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La Ve République se meurt, vive la démocratie

Couverture du livre La Ve République se meurt, vive la démocratie

Auteur : Dominique Rousseau

Date de saisie : 05/07/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-7381-1981-0

GENCOD : 9782738119810

Sorti le : 10/05/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

LA Ve RÉPUBLIQUE SE MEURT, VIVE LA DÉMOCRATIE

N'est-ce pas notre Constitution qui est responsable de bien des difficultés politiques actuelles ? Ne devient-elle pas un handicap à une nécessaire évolution vers plus de participation et un meilleur équilibre des pouvoirs ? Que faire alors ? Aller jusqu'à une VIe République ?

Dominique Rousseau retrace l'histoire politique et insti­tutionnelle de la Ve République. Il montre comment la Constitution de 1958, toujours en quête d'équilibre, s'est transformée, souvent profondément, au point de perdre presque tous ses traits d'origine.

Malgré ses succès et ses métamorphoses, née en bravant la démocratie parlementaire, elle continue de défier la démocratie des citoyens. Sans doute peut-elle encore durer, mais combien de temps et à quel prix ?

L'un de nos meilleurs constitutionnalistes livre à point nommé sa vision de notre système politique et les directions qu'il entrevoit pour l'avenir.

Dominique Rousseau

Dominique Rousseau est professeur de droit constitutionnel à l'université de Montpellier et membre de l'Institut universitaire de France.





  • La revue de presse Gérard Courtois - Le Monde du 6 juillet 2007

Changer de régime est une très ancienne marotte française. Pendant la campagne présidentielle, la gauche et le centre appelaient de leurs voeux l'instauration d'une VIe République. Depuis son élection, Nicolas Sarkozy s'emploie à le faire sans le dire en poussant aussi loin qu'il est possible la conception présidentielle des institutions. Dans un cas comme dans l'autre, le constat est similaire : le régime fondé par le général de Gaulle il y a bientôt un demi-siècle pèche moins par son ambivalence (mi-parlementaire, mi-présidentiel) que par son "défaut de démocratie" et son rapport baroque à la responsabilité politique des élus. Tel est également le point de départ - et d'arrivée - de la réflexion approfondie menée par Dominique Rousseau...
Reste à reconstruire ce qui donne leur sens aux institutions : la citoyenneté. Cela suppose, "sans doute", une autre Constitution.



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

La question constitutionnelle est de retour ! Nicolas Sarkozy propose un président leader plutôt qu'un président qui préside, Ségolène Royal une «nouvelle République», François Bayrou, Marie-George Buffet et José Bové une «VIe République» et tous annoncent une révision de la Constitution pour la fin de l'année 2007. De quoi tourmenter le général de Gaulle qui, en 1958, pensait avoir enfin donné à la France «les institutions qui lui font défaut depuis 1789». Évidemment, chacun peut se rassurer en rappelant que la Constitution de 1958 «en a vu d'autres», que sa mort nécessaire et imminente était annoncée dès 1958 et qu'elle est encore là cinquante ans après. Ou en pensant que les projets de nouvelle constitution sont des figures imposées de tout candidat à l'élection présidentielle, des promesses qui seront oubliées aussitôt l'élection passée. Que François Mitterrand, le plus féroce - et le plus lucide - critique de la Ve République, n'ait pas jugé utile, une fois installé à l'Elysée, de changer la Constitution, mieux, qu'il en ait utilisé toutes les ressources pour diriger «tranquillement» le pays pendant quatorze ans, pourrait légitimement convaincre que, quoi qu'en disent les candidats, la continuité constitutionnelle est assurée. Comme dans la fable, à force de crier à la VIe République et de ne voir rien venir, chacun finit par ne plus y croire !
Et si, en 2007, elle venait vraiment ? Et si, en 2007, le temps était venu d'une autre constitution ? Il ne faut réviser une constitution que si c'est nécessaire, prévenait le doyen Georges Vedel. Or, précisément, si changer la Constitution était devenu, en 2007, nécessaire ? Nécessaire pour la société, qui ne se reconnaît plus dans ses institutions ; nécessaire pour l'autorité de la France dans le monde, qui ne sait plus, de l'Elysée ou de Matignon, quel est le lieu réel du pouvoir ; nécessaire pour la démocratie, qui souffre de l'exercice d'un pouvoir politique sans contrôle, sans contrepoids et sans responsabilité. La montée en puissance du vote «hors système», la fluidité du suffrage d'une élection à l'autre, l'impromptu du 21 avril 2002, l'insurrection électorale du 29 mai 2005, l'engouement pour les «politiques people» au détriment des «politiques-citoyens» manifestent, depuis plusieurs années déjà, la défiance de la société à l'égard de ses institutions politiques ; au mieux elle s'en amuse, au pire elle s'en détache. Et le pire n'est pas loin quand les affaires politico-financières se multiplient, touchent droite et gauche et que près de 70 % des Français considèrent que la corruption est la plus élevée dans les principales institutions de la République, le Parlement, 68 %, le gouvernement, 77 % et l'Elysée, 69 %.
Comment la Ve République en est-elle arrivée là ? Pourquoi de battre son coeur est-il sur le point de s'arrêter ? Sans doute à cause d'une conception hasardeuse qui a fait davantage appel aux gens d'épée qu'aux gens de robe et qui, aujourd'hui, fait périr la Ve par où elle a péché, le défaut de démocratie. Sans doute aussi à cause des hommes qui ont soumis l'usage des institutions à leurs intérêts de pouvoir et se sont accordés sur une pratique «conventionnelle» de la Constitution. Mais surtout, la Ve République se meurt d'être sans qualités. La P République était consulaire, la IIe République présidentielle, la IIIe et la IVe Républiques parle­mentaires, la Ve est... sans qualités. La Constitution de 1958 «institue incontestablement un régime parlementaire mais nombre de ses traits évoquent ceux du régime présidentiel ; entre les deux existe-t-il un mélange, peut-on parler d'un cumul ou a-t-on affaire à un régime hors des catalogues traditionnels qui n'a d'autre définition que lui-même» ? La doctrine a fait son travail avec conscience pour tenter d'identifier le régime politique issu de la Constitution de 1958 mais elle s'est vite perdue dans une cacophonie de qualificatifs : consulaire, orléaniste, bonapartiste, semi-présidentielle, présidentialiste, sénatoriale, monarchique, parlementaire et même dictature. Cinquante ans après, si elle n'est évidemment pas une dictature, la Ve République reste toujours aussi indéterminée.


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