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La nécessité en droit international

Couverture du livre La nécessité en droit international

Auteur : Société française pour le droit international. Colloque (40 ; 2006 ; Grenoble)

Date de saisie : 22/06/2007

Genre : Droit

Editeur : Pedone, Paris, France

Prix : 46.00 € / 301.74 F

ISBN : 978-2-233-00514-4

GENCOD : 9782233005144

Sorti le : 06/06/2007

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  • La présentation de l'éditeur

SOCIETE FRANÇAISE POUR LE DROIT INTERNATIONAL

- Colloque de Caen (mai 1975)
La crise de l'énergie et le droit international.
- Colloque de Bordeaux (mai 1976)
Régionalisme et universalisme dans le droit international contemporain. Colloque de Strasbourg (juin 1977)
La circulation des informations et le droit international.
- Colloque de Clermond-Ferrand (1978)
Les travailleurs étrangers et le droit international.
- Colloque de Poitiers (mai 1979)
La frontière. Colloque du Mans (mai 1980)
Aspects actuels du droit international des transports.
- Colloque de Nancy (mai 1981)
L'Europe dans les relations internationales.
- Colloque de Montpellier (mai 1982)
Le droit international et les armes. Colloque de Rouen (juin 1983)
Perspectives du droit de la mer à l'issue de la 3e Conférence des Nations Unies. - Colloque d'Aix-en-Provence (mai 1984)
Les agents internationaux.
- Colloque de Nice (mai 1985)
Les Nations Unies et le droit international économique.
- Colloque de Lyon (mai 1986)
La juridiction internationale permanente.
- Colloque de Strasbourg (mai 1987)
Les organisations internationales contemporaines.
- Colloque de Tours (juin 1988)
Aspects récents du droit des relations diplomatiques.
- Colloque de Dijon (juin 1989)
Révolution et droit international.
- Colloque du Mans (mai 1990)
La responsabilité dans le système international.
- Colloque de Toulon (mai 1991)
Le navire en droit international.
- Colloque du Québec (octobre 1992)
Perspectives convergentes et divergentes sur l'intégration économique.
- Colloque de Nancy (1993)
L'Etat souverain à l'aube du XXIe siècle.
- Colloque de Rennes (1994)
Le chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
- Colloque de Nice (1995)
La réorganisation mondiale des échanges.
- Colloque de Caen (1996)
Droit d'asile et des réfugiés.
- Colloque de Strasbourg (1997)
La protection des Droits de l'homme et l'évolution du droit international.
- Colloque d'Aix-en-Provence (1998)
La codification du droit international.
- Colloque de Bordeaux (1999)
Droit international et droit communautaire perspectives actuelles.
- Colloque de Paris (2000)
Le Droit international et le temps.
- Colloque de Clermont-Ferrand (2001)
Le chef d'Etat et le droit international.
- Colloque de Lille (2002)
La juridictionnalisation du droit international.
- Colloque de Genève (2003)
La pratique et le droit international.
- Colloque du Mans (2004)
Le sujet en droit international.
- Colloque de Rennes (2005)
Les compétences en droit international.





  • Les premières lignes

«NECESSITE N'A PAS DE LOI» ? LA NECESSITE EN DROIT INTERNATIONAL

Par Théodore CHRISTAKIS, Professeur à la Faculté de droit de l'Université Grenoble II (Pierre Mendès France) - Membre du CESICE

«La nécessité est un mal, il n'y a aucune nécessité à vivre sous l'empire de la nécessité». La devise d'Epicure aurait peut-être pu nous convaincre si un autre sage, tout aussi respectable de l'antiquité, n'avait semé le doute : «La nécessité est la chose la plus forte, puisqu'il n'y a rien dont elle ne vienne à bout» nous a ainsi mis en garde Thaïes. Depuis que les hommes existent, la nécessité marque leur vie, accompagne leurs actions. Selon le cas et le contexte, les philosophes y ont vu tantôt un «tyran» (Ménandre), tantôt «la meilleure des vertus» (comme le faisait dire Shakespeare).

En réalité la «nécessité» est polysémique. Parmi ses différentes significations on peut citer les quatre suivantes :

Dans un premier sens, la «nécessité» désigne le caractère de quelque chose d'«inévitable, inéluctable» (Larousse). Le «nécessaire» est alors ce «qui ne peut pas ne pas être» et c'est dans ce sens, par exemple, qu'en mathématiques l'adjectif indique un enchaînement inévitable de cause à effet. Ce sens est souvent repris dans le discours juridique : le Juge se réfère ainsi aux «implications nécessaires» d'une situation ; à la personnalité juridique «nécessaire» à ce qu'une organisation puisse remplir ses fonctions ; ou encore à la «nécessité» de telle ou telle mesure dérogatoire au droit commun. Le «nécessaire» est ici synonyme de l'«indispensable».
Dans un deuxième sens, plus atténué, le terme «nécessité» désigne le caractère de «ce qui est essentiel, de ce qui est important». C'est ainsi, par exemple, que pour évaluer les restrictions «nécessaires dans une société démocratique», la CEDH considère que l'adjectif «nécessaire» ne peut s'identifier toujours à un «critère de stricte nécessité» et se distingue de l'«indispensable» par une plus grande marge d'appréciation laissée à son interprète. Pour d'autres règles du droit international aussi l'adjectif «nécessaire» est parfois interprété comme laissant une marge d'appréciation plus ou moins importante aux acteurs qui peuvent alors agir en fonction de considérations utilitaires même si l'action n'est pas «indispensable».

Un troisième sens assimile la «nécessité» au «besoin», à l'«anangi» des grecs anciens, à une situation difficile ou de contrainte.

Enfin, un quatrième sens fait appel à l'indulgence du droit : la nécessité est assimilée à l'état de nécessité, à la force des circonstances qui peut nous pousser à des actes illégaux mais «nécessaires» pour sauvegarder un intérêt légitime. Les naufragés de «La Méduse» qui, en 1816, ont fait toutes ces choses abominables sur leur Radeau pour survivre, ont connu cette clémence de la Loi et ne furent même pas poursuivis par les tribunaux français. Trente ans plus tard, le Juge américain ne condamnera qu'à six mois d'emprisonnement un rescapé qui avait jeté par dessus bord d'autres naufragés pour survivre, tout en soulignant qu'il aurait pu l'acquitter si, pour désigner l'infortuné, on avait tiré à la courte paille. Dans une autre affaire célèbre, au Royaume-Uni, le Juge a condamné à mort les naufragés de «La Mignonette» qui avaient tué et mangé leur jeune compagnon, mais la Reine a commué la peine à six mois de prison. Aucune clémence en revanche en Russie où, pour des faits similaires, des naufragés furent condamnés à 13 ans de travaux forcés. Décidément, le droit pénal a hésité devant l'état de nécessité autant que les philosophes devant la planche de Carnéade.


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