Auteur : Jean-Paul Brunel
Date de saisie : 20/06/2007
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Amalthée, Nantes, France
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-35027-445-4
GENCOD : 9782350274454
Un grand solitaire pose son regard sur ce qui l'a entouré et le berce aujourd'hui.
Son besoin de recul n'est que la volonté d'être lucide pour mieux comprendre et contempler les aspects du monde. Alors, de voyages en observations à la sauvette, de bavardages en rêveries, tous les détails forgent un spectacle qui donne une identité à ce bric-à-brac de mots.
Les bulles ne sont pas une peinture, pas un chant, pas un roman : simplement une touche de sensibilité qui nous permet l'évasion.
Elles éclatent de-ci de-là, au hasard d'un périple ou d'un son, d'une conversation ou d'une méditation, comme la prise spontanée et soudaine d'un moment fragile à rendre éternel.
C'est la nourriture de ce solitaire qui dit avoir les yeux trop petits pour ce grand monde, et le coeur trop sec pour ce qu'il faudrait donner.
Les bulles continuent d'éclore et d'animer l'espace, surtout la nuit, pour, peut-être, mieux cacher leur pudeur. Elles ne sont que le témoignage d'un cheminement, du parcours et des péripéties d'un homme qui doute et dérive sur des réalités simples.
A tous les fêlés qui, comme chacun sait, laissent passer la lumière...
Ils ne font pas que laisser passer la lumière, ils observent et se nourrissent de tous les spectacles quotidiens.
Leurs naïvetés leur permettent toutes les fantaisies, sans malices ni perversions. Nous les connaissons bien et sommes toujours épatés par leur culot, sans vraiment comprendre s'ils jouent par innocence ou par provocation.
Les fous dingues de la vie ordinaire, vedettes de numéros sans gloire, ébouriffent le quotidien des autres en mettant à nu leurs évidences et leurs vérités. Qui n'a pas été victime de leurs fantaisies impudiques, gênantes, révélatrices de ces cachotteries de misère qui nous tourmentent ?
Ils sont quelquefois marginaux, souvent persifleurs et impolis, mais tolérés parce que gentils et attachants.
Les mabouls, et autres égarés des systèmes, sont le décor barbouillant de nos usages et de nos politesses.
Je les aime et je leur rends hommage.
Ce sont peut-être leurs souffrances qu'ils cherchent à affronter pour mieux guérir, et ce combat fabrique la dérision des autres, comme pour tester toutes les résistances.
Posé face au reste du monde, je voudrais promener sur un univers quelconque, le regard ahuri de l'un d'entre eux qui s'étonne et chahute, qui découvre et se grise des mots. Et justement parce que tous les univers sont quelconques, ils offrent à l'observateur juvénile les moyens de peindre son âme avec le foisonnement des brosses éphémères que leur donnent leurs angoisses.
Juvénile et tendre comme un adolescent qui se déboutonne, je me vois et je m'entends raconter les folies ordinaires qui sont le trop-plein permanent des acquis et des visions subites.
Les évidences me déplaisent et m'étouffent parce que je ne les avais pas saisies plus tôt. Ce ne sont pourtant pas des vérités, parce que ce mot rend trop responsable.
Ce ne sont pas des révélations, parce que celui-là m'indiquerait un ailleurs qui me gêne.
Ce ne sont pas des descriptions, parce que mes yeux sont trop petits.
Ce ne sont que des amours secrètes que je n'avoue jamais, parce que la douleur serait trop grande.
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