Auteur : Jean-Paul Brouchon
Préface : Raymond Poulidor
Date de saisie : 12/06/2007
Genre : Sports
Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France
Prix : 16.90 € / 110.86 F
ISBN : 978-2-84724-156-3
GENCOD : 9782847241563
Sorti le : 30/05/2007
Les merveilleuses histoires du Tour de France
Née il y a plus de cent ans de la rivalité de Pierre Giffard et Henri Desgrange, deux journalistes passionnés de cyclisme, la course mythique a rassemblé à chaque époque les plus grands coureurs du monde. Plus difficile et éprouvante qu'aucune autre course, le Tour de France vaut à ses vainqueurs une gloire durable. De Poulidor à Indurain, de Fausto Coppi à Bernard Hinault, des frères Pélissier à Jacques Anquetil et de Merckx à Jalabert, mille exploits ont été réalisés sur la Grande Boucle. Avec verve et bienveillance, le célèbre journaliste de sport Jean-Paul Brouchon fait revivre tous les événements, petits et grands, qui ont construit la légende du Tour. Un grand récit plein d'émotion et de générosité.
Nouvelle édition revue et augmentée.
Jean-Paul Brouchon a couvert trente-sept fois le Tour de France. Entré à la RTF en 1962, chef de service à France Inter puis rédacteur en chef à France Info, cet expert de cyclisme a reçu le prix Henri-Desgrange (1990) et le prix Pierre-Chany (1992).
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1903
LA NAISSANCE DU TOUR DE FRANCE Desgrange, Giffard et les autres...
Dans les premières années du XXe siècle, le cyclisme est le sport qui, avec l'automobile, intéresse le plus les Français. La compétition cycliste n'en est qu'à ses débuts, mais déjà elle connaît un engouement révélateur. Relatés par la presse sportive, les exploits des coureurs surprennent et remplissent grands et petits d'admiration, de respect même. Dans les villes, on a déjà fait quelques kilomètres en automobile sur les chemins de campagne de l'époque. On se rend mieux compte de ce que représente une voiture de course lancée sur ces routes de charroi, ou encore mieux, ces cyclistes sautant d'une ornière à l'autre, d'un cloaque à l'autre, pour rejoindre au plus vite, ou tout du moins avant les autres, la ligne d'arrivée. Dans les villages, on n'emprunte ces sentes que pour aller travailler aux champs, traire les vaches et les faire vêler, faner, moissonner ou semer. On sait trop ce que valent ces tortilles toujours couvertes d'une boue noirâtre ou d'une poussière ocre résultant à la fois des excréments des animaux, des fanes de légumes et des restes en décomposition dont la nature ne veut plus.
La presse sportive, elle, se porte bien. On ne compte pas moins de treize titres. Dans les colonnes du Journal des Sports, Géo Lefèvre déclare : «La fin du XIXe siècle aura été, pour nous Français, une époque exceptionnelle. Notre jeunesse qui commençait à s'avilir, à s'abêtir, s'est tout à coup transformée. Nous avons assisté à la rénovation des exercices physiques, non pas en une lente évolution, mais par un véritable coup de théâtre, changement à vue si prodigieux qu'on le dirait oeuvre de fée. La fée qui a donné le coup de baguette magique tout puissant, c'est la bicyclette.»
Grande figure de la presse sportive, Pierre Giffard est un éditorialiste redouté. Pourtant, lorsqu'il naît en 1853, le cyclisme n'existe pas encore. On parle seulement de la «vélocipédie» et de ses amateurs, qui «vélocent». À Fontaine-le-Dun, près de Dieppe, son village natal, on ignore sans doute tout de cet étrange moyen de locomotion qui oblige, pour se mouvoir, à propulser les jambes d'avant en arrière. Fils du maire - un notaire renommé -, Giffard connaît une jeunesse heureuse. Volontiers rimeur à ses heures, c'est à peine s'il s'intéresse à la transformation du vélocipède en bicyclette grâce l'invention de la pédale, de la roue libre et de la chaîne. Il ne prête qu'une attention distraite à l'organisation de la première course sur route, Paris-Rouen, le 7 novembre 1869.
À dix-sept ans, il s'engage dans l'armée - c'est la guerre de 1870. C'est là qu'il entend des officiers vanter les mérites de la bicyclette. On affirme d'ailleurs que «dans la prochaine guerre, la bicyclette jouera un rôle très important». Démobilisé en 1871, Giffard passe son bac et commence des études de droit qu'il abandonne aussitôt pour filer sur Paris, où il espère devenir journaliste. Durant six ans, il voyage, apprend, se forme et, en 1879, entre au Figaro. Il a alors vingt-six ans. Bientôt, il dirige Le Petit Journal et se fait remarquer par la violence de ses éditoriaux, qu'il signe «Jean sans Terre», en référence à ce frère de Richard Coeur-de-Lion, qui, bien que privé de terres, se bat toujours. Il continue à beaucoup voyager et découvre vraiment la vélocipédie, dont il affirme qu'elle n'est pas seulement un sport, mais encore un bienfait social.
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