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Marins français explorateurs

Couverture du livre Marins français explorateurs

Auteur : Michel Perchoc

Illustrateur : André Lambert

Date de saisie : 08/06/2007

Genre : Histoire, Géographie

Editeur : Ed. du Gerfaut, Paris, France

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 978-2-35191-002-3

GENCOD : 9782351910023

Sorti le : 30/05/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Depuis l'an 1500, pendant cinq siècles d'explorations, les marins français, sur les océans et dans leurs profondeurs, sur cette terre et dans les airs, ont reculé les limites du monde en domptant les leurs. Ces explorateurs étaient hommes d'action, leurs actes opiniâtres en témoignent. Ils étaient aussi peintres, savants, scientifiques, poètes, botanistes, médecins et astronomes, d'un appétit de connaissances insatiable et d'une curiosité exemplaire qu'ils ont toujours payés de leurs souffrances et parfois de leur vie alors que les trompettes de la renommée demeuraient trop souvent muettes.
Car si certains sont passés à la postérité-Bougainville, Charcot, Cousteau... - d'autres, moins chanceux, ont injustement disparu de nos mémoires que ce livre se propose de raviver en quarante-quatre tableaux historiés où l'humour et l'admiration le disputent à l'exactitude.





  • Les premières lignes

Binot le Paulmier de Gonneville

Partage des richesses
En 1494, le pape Alexandre VI signe un traité capital pour la période des découvertes maritimes du XVe au XVIIe siècle. Ce traité de Tordesillas trace un méridien - ligne imaginaire du pôle Nord au pôle Sud - en Atlantique qui sépare dorénavant les appétits empressés de l'Espagne et du Portugal. À l'est de ce méridien le Portugal a les mains libres - Brésil, Afrique -, à l'ouest ce sera l'affaire exclusive de l'Espagne - Amérique centrale, Amérique du Nord en particulier la Floride, Amérique du Sud. Les grands perdants de ce partage se nomment France, Angleterre, Hollande.

Sur les traces de Vasco de Gama
En 1498, pour Henri le Navigateur, roi du Portugal, Vasco de Gama poursuit la recherche de la route des Indes. Il franchit le cap de Bonne Espérance et arrive en Inde à Calicut, où il ouvre les premiers comptoirs marchands. À cette époque, les navigateurs sont prudents et suivent si possible la côte de vue.
Voulant se rendre à son tour en océan Indien par Le Cap, Paulmier de Gonneville inscrit à son palmarès, bien malgré lui, le Brésil ! Ainsi nous devons à un capitaine marchand, le premier récit d'un voyage français en Amérique du Sud au tout début du seizième siècle. En juin 1503, ce capitaine est désigné par les armateurs de Honfleur pour conduire une campagne de commerce dont l'objectif est le négoce et la recherche d'épices. Le pilote embarqué par Gonneville étant mort avant que le navire n'ait doublé Le Cap, la malheureuse expédition dérive dans l'Atlantique Sud au gré des tempêtes, et finit par mouiller le 5 janvier 1504 dans un pays à la végétation luxuriante où l'on trouve «moult perroquets» et des «choses curieuses inconnues en chrétienté». C'est le Brésil dont le bois couleur de braise (brasil) fournit une teinture rouge appréciée.

Des conséquences inattendues...
Ce gentilhomme honfleurais réputé habile dans l'exercice du métier de la mer, est représentatif des premiers marins français se lançant courageu­sement au tout début du XVIe siècle à travers les océans, alors que les moyens de navigation, surtout de positionnement, ne sont ni précis, ni fiables. Bien accueilli par les Indiens de San Francisco du Sud, notre marin marchand y reste huit mois avant de regagner la France après une escale mouvementée parmi les cannibales de Porto Seguro. Les malheurs continuent en arrivant en Manche où des pirates assaillent le navire qui s'échoue. Vingt-sept hommes sur soixante regagnent Honfleur ; la précieuse cargaison et le journal de bord de Gonneville sont perdus. Le récit de mémoire que donne l'explorateur de son voyage n'est donc pas fidèle d'autant plus qu'il sera enjolivé par la suite, donnant naissance au mythe de la «terre de Gonneville» ou «terre des Perroquets», considérée comme un vaste continent austral que bien plus tard, en 1772, Louis XVI enverra Kerguelen «découvrir».

Il est vrai qu'au XVIe siècle, les géographes pensaient vraiment que la Terre Australe occupait une grande partie de l'hémisphère sud pour contrebalancer le poids des terres septentrionales. Toujours est-il que dès le début du XVIe, se nouèrent des relations régulières d'échanges amicaux entre le Brésil et la Normandie. Rochelais, Saintongeais, Normands, Bretons iront chercher le bois, l'or, les huiles médicinales, les singes en échange de draps, miroirs, armes ou verroterie. C'est ainsi qu'en 1550, le roi Henri II en visite à Rouen fut accueilli par les marins normands, accompagnés de cinquante Indiens Tupinambas !


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