Auteur : Harlan Coben
Traducteur : Paul Bénita
Date de saisie : 18/09/2007
Genre : Policiers
Editeur : Fleuve noir, Paris, France
Collection : Thriller
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-265-07674-7
GENCOD : 9782265076747
Sorti le : 13/09/2007
A priori Myron Bolitar n'a aucune envie de jouer les baby-sitters auprès de Brenda Slaughter, sublime jeune espoir du basket féminin menacée par des coups de fil anonymes. Mais ni le charme électrique de Brenda, ni sa terrible histoire ne laissent Myron indifférent : elle n'avait que cinq ans quand sa mère a mystérieusement disparu, et voilà que son père Horace se volatilise à son tour...
Une belle femme en péril et un vieil ami disparu Horace a en effet joué un rôle décisif dans la carrière de Myron -, il n'en faut pas plus pour que l'agent sportif se lance dans l'enquête, le jugement peut-être un brin altéré par ses sentiments. Mais l'entreprise s'avère délicate : la destinée de la famille Slaughter est inextricablement liée à celle de la dynastie Bradford, et personne ne se risquerait à évoquer ce qui s'est passé vingt ans plus tôt dans le manoir où la mère de Brenda était employée. Encore moins au moment où Arthur Bradford se présente au poste de gouverneur. Personne... À part les morts eux-mêmes...
Harlan Coben est ne dans le New Jersey, où il vit avec sa femme et leurs quatre enfants. Il est le premier auteur à avoir reçu l'Edgar Award, le Shamus Award et l'Anthony Award, trois prix majeurs de la littérature policière aux États-Unis.
30 août
Myron baissa les épaules et la voix.
- Je ne suis pas baby-sitter. Je suis agent sportif. Norm Zuckerman sembla peiné.
- Tu me la joues Bêla Lugosi ?
- Non, Eléphant Man.
- Ah, j'ai peur. Mais qui a parlé de baby-sitter ? Est-ce que tu m'as entendu prononcer les mots baby-sitter ou baby-sitting ? Ou n'importe quelle forme approchante du mot baby ? Ai-je même parlé de nounou ou de couches-culottes ? Ai-je employé un quelconque synonyme, la moindre métonymie... ?
Myron leva la main.
- Ça va, Norm, j'ai compris.
Ils étaient assis sous un poteau de basket du Madison Square Garden dans deux de ces fauteuils de metteurs en scène avec le nom de la star brodé sur le dossier. Leurs sièges étaient si hauts perchés que le filet du panier leur chatouillait le crâne. Une séance photo avait lieu sur une moitié de terrain. Fatras de parapluies à lumière, de femmes-enfants squelettiques, de trépieds et d'affolés qui vociféraient. Myron était persuadé que quelqu'un finirait bien par le prendre pour un modèle. C'est cruel, parfois, l'espoir.
- Une jeune femme est peut-être en danger, dit Norm. J'ai besoin de ton aide.
Norm Zuckerman avait la soixantaine bien tassée. Il dirigeait Zoom, un conglomérat hypertrophié d'articles de sport, et possédait plus de fric que Donald Trump et Picsou réunis. Ce qui ne l'empêchait pas de ressembler à un beatnick en plein mauvais trip à l'acide. Le rétro, avait-il expliqué un peu plus tôt, déferlait et Norm n'avait pas raté la vague avec son poncho psychédélique, son pantalon treillis, ses colliers ethniques et son signe de la paix en boucle d'oreilles. Cool, mec. Sa barbe grisâtre était assez fournie pour abriter un nid de larves et sa chevelure récemment bouclée sortait tout droit d'une production fauchée de Hair.
Che Guevara ressuscité.
- T'as pas besoin de moi, dit Myron. T'as besoin d'un garde du corps.
Norm balaya l'objection.
- Trop évident.
- Quoi ?
- Elle n'acceptera jamais. Écoute, Myron, qu'est-ce que tu sais à propos de Brenda Slaughter ?
- Pas grand-chose. Norm parut abasourdi.
- Comment ça, pas grand-chose ?
- Quel mot tu comprends pas, Norm ?
- Bordel de merde, t'as fait du basket.
- Et alors ?
- Et alors, Brenda Slaughter est peut-être la plus grande joueuse de tous les temps. Une pionnière dans sa discipline... et, excuse mon langage châtié, la pin-up la plus bandante qui soit pour représenter ma nouvelle ligue.
- Ça, je le sais.
- Alors, sache aussi ceci : je me fais du souci pour elle. Si quelque chose arrive à Brenda, toute la WPBA - et mes substantiels investissements - finiront aux chiottes.
- Si c'est pour des raisons humanitaires...
- Exact, je suis un sale porc capitaliste. Mais toi, mon ami, tu es agent sportif. C'est-à-dire l'engeance la plus sordide, la plus lèche-cul, la plus avide et la plus capitaliste de l'univers.
- Continue à me faire de la lèche, tu vas finir par me convaincre.
- J'ai pas terminé. Bon d'accord, tu es agent sportif. Mais tu es aussi foutrement bon. J'irais jusqu'à dire, ce qui se fait de mieux. Ton Espagnole et toi, vous faites un boulot incroyable pour vos clients. Grâce à vous, ils récoltent un max. Plus que ce qu'ils devraient. Chaque fois que tu négocies avec moi, j'ai l'impression de me faire mettre jusqu'à la glotte. Je le jure devant Dieu. À peine tu entres dans mon bureau, je me retrouve à poil et tu fais de moi ce que tu veux.
Myron grimaça.
- S'il te plaît.
- Mais je connais aussi ton passé secret chez les fédéraux.
Sacré secret. Myron attendait encore de tomber sur quelqu'un de ce côté-ci de l'équateur qui n'était pas au courant.
- Ecoute-moi juste une seconde, Myron, d'accord ? Ecoute-moi bien. Brenda est une fille formidable, une merveilleuse joueuse de basket... et une sacrée casse-couilles. Je lui en veux pas. Si j'avais eu un père comme le sien, je serais moi aussi la reine des casse-couilles.
- Donc, le problème c'est son père ?
Norm gonfla les joues. Ce qui chez lui voulait dire «oui et non».
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