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Dix mille litres d'horreur pure : modeste contribution à une sous-culture : roman didactique

Couverture du livre Dix mille litres d'horreur pure : modeste contribution à une sous-culture : roman didactique

Auteur : Thomas Gunzig

Illustrateur : Blanquet

Date de saisie : 18/10/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Au diable Vauvert, Vauvert, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-84626-145-6

GENCOD : 9782846261456

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Cinq étudiants partent en week-end dans un chalet perdu au bord d'un lac pour se détendre après leurs examens. À la nuit tombée, ils aperçoivent une ombre qui les observe en lisière de la forêt. Le cauchemar va commencer...

DANS LA PLUS PARFAITE TRADITION DES SLASHERS, THOMAS GUNZIG REND UN HOMMAGE PLEIN D'HUMOUR À UNE SOUS-CULTURE POUR LUI FONDATRICE, DANS UN ROMAN CODÉ OÙ TOUT EST RÉFÉRENCE, DU PLUS SURRÉALISTE AU PLUS GORE.

Auteur de nombreux recueils de nouvelles et romans, Thomas Gunzig est né en 197 Bruxelles. Il est lauréat du prix Victor Rossel pour son premier roman, Mort d'un parfait bilingue, du Prix des Editeurs pour son recueil Le Plus Petit Zoo du monde et est finaliste du Prix de Flore en 2005 pour son second roman Kuru, tous parus au Diable vauvert. Ses livres sont traduits dans le monde entier.





  • La revue de presse Guillaume Chérel - Le Point du 18 octobre 2007

Il est, surtout, un sacré raconteur d'histoires. Ses récits commencent, comme chez Stephen King, avec des personnages qui nous ressemblent... Des couples qui ne s'aiment pas vraiment, des puceaux complexés, des copains qui tuent le temps, avant de se tuer tout court. Allez, ne cherchez plus : ce goût amer dans la bouche, c'est tout simplement celui du sang. Pourléchez-vous les babines !



  • Les premières lignes

Patrice

Patrice attendait déjà depuis près d'une demi-heure quand les autres finirent par arriver. Patrice, cette demi-heure d'attente sur le parking, devant le vieux monospace Toyota fermé à clé, ça l'avait mis de mauvaise humeur et, quand les autres étaient arrivés, il avait eu envie de faire une remarque cinglante pour leur faire comprendre qu'il comptait pour quelque chose, qu'il n'était pas la «cinquième roue du carrosse» et qu'après tout c'était par sa tante qu'il avait eu le bungalow gratos. Mais Patrice devait pisser. Il devait tellement pisser que ça lui faisait mal. Alors, juste avant que les autres n'arrivent, il avait jeté un coup d'oeil au parking désert, il s'était dit que c'était fou comme une université pouvait avoir l'air morte un 1er juillet, et il avait pissé contre la roue du monospace.
Les autres étaient arrivés à ce moment : Kathy, Ivana, JC et Marc. C'était Kathy qui l'avait vu :
- Hééééé ! Y a Patrice qui pisse sur ta voiture ! JC, ce connard de futur kiné, s'était mis à hurler sur Patrice.
- Merde, t'es vraiment un gosse, tu peux pas te retenir dix minutes ! C'est dégueulasse, ça va sentir pendant tout le trajet.
Patrice avait vainement tenté de trouver quelque chose à dire. Il avait ouvert et fermé la bouche mais, à part un soupir souffreteux, aucun son n'en était sorti.
- Bon, ça va, c'est rien, on s'en fout. Avait dit Ivana.
Patrice s'était demandé si elle prenait sa défense parce qu'elle l'aimait bien ou parce qu'elle était en deuxième année de droit et que c'était une façon de s'entraîner à plaider. Patrice s'était dit que ce devait être la seconde solution : comment une fille comme Ivana pouvait-elle bien l'aimer ou simplement avoir envie de prendre sa défense ? Il était petit, il n'était pas vraiment gros, mais il était mal fichu, il portait des lunettes qui faisaient penser à celles du général Jaruzelski mais n'osait pas changer de modèle de crainte d'empirer les choses et, en plus, il faisait des études qui ne présentaient, aux yeux des filles, aucun intérêt particulier : la chimie. Pour une fille comme Kathy, la chimie c'était la science des bigleux en tablier, la science des produits qui sentent mauvais et qui piquent les yeux. Il aurait pu lui parler de la magie de l'électrolyse pendant des heures, ça n'aurait eu pour effet que de l'endormir.
Bref, Patrice n'avait fait aucune remarque. Il s'était tu. Il avait encaissé les remarques comme si c'était sa vocation de petit gros à lunettes.
- Alors, on y va ? Avait dit Kathy. Avec sa voix qu'un ingénieur du son pervers semblait avoir poussée dans les aigus.
Patrice ne la supportait pas. Elle était jolie. Très jolie. L'archétype de la jeune blonde de magazine. Elle était déjà en troisième année de psychologie et elle se prenait pour l'héritière de Freud mais elle avait autant de sensibilité qu'un tapir. C'était évident que son diplôme n'allait lui servir qu'à devenir «directrice des ressources humaines» dans une putain de boîte de pub. Une conne en tailleur qui allait faire chier son monde à longueur de semaine.
JC avait ouvert les portières et le coffre et s'était mis derrière le volant pendant que tout le monde s'installait. C'était bien lui ça, beau gars individualiste, gamin élevé dans les valeurs égoïstes d'une grande famille d'industriels, idolâtré par sa maman, programmé par son père pour être un «gagnant», champion junior de squash, toutes les filles à ses pieds et un avenir sans nuages de oisif qui s'ouvrait à lui. À côté de lui, Patrice se sentait nul et plus que nul : avec son physique, avec ses parents épiciers en faillite, avec son bête job dans la grande surface... Et au fond de lui, Patrice avait très envie de pouvoir coucher avec une fille comme Kathy. Il détestait ce désir qui lui nouait le ventre, mais il n'y pouvait rien. C'était comme ça. Il avait envie de cette tarte.


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