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La mort réconciliée : du refus à l'acceptation

Couverture du livre La mort réconciliée : du refus à l'acceptation

Auteur : Bernadette Lamboy

Date de saisie : 19/06/2007

Genre : Philosophie

Editeur : B. Gilson, Bruxelles, France

Collection : Réflexions

Prix : 16.50 € / 108.23 F

ISBN : 978-2-87269-170-8

GENCOD : 9782872691708

Sorti le : 23/05/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Peut-on prétendre se réconcilier avec la mort ? Toute notre société, au contraire de certaines cultures qui ont su l'intégrer, ne se mobilise-t-elle pas pour la combattre ? La mort nous interpelle comme un défi : alors que «je» fais tout pour m'affirmer et sécuriser mon existence, je suis voué à disparaître. Comment dès lors faire une place à la mort ?
Bernadette Lamboy nous montre combien la mort s'inscrit au coeur même de la vie, combien elle en est le partenaire indissociable et dynamisant. Elle nous invite à développer une autre voie : renoncer et gagner, se détacher et grandir, se dépouiller des conditionnements pour épouser le mouvement du vivant et s'ouvrir à sa puissance fécondante.
Ce livre est un essai d'anthropologie globale : il cherche à faire s'entrecroiser les dimensions psychologique, sociologique, philo­sophique, spirituelle dans une écologie vivante de la personne. L'auteure, docteur en psychologie (Grenoble) travaille comme for­matrice en partenariat avec JALMALV (Jusqu'à la Mort Accompagner la Vie). Psychothérapeute, superviseuse et formatrice dans l'Approche Humaniste Expérientielle selon Cari Rogers (Approche Centrée sur la Personne) et Eugène Gendlin (Focusing), elle est directrice de l'IFEF (Institut de Focusing d'Europe Francophone).





  • Les premières lignes

Introduction :

En même temps que l'être humain s'éveille à la conscience de sa propre existence, lui apparaît sa lointaine mais non moins inéluctable finitude. La mort, toujours, se présente comme une interrogation pressante. Première et ultime question par où s'insinuent la crainte, le doute, mais aussi l'intelligence et le sens du mystère.
Si la mort n'a cessé d'inquiéter ou pour le moins d'intriguer, on ne peut toutefois en parler en dehors du contexte culturel qui lui donne une orientation et un cadre précis.
La manière dont nous nous représentons la mort, la manière dont elle est vécue, individuellement et collectivement, renvoie directement au regard que nous posons sur le monde et la vie.
Cette étude se propose justement de relier dans un même réseau l'approche de la mort et la vision contextuelle qui lui fournit son éclairage particulier. Ainsi la mort n'est jamais une abstraction, elle est le reflet de notre insertion dans le monde. Mourir et vivre coexistent en une unité indissoluble.
Or, actuellement, nous vivons une époque en profonde mutation. Les crises qui la burinent conduisent à l'émergence d'une nouvelle conscience et d'une nouvelle approche de la réalité. Il est probable que l'être humain s'en trouve radicalement transformé. Aussi la vie et la mort ne peuvent-elles manquer de résonner, pour lui, d'une manière toute différente, d'acquérir surtout un sens et une réalité existentiels, voire expérientiels entièrement rénovés.
Jusque-là, la mort était, du moins pour les sociétés occidentales, un point final tranchant la linéarité d'une vie ignorante de la mort. D'où un schéma misant exclusivement sur la vie, une vie-sans-mort, la mort devenant un butoir à repousser le plus loin possible.
Cette vision est appelée à être changée en profondeur. La mort sera toujours la fin d'une vie, mais elle sera bien davantage : elle viendra s'inscrire comme dynamisme essentiel de la Vie. Est-ce à dire qu'il faille réhabiliter la mort ? Certainement. Mais avant tout, il s'agit de réhabiliter la vie, de réhabiliter la Vie.
On a cherché à évacuer la mort en croyant préserver la vie et la renforcer. Ce fut l'erreur d'une position dualiste qui aboutit à une vie tronquée, une existence rétrécie et une impossible mort. À l'extrême, la mort est bannie. Dans les «Voyages de Gulliver Swift a imaginé une race d'«Immortels», les Struldburgs, dont le portrait nous laisse entendre qu'une vie éternisée devient rapidement une vie mortellement ennuyeuse. Engluée dans la perpétuation du même, cette vie à l'abri de la mort souffre paradoxalement d'un immobilisme létal. Dans le moment où la mort a disparu, la vie s'est, elle aussi, égarée et perdue.
Serait-il possible de se réconcilier avec la mort ?
Pas seulement parce qu'on ne peut pas faire autrement et qu'il faudra bien un jour ou l'autre s'en accommoder. Mais fondamentalement, parce que la mort fait partie intégrale de la Vie. Une telle approche risque de révolutionner notre abord des êtres et des choses. Elle risque aussi d'ébranler l'image de nous-mêmes en bousculant nos certitudes et nos positions.
Toute étude sur la mort est pour chacun l'occasion de se laisser interpellé. Car toujours quelque part il s'agit de «ma» mort, il s'agit de «ma» vie. Sans cesse je suis renvoyé à moi-même.
En tant qu'auteur de ces lignes, je voudrais me garder d'aucune assurance, ni prérogative ; seule existe la passion de l'explorateur. «Toute recherche authentique ne consiste pas à se payer de mots auxquels on accorde une valeur magique pour, quand il s'agit de la mort, croire qu'on l'a vaincue parce qu'on en a parlé sans que rien en nous ait changé». La mort n'est certainement pas à vaincre, jamais elle ne se laissera annexer. Elle est beaucoup plus sûrement à vivre : au moment où je me laisse toucher par elle, le changement alors peut avoir lieu. Néanmoins, aucune garantie n'est donnée d'avance. La mort toujours restera l'interrogation qui m'habite, l'inconnu qui vient à moi et me propulse au coeur de la Vie.


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