Auteur : Graham Marks
Traducteur : Nathalie Peronny
Date de saisie : 06/07/2007
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Albin Michel-Jeunesse, Paris, France
Collection : Wiz. Suspense
Prix : 13.50 € / 88.55 F
ISBN : 978-2-226-17401-7
GENCOD : 9782226174017
Sorti le : 02/05/2007
C'est juste un coup de téléphone dans la nuit.
Quelques secondes et la vie d'Adam Grey bascule. Sa grande soeur Charlie a disparu dans Tokyo. Ses parents ne font rien. La police ne fait rien. Adam, si. Il part pour le Japon. Chercher Charlie. La retrouver. Au diable les conséquences. Loin là-bas, Tokyo l'attend. Fascinante et dangereuse.
Ce qui surprend, dans ce thriller, c'est l'écriture - insolente -, et ce qui le rend sympathique, c'est la construction façon road story...
Langue, moeurs, coutumes, habitat, tout est différent, étrange, angoissant... Tokyo échappe à tout manichéisme, à toutes niaiseries si communes en littérature jeunesse - et dans le genre polar en particulier. Graham Marks est comme chez lui au Japon, il en donne une image aussi terrifiante que captivante. Surtout, il en fait un grand roman.
1. Rêve éveillé
Un téléphone s'était mis à sonner dans le rêve d'Adam. Un bruit lointain, lancinant, agaçant, qui le fit se retourner et s'agiter dans son sommeil. Comme s'il sentait qu'il avait un truc urgent à faire sans pouvoir mettre le doigt dessus. La mélodie semblait à la fois incongrue et angoissante, vaguement artificielle... et puis Adam se réveilla, tiré de sa torpeur par le silence soudain : quelqu'un venait de décrocher le téléphone dans la chambre de ses parents. La nuit, le moindre son s'amplifie et Adam perçut des bruits de voix étouffés tandis qu'un rai de lumière jaillissait sous sa porte. Il jeta un coup d'oeil à son réveil, vit qu'il était près de 2 heures du matin et se redressa dans son lit. À une heure pareille, un coup de fil est généralement tout sauf une bonne nouvelle.
Il se dit qu'il devait y avoir un problème avec grand-mère Angie, la mère de sa mère, qui perdait pas mal la boule ces temps-ci, comme ça arrive aux gens âgés quand certains pans entiers d'eux-mêmes (ceux auxquels on ne pense pas d'habitude, tellement ils font partie de nous) commencent à s'effriter. Sa grand-mère était sur la mauvaise pente ; Adam savait qu'elle casserait bientôt sa pipe. Sans doute d'un jour à l'autre, d'ailleurs. L'autre problème étant de savoir ce que deviendrait grand-père Eddy le jour où elle partirait pour de bon. Adam avait déjà entendu ses parents aborder la question - il ne pourrait jamais vivre seul, mais pas question de le placer en maison de retraite, alors comment faire ?
Paupières closes, Adam s'était rallongé dans son lit en espérant, un peu comme ces gens qui prient en croyant vraiment pouvoir changer les choses, que Grangie - ils l'avaient toujours appelée Grangie - allait bien. Que rien de grave ne lui était arrivé. Du moins pas encore. C'était inéluctable, tôt ou tard, il le savait, mais par pitié, par pitié, par pitié... pas maintenant.
Plus tard, il réalisa qu'il avait dû se rendormir comme une masse sans s'en rendre compte, car une lumière violente inondait sa chambre et une voix grognait son prénom.
Adam se força à ouvrir les yeux et vit son père sur le pas de la porte ; grisâtre, les cheveux hérissés dans tous les sens et le menton couvert d'un duvet sombre. Quelque chose dans son regard acheva de le réveiller - cette colère glaciale qu'il ne lui avait vue qu'une seule fois auparavant, en troisième, quand l'un de ses profs l'avait surpris en flagrant délit de triche à un examen.
Adam se gratta la tête en bâillant.
- Ouais, p'pa ?
- Depuis combien de temps étais-tu au courant, Adam ?
- Au courant de quoi ?
- Que Charlie travaillait dans un bar à Tokyo ! Ah, ça...
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