Auteur : Philippe Walter
Traducteur : Jean-Charles Berthet | Martine Furno | Claudine Marc | Philippe Walter
Date de saisie : 19/06/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : ELLUG, Grenoble, France
Collection : Moyen Age européen, n° 8
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-84310-098-7
GENCOD : 9782843100987
Sorti le : 04/06/2007
La légende du roi Arthur est surtout connue à travers les romans français de la Table ronde. On ignore souvent qu'il existe des récits latins du XIIIe siècle qui racontent quelques épisodes inédits de cette grande saga bretonne, inconnus des oeuvres arthuriennes françaises ou étrangères. Le présent ouvrage en offre la première traduction intégrale en français accompagnée du texte original en latin.
Dans l'un de ces récits (Arthur et Gorlagon), le roi Arthur rencontre un bien étrange loup garou. Dans un autre (La véritable histoire de la mort d'Arthur), il disparaît dans des circonstances mystérieuses à la fin de sa vie terrestre. L'histoire de son neveu (L'Enfance de Gauvain) est tout aussi surprenante : abandonné à sa naissance, il accomplit un singulier parcours héroïque avant de retrouver la cour d'Arthur, tout auréolé de gloire chevaleresque. Enfin, la tumultueuse Histoire de Mériadoc se développe en une véritable chronique légendaire aux rebondissements haletants.
Le présent ouvrage vaudra au lecteur de multiples découvertes car ces récits ne sont pas des affabulations inventées au Moyen Âge. Ils remontent à une tradition orale bien plus ancienne : la vieille mythologie des Celtes insulaires (Irlande, Pays de Galles) qui offre de surprenantes analogies avec celle de l'ancienne Grèce ou avec les contes du folklore international.
Édition bilingue et intégrale.
Extrait de l'introduction :
Le présent ouvrage réunit quatre récits arthuriens écrits en latin au XIIIe siècle. Deux concernent le roi Arthur (Arthur et Gorlagon et La Véritable Histoire de la mort d'Arthur), un autre le personnage de Gauvain (Les Enfances de Gauvain) et un dernier celui de Mériadoc (L'Histoire de Mériadoc). Ces quatre récits constituent un corpus arthurien latin qui pose quelques questions intéressantes dans l'histoire de la transmission et de la réception de la matière bretonne, environ un siècle après l'apparition de la littérature arthurienne en ancien français. Ils soulèvent le problème de la réception de certains thèmes arthuriens dans une langue et une culture savantes (le latin) par opposition à l'adaptation courtoise que ces mêmes thèmes connaissent à la même époque dans les langues vernaculaires. Ils posent également la question de la réécriture de ces récits dans une langue qui n'est pas leur langue originale et qui subit souvent l'influence des langues vernaculaires.
Il est bien connu que les plus anciens textes arthuriens ont été conservés en latin ou, de manière plus éparse, dans des langues celtiques. L'Historia regum Britaniae du clerc gallois Geoffroy de Monmouth (v. 1100 - v. 1155) comporte une version développée de l'histoire d'Arthur qui sera, peu après sa composition, adaptée en anglo-normand par Wace. L'oeuvre de Geoffroy comprend une partie arthurienne relativement conséquente et une autre qui prétend retracer l'histoire légendaire de la dynastie bretonne depuis son lointain fondateur mythique, un certain Brutus, rescapé de la guerre de Troie. Cette pseudo-chronique coud probablement plusieurs récits indépendants dont les canevas ont pu être empruntés à une tradition orale remontant à d'anciens schémas mythiques issus de l'époque celtique. L'Historia regum Britaniae, écrite vers 1135, n'en prend pas moins valeur de modèle pour les historiens arthuriens du Moyen Âge, c'est-à-dire pour ceux qui pensent qu'Arthur était un personnage historique qui a incarné l'histoire de la Bretagne à un moment particulièrement critique de son destin : la période des invasions saxonnes. Elle constitue une référence stylistique et idéologique pour la plupart des textes ici traduits bien qu'elle ne puisse être considérée comme leur unique modèle. A cela, rien d'étonnant car l'oeuvre de Geoffroy était bien diffusée : des travaux récents estiment à 215 le nombre total de ses manuscrits en circulation. Cela renforce la prétention de ce texte à incarner une historiographie officielle soutenue par le réseau politique des Plantagenêt.
Les récits arthuriens latins du XIIIe siècle ont tous assimilé l'héritage de Geoffroy qu'ils utilisent très directement. On ne peut donc guère avoir de doute sur le milieu d'origine des textes et sur la méthode de travail de leurs auteurs. Ces derniers sont des clercs qui ont tout à la fois transcrit une tradition orale (l'histoire de Gorlagon le montre nettement), mais aussi utilisé les recettes de la littérature médio-latine en matière d'art narratif : des réminiscences d'auteurs classiques comme Virgile viennent spontanément sous leur plume. Pour conférer légitimité et autorité aux contes arthuriens en latin, il apparaissait nécessaire en effet de les apprêter à la mode antique, ou plutôt de les conformer aux modèles classiques latins revisités par les clercs médiévaux. Les textes portent l'empreinte de ce travail stylistique et témoignent d'un style orné que nos traductions ont cherché à conserver dans toute la mesure du possible.
De manière générale, on sait peu de choses sur les conteurs et les clercs qui permirent l'intrusion des contes celtiques dans le patrimoine littéraire européen. Évidemment, cette transposition fut d'abord linguistique avant d'être plus largement culturelle. On peut penser qu'elle fut l'oeuvre de clercs trilingues comme ce Bréri mentionné dans le roman de Tristan dû à Thomas. Au détour d'un épisode de son oeuvre, Thomas livre sa méthode de travail en mentionnant Bréri. Il s'agit d'abord de recueillir des contes issus de la tradition orale, ensuite de les comparer entre eux puis de les ordonner en un récit cohérent :
(...)
Copyright : Studio 108 2004-2009 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli