Auteur : Anne de Rancourt
Préface : Claude Villers
Date de saisie : 11/06/2007
Genre : Guides et conseils pratiques
Editeur : Chiflet et Cie, Paris, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-35164-024-1
GENCOD : 9782351640241
Sorti le : 31/05/2007
Enfin une bonne nouvelle dans ce monde de brutes : la dictature de la maigreur serait en voie de disparition ! Pourquoi ? Parce que des pionnières rondes, et fières de l'être, n'hésitent plus à transformer leurs kilos, leurs seins glorieux et leurs fesses fermes en une extraordinaire force de séduction.
Dans cet ouvrage drôle et courageux, Anne de Rancourt nous livre ses secrets et ses trucs pour s'aimer comme telle en démontrant, avec son enthousiasme communicatif, qu'il n'est plus de mise d'associer «rondes» à laides, honteuses ou ridicules, mais plutôt à gaies, épanouies et sensuelles. D'ailleurs, les magazines féminins se font largement l'écho de cette révolution où l'on voit les Marilyn callipyges écraser les Kate Moche et de plus en plus d'hommes désireux «d'entrer dans la ronde»...
Anne de Rancourt est l'auteur du best-seller Comment élever un ado d'appartement. Mère de quatre enfants, clic enseigne l'allemand à Metz.
A la recherche de la grosse
Remontons le temps, grosse, vous avez dit grosse ?
Vous ne parvenez même plus à vous souvenir à quoi vous ressembliez à l'âge de huit ans. Mentalement, vous vous vivez comme une grosse depuis toujours, aussi loin que remontent vos souvenirs. Vous tentez de vous rappeler à «quoi» vous ressembliez, petite fille, quelle image vous renvoyait votre entourage, à défaut du miroir, qui, lui, ne vous livrait aucun indice sur ce que «les Zautres» voyaient...
Etiez-vous jolie, mignonne, potelée, fine, mince, laide, grasse, dodue, normale, aimée ? Vos parents, votre fratrie vous appelaient-ils «ma jolie», «ma petite puce», «ma petite chérie» ? Votre mémoire se tait, désespérément sadique... Cherche, ma grosse, cherche !
Qui vous a «dit» que vous avez toujours été grosse, donc laide et indigne d'être aimée ? D'où vous vient cette conviction intime, inscrite profondément, et sans cesse réactivée ?
Vous allez, fébrilement, chercher les albums photos familiaux que vous avez récupérés lorsque la maison familiale a été vendue. Dans l'urgence, le temps dans le désordre ; qu'importe ? Il ne s'agit pas de retrouver les photos des générations précédentes ; votre unique préoccupation, c'est vous-même, avant aujourd'hui. Avant ce (petit) «surpoids», cet «excès pondéral», cette «surcharge hilaire», et autres diagnostics pesants sur vos formes et votre ratio taille-poids au point de vous livrer à des dizaines de «spécialistes» depuis que la question vous «bouffe» la vie.
Mais quelle n'est pas votre surprise de constater que cette petite fille, dont la photographie est soulignée d'une légende plus ou moins élogieuse, écrite peut-être de la main de votre mère, vous paraît aujourd'hui tout à fait mignonne, souriante, visiblement heureuse et surtout «normalement» proportionnée, «normalement mince», normalement jolie, normale, quoi !
Vite, vous feuilletez les autres albums, ceux des années suivantes : on ne sait jamais, peut-être qu'à neuf ans vous étiez déjà une grosse mémère ? Ceci pourrait expliquer cela... Si vous avez en effet toujours été rondelette ce serait la preuve que vous n'y pouvez rien, que c'est inscrit dans vos gènes, dans votre «tempérament» comme on dit dans les familles. Eh non ! Encore perdu ! Dix ans ? Douze ans ? Idem. Et quelle chevelure épaisse et souple !
Treize ? A peine quelques rondeurs appétissantes classiques chez les toutes jeunes filles au seuil de la puberté, rondeurs qui s'affinent plus tard, lorsque la femme se dessine, que les premiers regards masculins, caressent, polissent ces formes...
Et puis... enfin, comme soulagée - effrayant soulagement ! - vous tombez sur LA photo de l'été de telle année... cette jeune fille, de presque vingt ans, pas si laide, qui s'efforce de sourire naturellement tout en rentrant son petit ventre en posant de profil : cette jeune femme, pas mince mais loin d'être énorme, c'est vous !
Mais pourquoi étiez-vous persuadée d'être grosse au moment où ce crétin de petit oiseau persifleur allait sortir ? Ce peut-il que votre mise en esclavage, votre soumission à la tyrannie de la minceur date de cette époque ?
Ne ressemblant plus à une petite fille, avec déjà des formes féminines, vous vous êtes mise à vous détester, à essayer de maigrir à tout prix ; vous êtes devenue la victime, une de plus, de la trompeuse «vision unique», ce «prêt à voir» étroit des faiseurs de mode misogynes qui craignent les «vraies» femmes.
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