Auteur : Stig Dagerman
Traducteur : Elisabeth Backlund
Date de saisie : 04/07/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Agone éditeur, Marseille, France
Collection : Marginales
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-7489-0067-5
GENCOD : 9782748900675
Sorti le : 16/03/2007
C'était silencieux dans la maison de grand-mère.
Le petit garçon se glissait d'une pièce à l'autre. Il cherchait le silence. Le petit garçon poussait une porte, puis une autre, et écoutait. Les portes étaient lourdes et les seuils étaient hauts et dorés. Lui était petit et pas très rassuré. Dans sa poitrine, son coeur tictaquait comme une pendule affolée. Il se tenait maintenant sur le dernier seuil et, cette fois, il ferma les yeux. Il tourna la tête et tendit l'oreille vers la chambre pour écouter si c'était là que le silence était assis.
Il entendait tant de choses. Il entendait un gros bateau rouler sur la mer au milieu des mugissements de la tempête. Il entendait une petite fille qui pleurait parce qu'elle était morte, et qu'on ne pouvait pas voir, car elle était enterrée sous les fleurs. Il entendait aussi les bottes de grand-père aller et venir dans la pièce en faisant craquer les larges lames du parquet. Mais le silence, il ne l'entendait pas.
Abandonné par sa mère à la naissance, Stig Dagerman (1923-1954) a grandi chez ses grands-parents, paysans pauvres de la province suédoise de l'Uppland. Son oeuvre littéraire - notamment L'Enfant brûlé (Gallimard, 1981) et L'Ile des condamnés (Agone, 2000) - accompagne une vie de militant anarcho-syndicaliste et une importante production journalistique - dont Automne allemand (Actes Sud, 2004) et La Dictature du chagrin (Agone, 2001).
Les courts récits de Dagerman racontent des histoires dégraissées de tout pathos. La phrase est sèche, comme pour aller au plus près de l'infortune, de l'injustice, du désespoir. Les personnages ne sont pas des héros, mais des individus que le destin assaille et blesse. Dagerman capte les riens obscurs et les infinis lumineux de ces existences au bord de l'oubli. Il lui suffit de peu de choses - une lettre, des carottes, un pull... - pour sonder les failles des uns et des autres. Il va par petites touches, donne à sa narration un réalisme inquiétant.
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