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Jamais le temps

Couverture du livre Jamais le temps

Auteur : Christiane Legris-Desportes

Date de saisie : 10/12/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : les 2 encres, Cholet, France

Prix : 9.50 € / 62.32 F

ISBN : 978-2-35168-046-9

GENCOD : 9782351680469

Sorti le : 06/06/2007

en vente sur logo Alapage.com


  • La présentation de l'éditeur

Virginie en a vraiment assez : ses parents non jamais le temps. Enfin, jamais le temps, c'est une façon de parler. Comme par hasard, c'est toujours quand elle leur demande quelque chose. Elle voudrait tant qu'on s'occupe d'elle, qu'on l'écoute, qu'on l'aime, quoi ! Elle se demande comment faire pour devenir importante. Découvrir un vaccin ? Sauver quelqu'un en train de se noyer ? Aller sur la lune ? Difficile, quand on n'a pas de laboratoire scientifique, que l'on ne sait pas nager et qu'on vomit en avion. Alors elle imagine un stratagème... Un drôle de stratagème. Ou plus exactement, «une bêtise tellement grosse que si c'était un animal, ce serait un mammouth Carnivore, avec des yeux méchants et des défenses pointues».
En plus, Virginie va le découvrir à ses dépens, des parents trop attentionnés, ce n'est pas toujours bien non plus ! Surtout quand on se met à avoir soi-même besoin de beaucoup de temps...

Née en 1961, sémio-linguiste dans une grande entreprise française, Christiane Legris-Desportes enseigne également à l'université.
Après Un terrible secret, l'auteur signe ici un roman très actuel, qui croque avec beaucoup d'humour et de finesse les rapports parents-enfants, le besoin de temps partagé... et de temps pour soi.





  • Les premières lignes

Pauvre de moi !

Je ne sais pas pour toi, mais moi, mes parents, ils n'ont jamais le temps de rien.
Enfin, jamais le temps de rien, c'est une façon de parler. Ça dépend pourquoi. Comme par hasard, c'est toujours quand c'est moi qui leur demande quelque chose. Parce que si c'est pour leur travail, alors là, c'est différent.
Exemple, mon père à sa chef :
- Mais oui, bien sûr, Laurence, pas de problème, je vais y travailler et je te termine ça pour lundi.
Tu vois le genre, juste le jour où on devait aller au parc Astérix.
- Une réunion demain soir ? Mais, Laurence, j'avais pro­mis à Virginie... Euh, oui, tu as raison, je ne peux pas man­quer cette rencontre, je viendrai.
Alors, c'est Virginie qui sera sans papa pour son spectacle de danse.
Et Virginie, bien sûr, c'est moi. Virginie Bissan, bientôt dix ans et pas encore toutes ses dents. Mais je devrais plutôt te présenter d'abord Laurence-les-dents-longues, vu tout le temps que mon père passe avec elle...
Laurence : Madame De-chez-C'est-Toujours-Pressé, de son vrai nom Laurence Dechay. Elle est directrice Marketing De-chez-J'veux-vous-en-vendre-plus-des-shampooings et c'est la MECHE de mon père, sa Maîtresse EN CHEF, quoi !
Enfin, elle n'est pas sa maîtresse au sens qui fait pleurer ma tante Christine : mon père, c'est différent de mon oncle, il n'est pas amoureux, il ne parle pas de nous quitter pour aller vivre avec Laurence (quoique de toute façon, vu le temps qu'ils passent ensemble au bureau, ça ne changerait pas grand-chose !). Je l'ap­pelle comme ça simplement parce qu'elle est toujours en train de lui donner des devoirs, même les jours de vacances, et bien sûr, papa, il obéit. Un petit document à lire par-ci, deux petits bilans par-là, trois petites notes et puis papa s'en va ! Tu pensais peut-être que les notes, c'est juste tant qu'on va à l'école ? Eh bien non ! Quand on est adulte, on n'a plus de notes, mais à la place, on fait des notes : des documents très difficiles à écrire qui te demandent un temps fou. Mon père, c'est sûr qu'il prend ce genre de trucs bien plus au sérieux que moi, les devoirs ! Le pire, c'est qu'en fait, j'ai l'impression qu'il adore travailler à la maison, en tous les cas, nettement plus que de s'occuper de moi.

Calculer les ventes de shampooings de l'entreprise, il ne pense qu'à ça. Alors moi, rien que pour l'embêter, je me lave les cheveux avec du savon, et encore, c'est parce que je déteste être sale, sinon je ferais grève de lavage.
Ma mère, elle, c'est autre chose, mais ce n'est pas mieux. Tu en connais beaucoup, toi, des mères qui sont menuisier-ébéniste ? Il a fallu que ça tombe sur moi ! À l'école, quand on me demande sa profession, je n'ose plus le dire car à chaque fois, ils me font tous remarquer que c'est un métier d'homme. Déjà que je trouve que ma mère est trop souvent en pantalon, pas comme son amie Cécile qui est si belle, si bien habillée, avec du beau rouge à lèvres !
En plus, ma mère travaille à la maison... Je te vois venir avec tes gros sabots de cheval de bois ignorant : génial, alors, elle est souvent là, que tu te dis !
Souvent là, tu parles ! Toujours là, oui.


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