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Un couple en marge

Couverture du livre Un couple en marge

Auteur : Leïla Chellabi

Date de saisie : 14/07/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : LCD Médiation, Montrichard, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-909539-65-2

GENCOD : 9782909539652

Sorti le : 18/05/2007


  • La dédicace de l'auteur

Ayant écrit cet ouvrage au Maroc face à la mer, avec l'horizon pour mesure d'infini voire d'éternité, je le dédie à chaque femme, à chaque homme comme une invitation des uns vers les autres dans la mesure d'une évolution de préférence consciente qui ouvrira aux coeurs les voies diverses des amours y compris clandestines, jusqu'à cet Amour inclusif capable de partage qui pourrait bien en un second temps nous mener tous vers l'Amour absolu relativisé humainement par des frontières obsolètes, des séparativités illusoires et des inutilités médiocres dont il est trop souvent affublé.
C'est une histoire de couple comme on aimerait le rencontrer ou le vivre peut-être.
Le couple en pleine mutation à cause des apports culturels des partenaires.
Je dédie à tous ce couple en marge pour des raisons qui ne vous échapperont pas à la lecture.

Leïla Chellabi



  • La présentation de l'éditeur

La critique est aisée, le jugement facile, les cultures diffèrent, les traditions s'entrecroisent.
Les femmes se comprennent ou pas, c'est selon... Les problèmes, théoriques pour les unes, sont très quotidiens pour les autres.
Et puis soudain, une femme tombe amoureuse, prête à tout pour vivre son amour, acceptant de son partenaire l'insolite qui n'aurait jamais dû la toucher si d'aventure elle en avait aimé un autre.
Les relations sont belles quand elles sont vécues avec le coeur ouvert non seulement à l'amant, au mari, mais aussi à sa femme légitime parce que cette dernière est l'un des éléments fondateurs de la famille.
Ici les vies de l'épouse et de la maîtresse font l'objet de relations que le mari de l'une, amant de l'autre, vit très librement et très généreusement, à l'orientale. Et les femmes ?
La maîtresse est européenne, la femme marocaine, c'est souvent l'inverse !
Le couple adultérin, mais si peu, vécu en doublé, et assumé par Sibylle, après deux mariages peu satisfaisants qui vous sont aussi contés.
Vous aimerez cette héroïne à la fois romanesque et tellement actuelle, Sibylle notre soeur à toutes, mais aussi l'épouse et/ou la maîtresse que l'on peut souhaiter à tout homme...





  • Les premières lignes

«Je n'ai pas cherché à savoir, je n'ai pas cherché à comprendre, j'ai juste cherché à aimer. Et de là, une cavalcade, une cascade, un torrent, que sais-je ? se sont abattus sur moi. De partout sont arrivés, en trombe, insi­dieusement, doucement, calmement ou de manière très agressive, des «besoins d'être aimée». Ils étaient si forts, si invisibles à première vue, si étonnamment inconscients souvent, que j'en suis restée coite. Il n'y a pas, voyez-vous, de composantes frauduleuses dans ces besoins-là, ils sont vitaux, et quelles que soient les formes qu'ils prennent, ils sont sincères, authentiques, et quand même, fichtrement déformés par des complexités de la psyché qui n'en finissent pas de ne pas démordre du fait qu'en fin de compte, on a tous besoin d'être aimé, mais que l'on ne sait pas comment parvenir à ce rêve qui, quand se présentent certaines amours, vire au cauchemar !
Dans mon besoin d'être aimée, probablement, gisait incognito ce besoin d'aimer. J'avais alors quatorze ans à peine, et ma lucidité à cet égard était nulle, sauf que je m'organisais dans la tête des films aux scénarios impossibles, dont j'étais l'héroïne traquée par de multiples amours ! Et cela marchait bien ! Je passais parmi mes camarades de cours tête haute et regard mystérieux, car l'heureux prétendant n'étant pas parmi eux, mais totalement imaginaire, je me sentais vraiment très à l'aise avec mon secret virtuel, l'avantage étant que je changeais de partenaire au gré des jours et des films que je mettais en scène. Cette vie onirique était tout à fait intégrée dans ma vie d'adolescente, et mes occupations sportives en faisaient bien sûr partie, puisque mes prétendants y participaient aussi, à l'insu de tous bien entendu, ce qui était très pratique. J'avais des rendez-vous que je me programmais avec eux, et je tenais à ces heures de rencontres imaginaires comme à quelque liberté précieuse qui me mettait toujours en porte-à-faux avec ceux et celles de mes amis qui ne comprenaient pas pourquoi je ne pouvais les voir alors que je paraissais avoir tout mon temps. Mais sans donner aucune explication, je lançais par exemple : «Non, non pas à quatre heures dimanche, je suis déjà prise» ce qui était faux bien sûr, et qui les consternait.
Mais j'avais deux vies.
La première parfaitement normale, celle d'une adolescente comme les autres, et puis cette vie parallèle aux amours multiples que je menais tambour battant dans le secret le plus absolu, et qui interférait sur ma première vie, sans que cette dernière ne gêne aucunement ce parcours onirique dont les scénarios complexes parfois me prenaient un temps fou. Mes amours clandestines étaient très imprégnées par les physiques des acteurs américains de l'époque, et les silences, les répliques, les interviews d'eux que je lisais avidement, inspiraient mes histoires d'amour avec une intensité dont je ne me serais pas cru capable.
Et ainsi allais-je, dans la vie quotidienne, soutenue par des amours invisibles dans ce besoin d'aimer et d'être aimée dont la sexualité ne faisait pas partie encore, mais où le désir se manifestait, impromptu, me laissant affamée d'amour et fataliste quant au dénouement qu'il trouverait bien un jour ou l'autre, mais je ne faisais à ce sujet aucun plan. Dans ce domaine la présence de mes parents me gênait, je ne me voyais pas me donner à un homme, leur proximité à ce moment-là m'interdisait toute allégorie à ce sujet. Comme quoi les parents ne savent probablement pas que seule leur présence parfois met un frein aux délires adolescents les plus fous.


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