Auteur : Ernest William Hornung
Date de saisie : 12/06/2007
Genre : Policiers
Editeur : Omnibus, Paris, France
Collection : Omnibus
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-258-07376-0
GENCOD : 9782258073760
Sorti le : 07/06/2007
Raffles est un cambrioleur. C'est ce que découvre Bunny, son ancien camarade d'école, quand il est entraîné dans une aventure nocturne : l'effraction d'une bijouterie. Bunny devient à la fois son complice (aussi maladroit qu'avide de bien faire) et le narrateur de ses forfaits.
International de cricket, homme du monde raffiné fréquentant la bonne société victorienne, Raffles est reçu par tous les notables et aristocrates de Londres, ce qui lui permet de repérer le théâtre de ses futurs exploits.
Malgré l'inspecteur Mackenzie qui le traque, ce bandit au grand coeur promène sa désinvolture narquoise, son élégance et son humour tout au long des vingt-six nouvelles et du roman qui composent ce volume.
«Le charme de Raffles tient en partie à l'atmosphère de l'époque et en partie à la perfection technique des récits», a dit George Orwell. Célébrissime outre-Manche, Raffles fait partie des héros mythiques de la littérature policière.
La légende, c'est bien connu, triomphe toujours de la réalité.
Raffles, le gentleman cambrioleur anglais, passe depuis un siècle pour une copie d'Arsène Lupin ou pour un de ses émules. C'est tout le contraire. Raffles a précédé le héros de Maurice Leblanc dans la pratique du plus raffiné des Beaux-Arts : le cambriolage.
La chronologie ne permet aucun doute. L'Anglais entre en scène sept ans avant le Français. En juin 1898, dans «The Ides of March» («Les Ides de Mars»), paru dans Cassell's Magazine quand «L'arrestation d'Arsène Lupin» intervient le 15 juillet 1905 dans Je Sais Tout, le magazine de Pierre Lafitte. Le même éditeur met en vente le recueil de ses premières aventures, Arsène Lupin gentleman-cambrioleur le 10 juin 1907. Dix-sept jours avant que Félix Juven ne propose à son tour Un cambrioleur amateur - Raffles ; mais le volume original anglais, The Amateur Cracksman, est sorti à Londres en 1899.
Il ne s'agit pas d'une riposte destinée à rétablir une antériorité dont Juven ne se soucie guère. En bon commerçant, il a saisi l'occasion de capter une partie de l'engouement pour un voleur de charme qu'il observe depuis dix-huit mois chez les lecteurs de Je Sais Tout. Et ce n'est pas le goût du paradoxe qui a poussé l'éditeur des hebdomadaires Le Rire et Fantasio à faire figurer à son catalogue trois volumes de Raffles et les cinq premiers recueils de Sherlock Holmes. Peut-être apprécieraient-ils le piment de cette cohabitation, s'ils avaient pu savoir que le créateur de Raffles, Ernest W. Hornung (1866-1921), est le beau-frère de Conan Doyle et l'époux de sa soeur Constance...
Peu affligé de l'esprit possessif des éditeurs actuels, Juven se résigne à voir Raffles passer pour le challenger d'Arsène Lupin alors qu'il est le tenant du titre. Loin d'être corrigée, cette anomalie chronologique sera abolie par l'ampleur de la saga d'Arsène Lupin. Longévité de la publication : 1905-1939 et son abondance quantitative. Face aux quinze romans et trente-deux nouvelles de Maurice Leblanc, Hornung aligne un roman, Raffles le justicier (1909), et vingt-six nouvelles recueillies en trois volumes : Un cambrioleur amateur (1899), Le Masque noir (1901), Le Voleur de nuit (1905).
Cette disproportion fait passer Raffles pour un simple imitateur de son prétendu modèle, elle n'efface pas la parenté que trahissent leurs ressemblances. Le portrait du gentleman cambrioleur que j'ai tracé il y a bien des années peut encore convenir à l'un comme à l'autre.
Usant et abusant d'identités et de visages multiples, le gentleman cambrioleur est toujours élégant, cultivé, séduisant. Avec délices il se répand dans la bonne société et l'escroque autant par inclination personnelle que par nécessité professionnelle. Sa passion pour les joyaux et les oeuvres d'art l'amène à flibuster ceux qui sont assez riches pour les acquérir et trop indignes pour les conserver. Un souci d'équité ou de justice redistributive le pousse parfois à s'investir dans la défense de la veuve et de l'orpheline... surtout si elles sont jolies, sans jamais se départir de l'humour et de l'insolence qui font son image de marque. Il est l'anti-Sherlock Holmes parfait, ravi de jouer au chat et à la souris avec les représentants de l'ordre et des corps constitués.
Une fois ces généralités proclamées, on distingue sous chaque ressemblance des nuances qui révèlent autant de différences. Ces deux gentlemen peu recommandables raffolent de la vie mondaine et aristocratique. Pour y goûter, Lupin doit procéder par intrusion et falsification en raison de ses origines roturières : un père professeur de boxe française, mort dans une prison américaine où il était détenu pour escroquerie. Pour être admis à fréquenter ce que Proust appelle «le gratin», il lui faut se parer de titres de noblesse en toc.
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