Date de saisie : 12/06/2007
Genre : Essais littéraires
Editeur : Hors commerce, Paris, France
Collection : Hors bleu
Prix : 22.50 € / 147.59 F
ISBN : 978-2-915286-70-0
GENCOD : 9782915286700
Sorti le : 10/05/2007
Ecrire ensemble et partager dans la langue de l'Autre.
Réalisé au cours d'un atelier d'écriture, mené par l'assocoation TVAS 15e et animé par Violaine Massenet, écrivain, le recueil des textes écrits par les jeunes Français et Maliens, dans la configuration d'un chantier de solidarité internationale, témoigne de leur vision respective du monde, de leurs questionnements intimes, traversés par la culture et la modernité.
Il est le point d'orgue d'une rencontre originale, chargée de conjuguer nés deux modes d'expression culturelle : l'oralité du conte africain et la transmission écrite de l'Occident. Aussi, convivialité de l'oral et solitude de l'écrit se croisent-elles dans la langue de l'autre, jour émerger au coeur de ce livre réalisé en français et en bambara.
Cette écriture plurielle révèle un nouveau mode de partenariat, un engagement citoyen plus solidaire, dont la visée est le développement durable du lien et des échanges interculturels, actualisant les thématiques qui interrogent les jeunes du Nord et du Sud.
Extrait de la préface de Violaine Massenet :
Fenêtre sur l'intime
Ce livre se place sous le double signe de l'échange et du partage. Il est le fruit d'une rencontre entre deux pays, deux paysages, deux jeunesses. De la France au Mali, de Paris à Balanfina, de la ville au hameau, des textes ont circulé en français et en bambara. Des liens se sont tissés, des sensibilités se sont croisées. De jeunes Parisiens, résidents de la cité des Périchaux, ont écrit pendant six ans dans le cadre d'un atelier organisé par l'association TVAS 15e. Avec patience et passion, ils ont exploré leur univers, les lieux tantôt lointains, tantôt familiers, de leurs balades et de leurs rêves. Ils ont pris la parole et, à travers elle, ils ont cherché leurs racines africaines. Ils ont évoqué l'exil mais aussi l'enracinement; ils ont tenté d'apprivoiser leurs peurs, d'exorciser leur solitude. Prenant le risque de faire surgir l'inconnu, ils ont reconfiguré leur territoire intime. À leur manière, ils ont fait leur le conseil de Roland Barthes : «Écrire, non pas sur soi, mais avec de soi.»
En décembre 2004, poursuivant leur action de solidarité internationale, certains d'entre eux sont retournés au Mali, à Balanfina. Là, avec les villageois, ils ont construit une maternité, dans le cadre d'un dispensaire de santé communautaire. L'aventure aurait pu en rester là et elle aurait été déjà féconde. Mais le chantier ouvert n'était pas seulement celui des briques, du sable et du ciment, c'était également celui des mots. Les jeunes de Balanfina se sont à leur tour lancés dans l'écriture. Un deuxième atelier était né, un dialogue inédit prenait corps. Travail, amour, pertes et retrouvailles, illusions et réalités, les textes surgis de cette rencontre semblent animés par une urgence intérieure. Dans ces pages, les jeunes adultes font entendre leur voix : âpres, douces, hésitantes, inquiètes, sereines ou passionnées, elles nous bouleversent par leur sincérité et leur justesse.
Parce qu'ils ne renoncent à rien - ni à la beauté, ni au chagrin, ni à l'espoir -, parce qu'ils s'essaient véritablement à la parole, parce qu'ils laissent aussi s'installer le silence, les jeunes «apprentis écrivains» nous renvoient à nos interrogations fondamentales, au mystère vivant, mouvant, de l'identité. Leurs écrits, fragments, mosaïques, puzzles, vitraux, ne cessent de poser la question, traversée par la modernité et si chère au poète français contemporain Roger Millot : «Mais qui parle en moi ?»
Ce dont témoigne cet atelier, c'est d'une aventure particulière et d'une histoire commune, avec pour seul repère la nécessité d'être au plus près, non pas d'une quelconque vérité, impossible à cerner, mais d'un engagement concret dans l'écriture. L'espace de quelques lignes, quelqu'un m'entretient en privé. Il me parle d'événements singuliers, m'introduit dans le désordre fertile de ses émotions, m'ouvre la porte de ses rêves, me donne la chair de ses mots. Ce faisant, il prend des risques. Des risques avec le langage, des risques avec la réalité dont la résistance est infinie.
Les voix que nous écoutons vibrer au fil de ces pages possèdent chacune leur timbre, leur grain particulier, leur nuance. Elles se font les échos d'imperceptibles détails épousant la densité fragile du réel, restituent le caractère unique d'un instant privilégié. (...)
Reste que l'expérience la plus déroutante dont témoignent ces textes est sans doute celle d'une rencontre avec l'écriture. Rien n'est moins familier que cet effort pour lutter contre la perte et ce qui surgit est toujours de l'ordre de l'imprévu. L'imprévu du langage.
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