Passion du livre - tout sur le livre : De chair et de sang

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

De chair et de sang

Couverture du livre De chair et de sang

Auteur : John Harvey

Traducteur : Jean-Paul Gratias

Date de saisie : 18/06/2007

Genre : Poésie

Editeur : Rivages, Paris, France

Collection : Rivages-Noir, n° 652

Prix : 9.50 € / 62.32 F

ISBN : 978-2-7436-1695-3

GENCOD : 9782743616953

Sorti le : 06/06/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

APRES TRENTE ANS DE BONS ET LOYAUX SERVICES DANS LA POLICE DE NOTTINGHAM, L'INSPECTEUR PRINCIPAL FRANK ELDER A DONNÉ SA DÉMISSION. IL S'EST RÉFUGIÉ DANS UN COTTAGE EN CORNOUAILLES, MAIS LE PASSÉ CONTINUE DE LE HANTER. IL NE S'EST JAMAIS REMIS D'UNE AFFAIRE NON ÉLUCIDÉE : LA DISPARITION, EN 1998, DUNE ADOLESCENTE NOMMÉE SUSAN BLACKLOCK. DEUX PSYCHOPATHES CONDAMNÉS À L'ÉPOQUE POUR LE VIOL ET LE MEURTRE D'UNE AUTRE JEUNE FILLE RESTENT POUR L'INSPECTEUR DES SUSPECTS IDÉAUX.
APPRENANT QUE L'UN D'EUX VA BÉNÉFICIER D'UNE LIBÉRATION, FRANK ELDER S'INTÉRESSE DE NOUVEAU À L'AFFAIRE BLACKLOCK. IL NE SE DOUTE PAS QU'IL VA PLONGER JUSQU'AU COU DANS UN DRAME AUQUEL SERA MÊLÉE SA PROPRE FAMILLE.
CE PREMIER ROMAN DE LA SÉRIE CONSACRÉE À FRANK ELDER CONFIRME TOUTE L'ÉTENDUE DU TALENT DE JOHN HARVEY, RÉCOMPENSÉ EN GRANDE-BRETAGNE PAR UN DIAMOND DAGGER POUR L'ENSEMBLE DE SON OEUVRE.

«DE CHAIR ET DE SANG MÉRITE LE DÉTOUR.»
BRUNO CORTY, LE FIGARO

«CE ROMAN FAIT PARTIE DE CES POLARS TRÈS BIEN CONSTRUITS, AVEC DES PERSONNAGES VULNÉRABLES ET UNE INTRIGUE RONDEMENT MENÉE. TOUT CE QU'ON AIME.»
ELLE





  • Les premières lignes

Caressant et insidieux, le chat lui frôla le visage. Elder, encore aux trois quarts endormi, le repoussa du bras. Quelques instants plus tard, l'animal revenait à la charge, lui donnant des petits coups de tête, son ronronnement sonore résonnant dans le crâne d'Elder. Aiguisées, les griffes du chat pétrirent la chair tendre du haut de son épaule, de sa nuque. Sous lui, l'oreiller exhalait une acre odeur de sueur. Laborieusement, il se tourna pour soulever l'animal et l'écarter de lui. Sous ses doigts, il sentit une fourrure moite aux poils entremêlés, une peau flasque qui pendait, trop ample, sur une cage thoracique étriquée. À travers les fentes des paupières, les yeux brillaient d'une lueur jaune dans la quasi-obscurité.
Tandis qu'Elder faisait l'effort de se redresser sur son séant, le chat se tortilla entre ses mains et le mordit profondément à la base du pouce. Poussant un juron, Elder laissa l'animal tomber sur le lit d'où il bondit sur le plancher en crachant. Quand Elder porta sa main à sa bouche, le goût de son propre sang lui parut âpre et piquant.
Et à présent il y avait d'autres chats, en groupes serrés de deux ou trois, qui émergeaient de l'ombre aux confins de la chambre. Elder entendait le souffle un peu rauque de leur respiration sauvage, grave et saccadée. Rejetant le drap, il commença à enfiler ses vêtements, les chats le serrant de près maintenant, se frottant contre ses chevilles, courant sur ses pieds nus.
Quand il tint la porte ouverte et tenta de les chasser, ils rebroussèrent chemin, s'insinuant entre ses jambes, pour se diriger vers l'escalier en une masse mouvante et souple.
Dans la pièce, à l'étage, des yeux l'épiaient sans ciller, lui rendant son regard, et quand il s'avança, Elder sentit céder sous son pied nu quelque chose de mou et de lisse. Une portée de chatons nouveau-nés, glabres et aveugles, se tortillaient en geignant sur le plancher nu. Un vomissement lui monta à la gorge. Depuis il ne savait où, non loin au-dessus de sa tête, un chat adulte bondit sur Elder, toutes griffes dehors. Une traînée de sang jaillit de son bras, une autre lui stria la joue. La porte qu'il avait franchie était à présent fermée.
En tremblant, Elder traversa la pièce vers un second escalier. Quand il parvint au sommet, la dernière marche s'enfonça sous son poids, et il dut s'arc-bouter entre les deux murs avant de sauter par-dessus le trou.
Par les fentes du toit, une lumière pauvre tombait sur le plancher.
Rien ne bougeait.
À l'autre bout de la pièce se trouvait un lit étroit. Qui n'était pas vide. Mais presque. Sous une couverture grise et râpée, quelque chose était roulé en boule. Elder sentit le froid ambiant saisir ses bras et ses jambes, ses muscles se tétaniser. Il savait, ou il pensait savoir, ce qui gisait là, hors de sa vue. Les chats, presque silencieux à présent, l'avaient suivi dans la pièce. Ils attendaient, passifs, massés autour de lui. Entre le lit et l'endroit où se tenait Elder, restait une distance importante, d'un bon pas environ ; entre son pouce et son index glacés, la couverture était rugueuse. Quand il la tira en arrière, elle se déchira en lambeaux.
Les jambes de la petite étaient relevées contre sa poitrine, contre ses seins minuscules et creusés, les os de ses fesses pointues transperçaient sa peau tavelée. La puanteur envahit la bouche d'Elder, lui emplit les narines. D'un côté, le visage du cadavre, celui d'une jeune fille de seize ans, peut-être dix-sept, avait presque entièrement disparu. Il y avait des traces de morsure, petites et profondes, autour d'une orbite.
Alors qu'Elder se penchait en avant, l'un des bras de la petite jaillit vers lui, la main tendue, cherchant la sienne à tâtons. Elle l'agrippa, et ne voulut plus la lâcher


Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli