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Extrême-Orient, Extrême-Occident, n° hors série. Qu'était-ce qu'écrire une encyclopédie en Chine ?

Couverture du livre Extrême-Orient, Extrême-Occident, n° hors série. Qu'était-ce qu'écrire une encyclopédie en Chine ?

Auteur : Florence Bretelle-Establet | Karine Chemla

Date de saisie : 17/06/2007

Genre : Sciences humaines et sociales

Editeur : Presses universitaires de Vincennes, Saint-Denis, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-84292-198-9

GENCOD : 9782842921989

Sorti le : 07/06/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Qu'est-ce qu'écrire par compilation, par assemblage d'extraits ? Le volume pose la question en s'appuyant sur des matériaux qui nous viennent de l'histoire de Chine et fait dialoguer à leur sujet des sinologues et des historiens de l'Europe spécialistes de ces genres.
En Chine, l'art de compiler et de classer des extraits de textes ou des textes entiers pour faire de nouveaux livres est attesté à partir du 3e siècle. Ces oeuvres «encyclopédiques» se diversifient et se multiplient dès le 10e siècle. Les articles réunis dans ce numéro analysent ces formes d'écriture au fil des siècles, examinent les continuités et discontinuités de ce genre littéraire, se penchent sur les enjeux politiques à l'oeuvre dans la production de ces ouvrages ainsi que sur les usages qui en furent faits au cours de l'histoire.





  • Les premières lignes

Qu'était-ce qu'écrire une encyclopédie en Chine ?
Florence Bretelle-Establet et Karine Chemla

Former un «corpus» constitue, comme on le sait, l'acte essentiel qui fonde en méthode le travail de l'historien. De quelles opérations élémentaires l'institution de tels corpus a-t-elle été dans le passé, ou est-elle aujourd'hui, le fruit ? Telle est la question qui fut à l'origine de l'intérêt pour les «encyclopédies» chinoises dont ce volume procède. En effet, comme une première réflexion l'a rapidement montré, l'un des gestes cruciaux par lesquels le savant ou le chercheur compose un corpus consiste à prélever des éléments textuels au sein de collections formées naguère par les acteurs, qu'elles soient bibliothèques, musées, archives, encyclopédies ou autres types de compilations de textes. Il s'avère donc nécessaire, pour analyser ce geste, de prendre dans un premier temps ces collections comme objets d'étude et d'étudier les logiques qui président à leur formation. Seul un tel programme, nous est-il apparu, est à même d'éclairer l'opération courante qui extrait de ces collections des fragments pour les recomposer selon d'autres logiques.
Les ouvrages qu'on a régulièrement désignés par le vocable d'«encyclopédies chinoises» fournissaient un terrain propice pour déployer cette problématique. L'histoire de Chine abonde en livres faits de citations ou de fragments de textes, organisés selon des schémas de classifications stables, voire d'ouvrages réunissant, telles de véritables bibliothèques, des collections d'écrits. Si les historiens exploitèrent abondamment ces collections dans le passé, ce fut moins pour leur intérêt intrinsèque que comme source où puiser le matériau d'autres enquêtes. Ces ouvrages nous ont par exemple conservé, ne serait-ce qu'à l'état fragmentaire, des livres qui, n'étaient ces témoignages, auraient aujourd'hui totalement disparu. Ils ont donc régulièrement servi de mine d'où extraire des fragments à l'aide desquels on s'est employé à reconstituer des oeuvres aujourd'hui perdues. Dans un autre registre, lorsque aucun écrit à part entière ou aucune institution spécifique n'attestait l'existence de certaines disciplines en tant que telles en Chine ancienne, on a cherché à collecter dans ces oeuvres les documents qui permettraient de conter une histoire. C'est ainsi, comme l'a montré Fu Daiwie, qu'on put former une histoire de l'optique en Chine.
Aussi divers que ces emplois aient pu être, ils ont en commun de lire ces encyclopédies par bouts et d'opérer par extraction. Que peut gagner l'histo­rien à considérer, par contraste, ces ouvrages en tant que tels ? Telle est la préoccupation qui anime le recueil d'articles que le lecteur a entre les mains. C'est en particulier dans cette perspective que nous nous y sommes demandé de quels actes d'écriture, de quelles institutions pareils livres étaient le produit ; quelles furent au cours du temps les modalités de leur mise en texte ; quelles furent les forces à l'oeuvre dans leur constitution et comment ils héritèrent les uns des autres; à quels types de projet ils répondaient et comment ils faisaient sens aux yeux de leurs auteurs comme de leurs utilisateurs ; quels en furent enfin les usages, les fonctions, les circulations.


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