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Evviva l'Italia : balade

Couverture du livre Evviva l'Italia : balade

Auteur : Bernard Chambaz

Date de saisie : 18/06/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. du Panama, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-7557-0216-3

GENCOD : 9782755702163

Sorti le : 10/05/2007

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  • La présentation de l'éditeur

Quand Bernard Chambaz ouvre Sur le Giro 1949 de Dino Buzzati, il s'aperçoit que ce Tour d'Italie commence le jour de sa naissance.
À la page 52, il découvre qu'un vieillard de 57 ans fait le Giro en cachette, partant avant les coureurs, arrivant après eux. Voilà pourquoi, 57 ans plus tard, Bernard Chambaz prend les roues du duo Coppi / Bartali pour boucler le Giro de sa naissance, vélo rose en hommage, avec le soutien du quotidien La Croix. Mais Evviva l'Italia n'est pas le récit homérique d'un exploit sportif, plutôt une balade sentimentale, un hymne à l'Italie, à sa géographie, à sa culture humaniste, à son génie de la pasta et des gelati, à la beauté lumineuse de ses femmes, à ses magnifiques anonymes.





  • La revue de presse - Le Monde du 8 juin 2007

Poète, essayiste, romancier, Bernard Chambaz récidive, lui qui en 2003 s'était lancé très courageusement à l'assaut du Tour de France du centenaire dont il couvrit à une allure plus que digne d'estime le prologue et les vingt étapes, en livrant ensuite le récit sans fard, A mon Tour (Seuil), "Je me donne - sans abuser je l'espère - les pouvoirs de (...) rapporter en quelques poignées de mots, parce que somme toute je suis du paysage." Tels le Woody Allen de La Rose pourpre du Caire, Chambaz, Nucera, Fallet et Fottorino jouent des deux côtés de l'écran, acteurs qui témoignent d'une passion vécue sur deux roues, adultes-enfants. Ou enfants-adultes. Si le récit vélocipédique ne date pas d'hier - le Voyage de Bordeaux à Paris de Maurice Martin (Editions du Veloce-Sport, 1890) ouvrant excellemment le genre -, leurs projets multiplient liens et convergences...
Sa cantilène sans prétention et sans nostalgie est une chanson rose. Rose comme sa loyale monture à chaîne et pignons, rose comme la tunique des vainqueurs du Giro.



  • Les premières lignes

Palerme, le 11 juin.

On pourrait croire que la puissance des livres s'amoindrit. Je postule qu'elle ne se dément pas. Les livres nous habitent et persistent à nous définir. En tout cas, je viens de renouveler l'expérience de leur pouvoir et j'aimerais faire la démonstration de leur rayonnement. Il arrive aussi que les livres aient à voir avec la route, avec une traversée bien sûr, ou un tour, l'Odyssée est bien l'une et l'autre, elle a donné le ton. Par la suite, les auteurs grecs et romains en ont proposé des variations magistrales, et rien n'a vraiment changé depuis le devisement émerveillé du monde par Marco Polo.
Sur le Giro 1949 est le titre français du livre à l'origine de cette balade. Il porte en sous-titre ces quatre mots : «Le duel Coppi-Bartali». La couverture reproduit la photographie, en grain très effacé, des deux héros sur leur bicyclette aux roues vides, pareils aux petits cyclistes en métal qui occupaient nos après-midi d'antan. Au-dessus, un extrait du texte commence par une formule magique : «de notre envoyé spécial». Ce messager est Dino Buzzati à qui on doit Le Désert des Tartares. Une gazette milanaise, le Corriere della Sera, l'a envoyé suivre - c'est-à-dire couvrir - ce Tour d'Italie. Il note avec sobriété : «Pinerolo, le 10 juin, dans la nuit.» Par cette précision, il nous laisse supposer la longueur de l'étape. Il revit sa journée. Il est juste derrière Coppi en train de gravir les dernières rampes de l'Izoard, sous cet immense glacis de cailloux jaunes et gris qu'on nomme la Casse déserte, et ça Buzzati ne le signale pas mais il paraît impossible que la chose lui ait échappé. Alors, écrit-il, «a resurgi en nous, trente ans après, un sentiment que nous n'avons jamais oublié. Il y a trente ans, veux-je dire, nous avons appris qu'Hector avait été tué par Achille. Une telle comparaison est-elle trop solennelle, trop glorieuse ? Non. À quoi servirait ce qu'il est convenu d'appeler les études classiques si...».
L'essentiel est déjà dit.
Il se trouve que j'ai acheté ce livre à sa parution dans l'édition française, en même temps que l'édition critique de La Divine Comédie par Vandelli. Dès que je l'ai ouvert, j'ai vu que le Giro 1949 commençait le jour de ma naissance, et même, d'une certaine façon, la nuit du 18 mai. À bord du Ville de Tunis qui transporte la caravane à Palerme, Buzzati aperçoit sur la côte des lumières plus ou moins confuses. Par intuition, j'y ai saisi une image de naissance, d'arrivée à un point de départ. Je reconnais volontiers que ce regard traduit un certain égoïsme, compris comme une disposition à parler de soi, qui n'est pas forcément le plus mauvais moyen de vivre même pour des natures taciturnes, ou plutôt un certain égotisme, qui convient assez bien à une balade italienne. Car, dans l'histoire, c'est bien moi qui vais pédaler.
Si je pars, c'est aussi à cause de ce double commentaire du dottore Bonaimé sur mon Tour de France 2003. Le premier était agréable à entendre. «Tu es dans un état de grâce.» Le second, immédiat et plus acide, qu'on aimerait contredire. «Tu ne connaîtras plus jamais un tel état de grâce.» Écrire nous oblige. La preuve, je relis les dernières lignes de mon récit ^4 mon tour. J'y évoquais ma tentative de lutter comme je peux contre le sentiment d'urgence lié à d'autres idées incongrues, par exemple refaire le Giro 1949. Nous y sommes.


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