Passion du livre - tout sur le livre : Gueuille

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Gueuille

Couverture du livre Gueuille

Auteur : Pierre Bellefroid

Préface : Pol Vandromme

Date de saisie : 17/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Serpent à Plumes, Paris, France

Collection : Motifs, n° 288

Prix : 6.50 € / 42.64 F

ISBN : 978-2-268-06196-2

GENCOD : 9782268061962

Sorti le : 10/05/2007

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  • La présentation de l'éditeur

collection motifs

«Composé d'une succession de tableaux colorés, truculents, rythmés, sorte de ballet satirique et policier, ce récit cocasse et magnifique par ses vertus d'écriture et son esprit révolutionnaire peut être comparé aux oeuvres des poètes dissidents.»
Raymond Queneau

«Aujourd'hui, grâce à une réédition opportune, Gueuille revient à l'ordre du jour. C'est l'occasion de le réhabiliter enfin, de lui faire une haie d'honneur, plus d'un demi-siècle après sa parution.» Pol Vandromme





  • Les premières lignes

Extrait de la préface de Pol Vandromme :

ON PEUT LIRE Guenille en ignorant tout de Pierre Bellefroid. Il est même recommandé de le faire : aucune nécessité de se référer à des repères biographiques, de solliciter les habitudes confortables de la pédagogie, moins encore de décrypter en psychanalyste les ombres énigmatiques du subconscient. La littérature s'affirme dans la souveraineté de son autonomie, le texte s'impose par son imaginaire envoûté et par sa langue phos­phorescente. Un univers s'appuyant sur des tours insolites se révèle au contact de sa magie noire, la saveur acide et le charme vénéneux des mots subversifs. Bref, quelque chose comme un aérolithe venu d'ailleurs, peut-être même de nulle part.
Tout est étrange, d'une étrangeté drolatique et inquiétante. Tout : le burlesque des patronymes (Guidade, Bouledeu, Aimaile, Batata, Broutie, Foulcre), la façon de traiter en farce macabre une tragédie shakespearienne, le genre mal identifiable, mêlant un dialogue de théâtre et le monologue intérieur du romanesque gothique, le pathétique conçu et organisé comme une dérision. Ce qui compte, c'est moins la trame d'une anecdote au pittoresque extravagant que la maîtrise seigneuriale de son accent, moins le récit, que le style du récit. En somme, la littérature se prévaut de son pouvoir dominateur, et de lui seul.


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