Auteur : Colleen McCullough
Traducteur : Jean-Paul Mourlon
Date de saisie : 09/06/2007
Genre : Policiers
Editeur : Archipel, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-84187-945-8
GENCOD : 9782841879458
Sorti le : 06/06/2007
1965. Connecticut. Au HUG, centre de recherche neurologique, deux employés découvrent, dans la chambre froide où l'on dépose les animaux de laboratoire avant incinération, un sac contenant un corps sans tête, coupé en deux...
Chargé de l'affaire, le lieutenant Carminé Delmonico établit rapidement le lien avec des meurtres sadiques récemment perpétrés. Toutes les victimes - des femmes - ont en commun leur jeune âge et leur couleur de peau.
L'enquête piétine. Une seule certitude, le coupable appartient au HUG. La tension monte en ville sous la pression des activistes noirs, convaincus qu'il s'agit de crimes racistes. Vite, un coupable, avant que d'autres corps ne manquent à l'appel...
Née en 1937 à Wellington (Australie), Colleen McCullough a suivi des études d'infirmière à Sydney puis à Londres avant de se tourner vers le roman. L'auteur des Oiseaux se cachent pour mourir (Belfond, 1977) et de La Maison de l'Ange (l'Archipel, 2006) a puisé dans ses souvenirs - elle a travaillé dix ans au département de neurophysiologie de l'Université de Yale - pour signer ce premier roman noir, très noir...
Une intrigue menée avec brio. Sensations garanties !»
Publishers Weekly
Mercredi 6 octobre 1965
Jimmy se réveilla peu à peu, sans être conscient d'autre chose que d'un épouvantable froid. Ses dents claquaient, sa peau le brûlait, ses doigts et ses orteils étaient gourds. Et pourquoi n'y voyait-il rien ? Tout autour de lui n'était que ténèbres, obscurité totale. Il se rendit compte également qu'il était enveloppé dans quelque chose d'inconnu qui l'enserrait. Emprisonné ! La panique l'envahit. Il se mit à hurler, à griffer frénétiquement ce qui l'entravait, et finit par se libérer, mais le froid persistait. Il y avait d'autres objets autour de lui, mais il avait beau pousser des cris, arracher, déchirer, il ne pouvait se sortir de là, discerner la moindre lumière ou sentir la moindre chaleur. Alors il hurla, sans rien entendre d'autre que le battement de son coeur qui rugissait dans ses oreilles.
Otis Green et Cecil Potter, qui s'étaient rencontrés sur la 11e Rue, arrivèrent au travail ensemble. À 7 heures tapantes - quel bonheur que de ne pas avoir à pointer et de travailler dans un endroit civilisé -, ils déposèrent leurs paniers-repas dans le petit placard d'acier qu'ils s'étaient réservé : pas besoin de serrure, il n'y avait pas de voleurs ici. Puis ils vaquèrent à leurs tâches.
Cecil entendait ses «bébés» l'appeler : il se dirigea vers leur salle, leur lançant d'une voix pleine d'affection :
- Salut les gars ! Ça va ? Tout le monde a bien dormi ?
Otis, de son côté, s'attela à la besogne la moins agréable de sa journée. Sa poubelle à roulettes était toute propre ; il la poussa jusqu'à la lourde porte d'acier de la chambre froide, qu'il ouvrit. Il eut à peine le temps d'apercevoir une silhouette qui passa à sa hauteur en hurlant comme un damné.
- Cecil ! s'écria Otis. Viens donc ! Jimmy est toujours vivant ! Il s'est fait la malle, faut qu'on l'attrape !
Le grand singe piaillait, pris de panique, mais après que Cecil lui eut parlé un instant, puis tendu les bras, l'animal s'y précipita et ses cris perçants se réduisirent à de faibles plaintes.
- Bon Dieu, Otis, dit Cecil en le berçant, comment est-ce que le docteur Chandra a pu faire ça ? Le pauvre gamin a été enfermé dans le congélo toute la nuit ! Allons, Jimmy, calme-toi, calme-toi ! Papa est là, fiston, tout va bien !
Les deux hommes étaient sous le choc. Le coeur d'Otis lui paraissait battre la chamade, mais tout cela était sans conséquences. Le docteur Chandra sera ravi que Jimmy n'y soit pas passé, songea-t-il.
Même un maniaque de la propreté comme Otis ne pouvait faire disparaître du congélateur l'odeur de mort qui y régnait, malgré les désinfectants et les désodorisants. Un remugle, non de décomposition mais de fragrances plus subtiles, l'entoura tandis qu'il allumait l'interrupteur, révélant l'intérieur d'acier inoxydable. Bon Dieu, Jimmy avait fait de sacrés dégâts ! Il y avait partout des rats morts sans tête, des poils blancs, des queues nues obscènes, des sacs déchirés. Et derrière, d'autres, plus grands, déchiquetés eux aussi. Soupirant, Otis en prit des neufs dans une armoire et entreprit de remettre un peu d'ordre. Une fois les rats morts de nouveau emballés, il tendit la main et attira vers lui le premier des deux grands sacs, fendu de haut en bas, révélant son contenu.
Otis ouvrit la bouche et poussa un cri aussi perçant que ceux de Jimmy. Il hurlait toujours quand Cecil arriva à la hâte. Semblant ne pas le voir, Otis fit demi-tour et s'enfuit à toutes jambes, courut dans les couloirs, dans le foyer, puis sortit du bâtiment, descendant la 11e Rue jusqu'à chez lui, au premier étage d'une maison miteuse.
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