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Recherches croisées Aragon-Elsa Triolet. Volume 11, Aragon politique

Couverture du livre Recherches croisées Aragon-Elsa Triolet. Volume 11, Aragon politique

Auteur : Reynald Lahanque | Luc Vigier

Date de saisie : 21/06/2007

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Presses universitaires de Strasbourg, Strasbourg, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-86820-302-1

GENCOD : 9782868203021

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  • La présentation de l'éditeur

Peu d'écrivains du vingtième siècle se sont impliqués autant qu'Aragon dans le champ politique. Il exerça des responsabilités directes non seulement au Parti Communiste Français, mais aussi au sein du groupe surréaliste, puis dans le cadre de nombreux mouvements et initiatives antifascistes, dans l'organisation de la Résistance, au Mouvement de la Paix, etc. Il intervint dans la politique culturelle en tant que secrétaire des Maisons de la culture, membre dirigeant du CNE et directeur des Lettres françaises de 1953 à 1972. Journaliste militant à l'Humanité, La Littérature internationale, Commune ou Ce Soir, Aragon devint à la fois un repère et une cible dans le combat politique.
Les contributions réunies ici sur cet Aragon politique qui suscita tant de passions se sont déployées dans des directions fort variées que nous avons choisi de regrouper autour de trois axes.
Le premier concerne les problèmes les plus généraux posés par l'engagement politique d'Aragon. Le deuxième intéresse les activités et les prises de position d'Aragon dans le champ politique. Et le troisième touche plus directement aux questions posées par l'écriture du politique, dans le domaine poétique comme dans le domaine romanesque.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Reynald LAHANQUE, Université Nancy II :

Peu d'écrivains du vingtième siècle se sont impliqués autant qu'Aragon dans le champ politique. Il exerça des responsabilités directes non seulement au Parti Communiste Français, dont il fut membre titulaire du Comité central à partir de 1954, mais déjà au sein du groupe surréaliste dès 1925, puis dans le cadre de nombreux mouvements et initiatives antifascistes pendant les années trente, dans l'organisation de la Résistance, ou plus tard au Mouvement de la Paix. IJ intervint de multiples façons dans la politique culturelle, par exemple en tant que secrétaire des Maisons de la culture, membre dirigeant du CNE, mais aussi par ses interventions dans Les Lettres françaises, dont il fut directeur de 1953 à 1972. Journaliste militant à l'Humanité, La Littérature internationale, Commune ou Ce Soir, Aragon devint à la fois un repère et une cible dans le combat politique. Cette intense activité méritait d'être étudiée et précisée. Connue dans ses grandes lignes, elle manquait encore d'une datation serrée, de faits bien établis, d'analyses rigoureuses et aussi impartiales que possible. Vingt ans après la mort de l'écrivain, cet Aragon politique, qui suscita tant de passions, devait pouvoir être étudié avec une relative sérénité, dans le souci non de parvenir à des conclusions indiscutables, mais de compléter le recueil des informations, d'approfondir les analyses, de dépassionner les débats. Susciter de nouvelles recherches, ouvrir des pistes, esquisser un premier bilan, tels étaient les objectifs du colloque.
Comme le rappelle Aragon lui-même dans la postface des Communistes, à ne considérer que «son exercice en plein vent», «on se fait de la politique une idée bien sommaire», car «elle prend dans l'homme, l'individu, des résonances imprévues». La tâche de l'écrivain, à distance plus ou moins marquée des impératifs du combat, n'est-elle pas d'être à l'écoute de ces résonances peu calculables et de la complexité des expériences humaines ? Le souci du politique ne peut pas ne pas imprégner l'oeuvre en profondeur, s'il s'avère qu'il oriente les choix moraux et civiques de l'homme, sa conception de l'être social et de l'avenir, de même que les choix esthétiques de l'écrivain. Mais si l'articulation du littéraire et du politique est chez Aragon une donnée incontestable, toute la difficulté est d'en saisir les modalités multiples, conventionnelles parfois, novatrices, subtiles, inattendues, le plus souvent. Sous des angles variés, beaucoup des interventions du colloque ne pouvaient que rencontrer dans leur démarche les problèmes posés par cette articulation. Elles ont en cela permis de prolonger les recherches des spécialistes d'Aragon qui, dans leurs tra­vaux les plus littéraires, se sont régulièrement confrontés au croisement des textes avec la politique. Il s'agissait précisément de ne plus en différer l'examen systématique, afin de mieux comprendre et le cheminement d'une oeuvre considérable et les aventures de sa réception.
Les contributions réunies, qui se sont déployées dans des directions fort variées, sans pouvoir pour autant balayer le champ complet et immense des objets et des questions, relèvent de préoccupations et de démarches que nous avons choisi, pour l'édition de ce volume, de regrouper autour de trois axes.
Le premier concerne les problèmes les plus généraux posés par l'engagement politique d'Aragon, à commencer par celui des limites du champ d'action et des restrictions de pensée auquel doit consentir le militant, aussi soucieux soit-il de plaider en tout domaine pour les positions les moins sectai­res (Reynald Lahanque). C'est donc aussi, inévitablement, le problème de son rapport à ce qu'il convient d'appeler "le stalinisme", sur le plan proprement politique comme sur le plan littéraire, qu'il s'agissait d'affronter (Edouard Bé­guin). De même fallait-il examiner de plus près la question du rôle indûment prêté à Eisa Triolet dans le changement de monde opéré au tournant des années trente (Marianne Delranc-Gaudric), et réexaminer la façon toute personnelle qu'avait eue l'écrivain de s'approprier le mot d'ordre de réalisme socialiste, en lui trouvant des antécédents dans la philosophie des Lumières et la tradition réaliste française (Valère Staraselski).


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