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La forteresse à l'épreuve du temps : destruction, dissolution, dénaturation, XIe-XXe siècle : actes du 129e Congrès des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Couverture du livre La forteresse à l'épreuve du temps : destruction, dissolution, dénaturation, XIe-XXe siècle : actes du 129e Congrès des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004

Auteur : Gilles Blieck | Philippe Contamine | Christian Corvisier | Nicolas Faucherre | Jean Mesqui

Date de saisie : 05/06/2007

Genre : Archéologie, Préhistoire

Editeur : Ed. du CTHS, Paris, France

Collection : Archéologie et histoire de l'art, n° 26

Prix : 45.00 € / 295.18 F

ISBN : 978-2-7355-0633-0

GENCOD : 9782735506330

Sorti le : 27/04/2007


  • La présentation de l'éditeur

LA FORTERESSE
À L'ÉPREUVE DU TEMPS

Bien qu'ils en aient naturellement conscience, les historiens et les archéologues, toutes périodes confondues, n'ont peut-être pas toujours suffisamment insisté sur le caractère vivant des forteresses : une fois édifiées, en une ou plusieurs étapes, il convenait de les entretenir de les adapter de les aménager de les rénover en fonction d'une multitude d'impératifs ou de souhaits. Mais au-delà de l'usure du temps, toujours à l'oeuvre, implacablement, surtout dans les régions humides, l'histoire montre qu'intervinrent de façon récurrente des mesures de destruction, pour des motifs politiques, militaires et, plus tard, urbanistiques, notamment dans le cadre du déclassement et du démantèlement officiels des ouvrages fortifiés. Encore ces démolitions, à portée souvent symbolique, demeuraient-elles parfois incomplètes, faute de moyens financiers : ici, les affirmations péremptoires des chroniqueurs médiévaux ne doivent pas être acceptées sans réserve. Soucieux de proposer un panorama aussi large que possible, le présent volume rassemble un faisceau d'études de cas, allant des mesures prises par les princes Valois de la maison de Bourgogne à rencontre des villes rebelles, jusqu'à l'aménagement «écologique» des remparts et des glacis de Montreuil-sur-Mer en passant par la rageuse destruction de Thérouanne que décida Charles Quint et par l'examen critique du prétendu programme de destructions «anti-féodales» que le cardinal de Richelieu aurait arrêté.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction de Philippe Contamine :

Les temps médiévaux (jusqu'au milieu du XVIe siècle)

Destruction, dissolution, dénaturation des forteresses et des fortifications : d'autres termes auraient pu être utilisés, ainsi démolition, démantèlement, délabrement, abandon mais aussi métamorphose et mutation. Il a semblé aux organisateurs que le problème, qui bien sûr ne concerne pas les seuls châteaux forts et enceintes fortifiées mais tout type de construction, publique et privée, à vocation résidentielle et économique, politique et religieuse, sans être ignoré, avait insuffisamment retenu l'attention des historiens, des historiens de l'architecture, des archéologues. D'où le présent «atelier», qui fait suite à celui de Nice, en 1996, consacré aux enceintes urbaines, et à celui de Lille, en 2000, consacré au couple ville et château.

Portant sur la période médiévale, mon propos introductif entend définir une typologie plutôt qu'une problématique.

C'est une banalité que de le rappeler : toute fortification, qu'elle soit de terre, de pierre, de brique ou de bois, demande un entretien, régulier ou par à-coups. Sinon, on assiste à un phénomène inéluctable d'usure et d'érosion. Comme on dit, la nature reprend vite ses droits. Or, le Moyen Âge occidental hérita d'une quantité non négligeable de fortifications antiques, plus ou moins opérationnelles. Certaines survécurent, ayant conservé longtemps la même utilité défensive (enceintes urbaines remontant au Bas-Empire, comme à Sens, à Reims, à Troyes, à Dijon ou à la cité de Narbonne : on pourrait multiplier les exemples), d'autres furent laissées à l'abandon, ce qui ne veut pas dire que toute trace, tout vestige en aient aussitôt disparu, loin de là. Songeons au mur d'Hadrien, élevé peu après la visite de l'empereur de ce nom (milieu du IIe siècle), pour surveiller les Pietés : cent dix-huit kilomètres de long, de l'embouchure de la Tyne au firth de Solway, ponctué d'une série de fortins, de tours d'observation, et flanqué, en arrière, de camps retranchés.
De la même façon, des fortifications médiévales, notamment urbaines, perdirent leur destination suite à la construction d'une enceinte plus large : l'exemple du mur de Philippe Auguste vient aussitôt à l'esprit, déclassé en quelque sorte par la construction sur la rive droite de la Seine de l'enceinte dite de Charles V.


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