançoire rouge de sa fille, du grand chêne à l'ombre duquel ils avaient dressé une table, quand le téléphone qui ne le quittait jamais vibra dans la poche de son peignoir. En maugréant, il vérifia le nom qui s'affichait à l'écran. Il grimaça : aucune raison que Clément l'appelât aussi tôt. Aucune, sinon une mauvaise, évidemment.
Il prit l'appel.
- Oui, Clément ?
- On a un mort sur les bras. Enfin, une morte.
- Homicide ? demanda-t-il.
- Je ne sais pas trop. Homicide, je ne sais pas trop.
Le commandant Bertegui se tut, attendant les explications. Depuis son arrivée, il commençait à connaître les caractéristiques de chacun. Le lieutenant Clément, un grand blond filiforme affublé de deux énormes feuilles roses là où les gens ont normalement des oreilles, était plutôt à ranger dans la catégorie «bon flic mais lent à la détente, rare au verbe». Un émotif à ne pas brusquer.
- Ça ressemble pas trop à un homicide, lâcha finalement le lieutenant, plutôt à une crise cardiaque mais... Je voudrais que vous veniez voir avant de décider de classer l'affaire.
Bertegui fronça les sourcils et faillit demander à son lieutenant : c'est une manie ?


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